Mélodies en sous-sol avec DJ Kärv
Je vous jure qu’il a neigé vendredi matin, vers 9h30. J’étais avec Caro, on buvait un coca. Il était tôt, on était bourré au champagne, la faute à Yves qui, à 67 ans, ne se remettait toujours pas de l’invention du fax, ni des cravates unies, il les préférait rayées, celle-ci était orange. Mais certains disent que ce n’était qu’une blague, que ce n’était que du crépi décrépi. Ou peut-être même de la farine. Mais le gars de la Croix Rouge, il a dit que c’était de la neige. Et qu’il n’y avait pas d’œufs. Il a aussi dit qu’il produisait des documentaires et qu’il avait des liens avec Picasso.
Et bien tout cela fut comme l’autre groupe qui accompagnait DJ Kärv. Y’en a qui disent que c’était le DJ qui accompagnait le groupe mais faut bien le dire, il était meilleur et souvent tout seul. C’est sûr que c’est pas un rigolo. Il s’est quand même tapé un drôle de magasin tendance où le seul truc design c’était la chape de béton qui faisait office de ragréage, genre épuré quoi. Ami maçon si tu m’entends. Bref, y’en a qui disent que c’était de la merde. Pour les débardeurs je suis bien d’accord mais pour la musique, autant c’était peut-être un peu poussif , autant j’ai pas osé aller pisser tout de suite, j’avais peur de rater quelque chose.
Finalement, le seul truc que j’ai raté, c’est le moment où il s’est barré et où j’aurais pu prendre son myspace mais… Manqué, il était devenu introuvable. Peut-être est-ce la raison pour laquelle Gonzaï s’intéresse à lui ? Car Gonzaï aime s’intéresser aux artistes discrets. Pour sûr, il l’est. Je ne me souviens que de son blaze et plus encore du Mexicain en marcel, sosie de José Garcia, sorti d’un vestiaire aussi improbable qu’Edouard Baer braquant une cafét’ avec ses doigts. Celui-ci nous a surpris, un peu fâché, en train de chercher un coin pour pisser tranquille au 4ème sous-sol de la galerie marchande du 66 des Champs-Elysées. La rencontre fut impromptue mais pas plus que les flics qui étaient tout étonnés de nous voir tenter d’enclencher les détecteurs de fumée de la même galerie avec nos cigarettes pas drôles du tout pour le coup.
Ce qui est certain néanmoins, c’est qu’ils étaient tous bien cons de passer à côté du vin qui coulait à flot et celui de DJ Kärv. Paraît-il qu’ils préfèrent le mousseux et celle de canard. Moi je préfère l’electro quand elle est capable de me faire oublier toute la famille Kuti que j’avais dans la tête. Du moins, me faire oublier ces lignes de sax’ africaines, ces lignes, courbes et africaines aussi. Les Colombiennes pourquoi pas ? L’un dans l’autre, ce sont les Thaïlandaises qui ne me plaisent plus depuis que je me suis rendu compte qu’elles se parfumaient avec du Pliz.




ETRE DIEU