Le Pouic Pouic et l’Orphelin.
L’Espagne n’a jamais vraiment été un endroit prolifique pour l’électro mondiale: la tauromachie et les machines numériques ont donné naissance à la pire musique pour tester le caisson basse de sa Seat Ibiza tuning. Et quand ces sonorités rencontrent un bluesman suisse, on vire à la gueule de bois européenne.
Oui, que c’est dur tout ce bazard électro-beauf. Ca fout 50% de l’album en l’air. Juste parce qu’il utilise des machines cheaps, sans vraiment de classe ou d’influence. Pas de la musique de machine, juste le jus pisseux de la machina-danse. Ce sont des organes difformes qui viennent se greffer au corps d’un homme élancé : ça se voit comme un nez à trois narines au milieu de la figure. C’est juste pas son truc. Peut-être allait-il en free partie pour la drogue, ou était-il bluffé par les cravates de Martin Lawrence dans Matrix. Une génération qui n’a pas été aidée après tout. Surtout en Suisse-allemande. On peut imaginer que ce n’est pas vraiment la french touch qui arrivait dans les oreilles des Kids, mais des choses indus’ et le Métal à Baggy.
Et pourtant, l’homme à la casquette joue du blues comme cela paraîtrait impensable dans les montagnes teutonnes. Et là, il n’y a rien à voir avec de la musique pour cure thermale. Alors entre deux Bip Bip, c’est une guitare croustillante qui est jouée, batterie martelée, et le bottleneck qui va décrasser les cordes rouillées. Good night/ we see in hell; I Just need a day off; Rolling that tchou-tchou Train, tout le putain de Saint Glinglin. Les trois accords, les pré-chorus en gimmick, les 16 mesures. Le blues et ses règles strictes, la prison dans laquelle on s’enferme pour crier à la mort. Non, une attente désespérée, une jouissance que l’on aimerait atteindre sans les machines.
Et Bester qui me parle de blues éléctro depuis des mois, m’assurant que cela pourrait être sa seule façon de donner un sens à la musique aujourd’hui. Et moi, tenant mes positions de guitare sans sustain et d’ampli 15 Watt. Aujourd’hui qui a raison devant cet album mitigé… 50/50. Le débat est ouvert…
Urban Junior // E-B.O.M.B // Fist Fucker Records
http://www.myspace.com/urbanjunior




ETRE DIEU