Mon premier est batteur d’un groupe anti-folk qu’on déteste (Herman Dune), le second plus geek à dormir avec ses synthés, l’addition des deux donne l’un des groupes les plus excitants du moment. Zombie Zombie. En concert à la Flèche d’or le 2 décembre.
On voudrait construire une introduction qui tienne la route, quelque chose de palpable pour le commun des mortels, de quoi faire tenir l’équilibre instable de Zombie Zombie sur une ligne tangible et durable.
Au lieu de cela, They ever return tourne encore sur la platine et on entrevoit à travers le grillage des enceintes quelque chose de totalement abstrait, diffus, mystique. Quelque chose entre la fin du monde et la renaissance. Zombie tout simplement. Etienne Jaumet et Neuman sortiront début 2007 leur premier album chez Versatile. Rencontre des deux zombies en plein jour.
A ECOUTER: Driving this road until… 01 Driving This Road Until Death Sets You Free.mp3
Pour toi l’EP de Zombie Zombie, ce six titres sortis voila quelques mois, c’est quoi exactement, une musique dark qui plonge l’auditeur dans un délire interne ?
Neman (Batteries, sueur, cris) : Non pas forcément sur le disque. Mais sur scène, on est vraiment possédé par notre musique, il y a une violence qui limite presque nous dépasserait.
Etienne : Tu peux également citer Ulysse 31. Les génériques des émissions TV aussi, comme Les Dossiers de l’écran, je sais pas.. Les informations de l’A2 aussi. Aujourd’hui c’est super conventionnel à coté des génériques d’époque, c’était un peu plus l’aventureux avant..
Neman : Surtout Chapi Chapo peut-être ! Tous les vieux trucs en fait, des mecs comme Ron Scott dans les 60’ avec des publicités…
On sait que vous êtes assez proches de Turzi, de qui on vous rapproche souvent, c’est une évidence. Mais la différence avec le groupe de Romain Turzi, c’est que Zombie Zombie explore uniquement l’univers expérimental non ? Il n’y a aucune partie vocale de votre coté…
Comme Herman Dune…
Neman : Oui voila exactement. Mais sur le prochain disque qui sort chez Versatile à la rentrée, il commence à y avoir des bribes de texte, même si nous essayons de sortir des règles et des cadres. En général Etienne arrive avec un thème au clavier, et puis on travaille assez rapidement. On n’est trop fainéant pour répéter un morceau 36 fois ! (Rires). Sérieusement, c’est l’instantané qui marche le mieux. En tout cas pour nous. Après la filiation avec Turzi, c’est un parallèle normal, on a des gouts en commun, on s’apprécie énormément, mais musicalement il y a des différences quand même.
L’album sort chez Versatile début 2007, okay on se tape le retour du Kraut en ce moment, mais au fond vous vous imaginiez le sortir ailleurs cet album ?
Neman : On a pris ce qu’on nous a proposé, et Versatile est vraiment le label idéal. C’est une rencontre assez intéressante, surtout qu’avec l’album de Joakim ca prend une certaine cohérence, surtout qu’il devrait remixer un titre ou deux. On avait même pensé à DFA, car le mec de LCD passait des titres sur sa radio à NY.
Etienne (il s’énerve) : Mais c’est surtout qu’on a pas eu à chercher ! Donc on s’est même pas posé la question.
Bon mais partons du concept utopiste où Zombie Zombie atteint le haut des charts, le public acquiert en l’espace de quelques mois une culture de folie, se met à mater tous les films de Carpenter, bref vous devenez des stars.. Vous faites quoi ? Neman, tu lâches Herman Dune ?
Neman : Pour l’instant ca va, Zombie c’est encore un début, j’espère que j’aurai pas à choisir ! Ca me parait difficile d’arrêter ce groupe. Ce qui est marrant c’est qu’on commence les festivals cet été, et j’ai réussi à placer les deux groupes sur les mêmes festivals. C’est assez pratique. On fait Dour notamment cet été.
Il y a une photo sur le myspace, où l’on vous voit tous les deux dans une salle qui semble très haute, avec de grands espaces.. Je me suis mis à fantasmer là-dessus en fait, en me demandant quelle ambiances se dégageaient de vos lives…
Etienne : Oui je vois cette photo, c’était à Boulogne. Sur scène on est deux, uniquement deux.
Neman : Ce qui est intéressant lorsqu’on joue à deux c’est l’envie de remplir la salle avec un son, avec une attitude scénique assez violente, c’est un peu un duel également, moi contre Etienne, il y a une énergie qui circule. On est un avec l’autre, mais aussi l’un contre l’autre. Ca c’est quelque chose que tu n’entends pas sur le disque. Moi je préfère les petits clubs, le coté rapproché où l’on peut voir les visages.
