ZOMBIE ZOMBIE On voudrait construire une introduction qui tienne la route, quelque chose de palpable pour le commun des mortels, qui donne un sens à l’équilibre instable de Zombie Zombie. Au lieu de cela, They ever return tourne encore sur la platine et on entrevoit à travers le grillage des enceintes une “chose” totalement abstraite, diffuse, mystique. Entre la fin du monde et la renaissance, entre la vie et la mort. Des zombies, tout simplement. Etienne Jaumet et Neuman sortent, en septembre, leur premier album chez Versatile. Rencontre de deux zombies bien plus frais que beaucoup de survivants.
ZOMBIE ZOMBIE La première question concerne le lieu de notre rencontre, je veux dire, nous sommes dans un bar du 11ième, pas très loin du Nouveau Casino, Cluster y joue ce soir.. Alors, coïncidence ?
Etienne : J’avoue, j’ai pris ma place depuis bien longtemps.. J’ai découvert voila 5 ans. Mais Neman et moi nous nous connaissions depuis bien avant si tu vois ce que je veux dire ! On a commencé à jouer ensemble quelques années avant de découvrir ce groupe, tu sais avec Neman ca fait dix ans qu’on se connaît.
ZOMBIE ZOMBIE Neman : Maintenant c’est une pierre angulaire pour nous, ca nous parle musicalement, le coté super dark, très violent, les émotions qui s’en dégagent…
Pour toi l’EP de Zombie Zombie, cet EP six titres, c’est quoi exactement, une musique dark ?
Neman : Non, pas forcément sur le disque. Mais sur scène, on est vraiment possédé par notre musique, il y a une violence qui nous dépasserait presque.
Etienne : Le coté dark nous porte, même si on ne réfléchit pas à cela. Tu vois, sur le prochain album, on trouve même un slow, enfin un titre lent quoi. (Rires)
Neman : On espère que ce titre sera sur la BO de la Boum 4 ! (Rires)
Comment vous êtes vous rencontrés, très précisément ?
Neman : La rencontre avec Etienne remonte aux Mains d’œuvres, dans les studios. On y partageait des locaux au départ, puis Etienne a sorti ses machines et ses instruments. Du jam est venu l’idée de faire un premier concert. Au départ c’était encore plus free que maintenant, tu sais. Et puis après seulement des gens sont venus vers nous pour nous proposer de sortir ces compositions.
Etienne : Ca nous a suffisamment plus, avec des échos encourageants de la part du public, pour qu’on décide de continuer sur cette voie.
Si on prend ce titre, Smash your head, on a l’impression que c’est une recover des Mystérieuses cités d’or, avec ces synthés d’époque… Ou Jacno pour parler plus sérieusement.
Etienne : Tu peux également citer Ulysse 31. Les génériques des émissions TV aussi, comme les Dossiers de l’écran. Les informations de l’A2 aussi. Aujourd’hui c’est super conventionnel à coté des génériques d’époque, c’était un peu plus aventureux avant..
Neman : Surtout Chapi Chapo peut-être ! Tous les vieux trucs en fait, des mecs comme Raymond Scott dans les 60’s…
On sait que vous êtes assez proches de Turzi, c’est une évidence. Mais la différence avec le groupe de Romain Turzi, c’est que Zombie Zombie explore uniquement l’univers instrumental, non ? Il n’y a aucune partie vocale de votre coté…
Neman : Le format pop de la chanson, chorus refrain, n’est pas quelque chose qui nous intéresse forcément, il y a d’autres groupes pour cela..
Comme Herman Dune…
Neman : Oui voila exactement. Mais sur le prochain disque qui sort chez Versatile à la rentrée, il commence à y avoir des bribes de texte, même si nous essayons de sortir des règles et des cadres. En général Etienne arrive avec un thème au clavier, et puis on travaille assez rapidement. On n’est trop fainéant pour répéter un morceau 36 fois ! (Rires). Sérieusement, c’est l’instantané qui marche le mieux. En tout cas pour nous. Après la filiation avec Turzi, c’est un parallèle normal, on a des gouts en commun, on s’apprécie énormément, mais musicalement il y a des différences quand même.
L’album sort chez Versatile à la rentrée, okay on se tape le retour du Kraut en ce moment, mais au fond vous vous imaginiez le sortir ailleurs cet album ?
Neman : On a pris ce qu’on nous a proposé, et Versatile est vraiment le label idéal. C’est une rencontre assez intéressante, surtout qu’avec l’album de Joakim ca prend une certaine cohérence. Il devrait d’ailleurs remixer un titre ou deux. On avait même pensé à DFA, car le mec de LCD passait des titres sur sa radio à NY.
Etienne (il s’énerve) : Mais c’est surtout qu’on a pas eu à chercher ! Donc on s’est même pas posé la question.
Partons du concept utopiste où Zombie Zombie atteint le haut des charts, le public acquiert en l’espace de quelques mois une culture de folie, se met à mater tous les films de Carpenter, bref vous devenez des stars.. Vous faites quoi ? Neman, tu lâches Herman Dune ?
Neman : Pour l’instant ca va, Zombie c’est encore un début, j’espère que j’aurai pas à choisir ! Ca me parait difficile d’arrêter ce groupe. Ce qui est marrant c’est qu’on commence les festivals cet été, et j’ai réussi à placer les deux groupes sur les mêmes affiches. C’est assez pratique. On fait Dour notamment cet été.
Suite de l’interview de Zombie Zombie (Part 2)




ETRE DIEU