Il y a une photo sur le myspace, où l’on vous voit tous les deux dans une salle qui semble très haute, avec de grands espaces.. Je me suis mis à fantasmer là-dessus en fait, en me demandant quelle ambiances se dégageaient de vos lives…
Etienne : Oui je vois cette photo, c’était à Boulogne. Sur scène on est deux, uniquement deux.
Neman : Ce qui est intéressant lorsqu’on joue à deux c’est l’envie de remplir la salle avec un son, avec une attitude scénique assez violente, c’est un peu un duel également, moi contre Etienne, il y a une énergie qui circule. On est l’un avec l’autre, mais aussi l’un contre l’autre. C’est quelque chose que tu n’entends pas sur le disque. Je préfère les petits clubs, le coté rapproché où l’on peut voir les visages.
Etienne : On a déjà joué dans une boite de nuit et le contact se fait direct, c’est automatique, c’est incroyable.
La seule question que je me pose touche au Krautrock, je sais pas… Tout le monde parle de vous, de Turzi, du retour du Krautrock tout ca, mais j’ai pas vraiment l’impression que vous fassiez plus de kraut qu’autre chose…
Etienne : Mais nous non plus tu vois ! C’est un truc de journalistes, la classification musicale. En même temps, je comprends le besoin d’identifier les genres sinon les repères manquent, surtout sur notre musique.
Neman : S’il y a une chose qui nous a influencé dans le Kraut, c’est le coté rythme Motorik, des morceaux qui durent longtemps avec la même rythmique. Après voila, le kraut a trente ans, on voudrait le refaire qu’on ne pourrait pas.
Etienne : Faudrait peut-être inventer un nouveau terme d’ailleurs.
Tribal, non ?
Etienne : Oui c’est ca, parfaitement.
De la jungle ?
Etienne : Faut quand même pas oublier que la jungle au départ c’est la musique jouée par Duke Ellington, après, les termes musicaux se galvaudent…
Le fait de jouer sur du matos analogique ne vous pose pas trop de problèmes en concerts ?
Neman : Disons qu’il y a des soucis souvent, oui. On fait des séquences en direct. Etienne oublie, mais souvent il est obligé d’ouvrir son synthé en direct ! (Rires) C’est pas comme un ordinateur, tout est possible, même le pire !
Les pistes qui sortent à la rentrée chez Versatile, ca donne quoi ? Vous reprenez des pistes de l’EP ?
Neman : Seulement Psychic Harmonia, piste deux. Tout le reste est de la composition originale. Ce que j’ai remarqué, que je trouve chouette, c’est que plusieurs personnes venant d’horizons différents sont intéressés par le projet, des mecs du rock, de l’électro….
Etienne : Et pas que des mecs venant du Kraut !
Ca vient quand même après 15 ans de règne du rock indé français mené par Noir Désir… Le coté pulsationnel de Zombie est assez libérateur à ce titre…
Neman : Je m’écoute pas comme un groupe français tu sais… Le mec de Noir Désir c’est quand même l’un des plus mauvais batteurs qui existe.. Notre culture n’est clairement pas française, en fait. Ce n’est pas péjoratif. Il y a des choses électroniques en France qui sont cela dit tout à fait honorables !
Etienne : Regarde Ruth, un groupe français qui a été réédité par Born Bad, c’est magnifique ! Polaroid Roman photo c’est une sacrée claque ! C’était sur la compil BIPP je crois, ca se rapproche un peu d’Elli & Jacno. Tu sais on écoute énormément de musiques et cela influe sur notre imaginaire.
Neman : Après effectivement, il y a aussi le coté visuel. Ce sont des choses qui jouent énormément. Les Goblins, Argento, Carpenter….. La BO d’Assault….
Est-ce que vous allez tourner le film ?
Etienne : Quel film ?
Ben le film de la bande-son que vous venez de composer… tourner le film après la BO…
Neman : J’aimerai bien qu’on fasse des courts, pas un film en intégral, mais j’ai plein de petites histoires en tête.
Etienne : Ce que j’aime c’est lorsque la musique crée des images, c’est très stimulant pour moi.
Vous la réécoutez votre musique justement ?
Etienne : Oui énormément. J’aime quand mon esprit s’évade, avec cette sensation quasi-mystique de quasiment sortir de moi, le temps disparaît, je ne pense qu’au son et à ce qu’il m’évoque. Tu vois l’album qui va sortir sera composé de morceaux beaucoup plus longs, parfaits pour partir en voyage. Je ne sais pas ce qui est le plus important, la mélodie ou la structure, et il y a toujours cette rythmique qui me plonge dans un espace-temps différent. Ce sont les événements qui toujours me surprennent. J’aime bien me perdre dans nos morceaux, car je comprends notre composition mais en même temps il y a quelque chose de totalement imprévisible. Je cherche le mystère.
Paris, le 18 mai 2007.
www.myspace.com/therealzombiezombie




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