Etienne : On a déjà joué dans une boite de nuit et le contact se fait direct, c’est automatique, c’est incroyable.
Moi la seule question que je me pose touche au Krautrock… Tout le monde parle de vous, de Turzi, du retour du Krautrock tout ca, mais j’ai pas vraiment l’impression que vous fassiez plus de kraut qu’autre chose…
Etienne : Mais nous non plus tu vois ! C’est un truc de journalistes la classification musicale, en même temps je comprend le besoin d’identifier les musiques sinon les repères manquent, surtout sur notre musique.
Neman : S’il y a une chose qui nous a influencé dans le Kraut, c’est le coté rythme motoring, des morceaux qui durent longtemps avec la même rythmique. Après voila, le kraut a trente ans, on voudrait le refaire qu’on ne pourrait pas.
Etienne : Faudrait peut-être inventer un nouveau terme d’ailleurs.
Tribal non…
Etienne : Oui c’est ca, parfaitement.
De la jungle ?
Etienne : Faut quand même pas oublier que la jungle au départ c’est la musique jouée par Duke Ellington, après tu vois les termes musicaux ca se galvaude…
Le fait de jouer sur du matos analogique, ca vous pose pas trop de problèmes en concerts ?
Neman : Disons qu’il y a des soucis souvent oui. On fait des séquences en direct, Etienne il oublie, mais souvent il est obligé d’ouvrir son synthé en direct ! (Rires) C’est pas comme un ordinateur, tout est possible, même le pire !
Les pistes qui sortent à la rentrée chez Versatile, ca donne quoi ? Vous reprenez des pistes de l’EP ?
Neman : Seulement Psychic Harmonia, piste deux. Tout le reste c’est de la composition originale. Ce que j’ai remarqué, que je trouve chouette, c’est que plusieurs personnes venant d’horizons différents sont intéressés par le projet, des mecs du rock, de l’électro….
Etienne : Et pas que des mecs venant du Kraut !
Ca vient quand même après 15 ans de règne du rock indé français mené par Noir Désir… Le coté pulsationnel de Zombie est assez libérateur…
Neman : Je m’écoute pas comme un groupe français tu sais… Le mec de Noir Désir c’est quand même l’un des plus mauvais batteurs qui existe.. Notre culture n’est clairement pas française en fait, ce n’est pas péjoratif. Il y a des choses électroniques en France qui sont cela dit tout à fait honorables !
Etienne : Regarde Ruth, un groupe français qui a été réédité voila an par Born Bad, c’est magnifique ! Polaroid Roman photo c’est une sacrée claque ! C’était sur la compil BIPP je crois, ca se rapproche un peu d’Elli & Jacno. Tu sais on écoute énormément de musiques et cela influe sur notre imaginaire.
Neman : Après effectivement, il y a aussi le coté visuel. Ce sont des choses qui jouent énormément. Les Goblins, Argento, Carpenter….. La BO d’Assault….
Est-ce que vous allez tourner le film ?
Etienne : Quel film ?
Ben le film de la bande-son que vous venez de composer… Ca peut être marrant de tourner le film après la BO..
Neman : J’aimerai bien qu’on fasse des courts, pas un film en intégral, mais j’ai plein de petites histoires en tête.
Etienne : Ce que j’aime c’est lorsque la musique crée des images, que cela me crée des choses à l’intérieur, ca c’est très stimulant pour moi.
Etienne : Oui énormément. J’aime quand mon esprit s’évade, avec cette sensation quasi-mystique de quasiment sortir de moi, le temps disparaît, je ne pense qu’au son et à ce que cela m’évoque. Tu vois l’album qui va sortir sera composé de morceaux beaucoup plus longs, parfaits pour partir en voyage. Je ne sais pas ce qui est le plus important, la mélodie ou la structure, et il y a toujours cette rythmique qui me plonge dans un espace-temps différent, et ce sont les événements qui toujours me surprennent. J’aime bien me perdre dans nos morceaux, car je comprends notre composition mais en même temps il y a quelque chose de totalement imprévisible. Je cherche le mystère.
http://www.myspace.com/therealzombiezombie
3 commentaires
Ron Scott ? Ce serait pas plutôt RAY(mond) SCOTT ?
Je dis ça, je dis rien, je ne suis pas sûr.
mais non il voulait dire ANGUS HAACK … moarff




ETRE DIEU
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