Comme tous les vieux cons des 90’ restés bloqués sur Yo la Tengo, Dinosaur Jr, Pixies et consort, on aurait pu se contenter de passer TNT de Tortoise en boucle sur la platine, et attendre la fin du monde ou de la platine. On aurait put. Mais on aurait malgré tout dû attendre 2007 et la sortie de Plain songs de WW Lowman. Car après tout, la fin du monde pouvait bien attendre un peu. Car les années 00 réservaient encore quelques bonnes surprises.
WW Lowman justement. Sorte de musicien baroudeur ayant déjà promené sa guitare sur moult collaborations (Smog, L’altra, Will Oldham), trempé sa plume dans différents encriers avant de ressortir ce premier jet d’expériences indie minimalistes. A classer entre… A ne pas classer en fait, car le musicien de Chicago ne produit pas une musique conventionnelle. Peu de paroles, à la limite de l’instrumental, mais surtout un sens de la mélodie innée, maquillée par les nappes atmosphériques dissimulant à peine le génie du personnage. Forcément, à l’écoute de ces guitares languissantes, de ces voix éthérées, de ce trombone hurlant silencieusement dans le lointain, l’ombre de Tortoise refait surface dans le marécage ( Please don’t think it’s funny).
Mais Lowman a plus d’un tour dans son blues et propose un sac rempli de nuances, de couleurs et d’envies. Plain songs, en un sens, c’est un peu l’apologie de la farniente sur la route 66, ou n’importe quelle station essence des autoroutes américaines. L’envie de respirer et d’attendre que le soleil se couche pour reprendre la route. On retouve, à l’écoute de Batie, cette curieuse envie d’attendre la fin d’un morceau, le début d’une mélodie. Batie qui, étonnamment, ferait presque penser au Caravanserai de Santana. Ambiance jazz rock. Avant que Santana, ce mystique voleur de caravanes sur terrains vagues, ne comprenne qu’il avait du talent. Et donc le perde.
Plain songs. Sorte d’album post-rock en semi-acoustique. Espérance d’un monde sans électricité. Ou si peu. Juste de quoi entendre Rasperate et ses cassures nerveuses sur la platine, création d’un seul homme avec au bout du manche suffisamment d’énergie pour donner envie à l’auditeur de s’asseoir, enfiler le repos en chemise de nuit et écouter ce premier album dont on pourra dire qu’il est une version mid-tempo d’Apse. Un autre combo américain ayant également sorti la musique de la pénombre. Pour l’heure, WW Lowman joue la mariachi folk sans forcer l’inspiration, tout en proposant avec Lee and me, une suite inconsciente au travail de Shearwater. Cela donnerait presque envie de pleurer si l’on n’était pas déjà en train de chialer.
http://www.myspace.com/wwlowman




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