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TRONCHE DE VIE Le meilleur endroit pour être déflooré à dublin

Hier soir j'ai trahi mes amis d'Antics. J'ai dansé chez l'ennemi : la soirée Chemistry au club Spy. Le mercredi en Irlande n'a pas comme en France l'aura (...) suite

TRONCHE DE VIE Hier soir j’ai trahi mes amis d’Antics. J’ai dansé chez l’ennemi : la soirée Chemistry au club Spy.

Le mercredi en Irlande n’a pas comme en France l’aura d’un jour des enfants. C’est plutôt un jour épuisant, puisqu’il y a classe jusqu’à 3pm, comme le reste de la semaine. Mais les promoteurs en ont fait la nuit phare des indie-kids.

Dublin est une bonne ville pour le clubbing, même si l’Irlande n’a pas de Djs stars intergalactiques ou bien n’en a tout simplement pas conscience. Ses compatriotes le découvrent sur le tard cette année, mais Shit Robot (DFA) est originaire de Bhaile Atha Cliath (aka Dublin en Gaélique, langue officielle mais que je n’entends que lorsque je regarde Sponge Bob sur TG4, l’une des seules chaînes irlandaises, la plupart des médias étant directement importés des Britanniques).

TRONCHE DE VIE Le meilleur club de Dublin se dit être le Tivoli. C’est avant tout un théâtre. Avoir une licence de théâtre est un grand atout. Contrairement aux clubs, ils n’ont pas que la permission de 2.30am. Oui, les nuits des fêtards sont courtes. L’heure où vous commencez à effleurer la piste de danse en France est celle où les Irlandais s’en font éjecter. Mais l’entrée au Tivoli est de 22€. Pour tout avouer, comme la plupart des gens de mon âge, je n’y vais jamais.

En revanche je ne rate jamais mon indie-night du mercredi à Crawdaddy. Elle s’appelle Antics et existe depuis 2005. Les Djs ont tous moins de 24 ans et jouent aussi bien les Libertines, Super Furry Animals, Black Kids ou le remix de Sébastien Tellier par Joakim que je leur ai fait écouter (soit-dit en passant, je ne suis pas totalement subjective à propos de cette nuit car j’en connais les acteurs mais Gonzai n’a jamais réclamé ce genre d’hypocrisie). Il y a souvent des invités, en live ou dj set à Antics, de James Murhpy à El Guincho, le Panda Bear de Barcelone. Aller à Antics, pour les habitués c’est comme aller à l’opéra. On sort sa plus belle robe et on se colore les bras pour certaines (cette pratique me laisse un peu baba, mais pourquoi pas).

En Irlande, on ne va pas aux “gigs” et encore moins aux clubs sans sa carte d’identité. En dessous de dix-huit ans tu ne rentres pas. C’est un problème notable car à seize ans les fans des groupes en couverture du NME savent qu’ils ne pourront pas voir leurs idoles sur scène et faire des vidéos avec leur téléphone portable avant deux ans. Comme la plupart desdits groupes ne durent que deux mois, j’imagine leur frustration.

Quand arrive la majorité, les kids se déchaînent et ne savent pas se tenir quand ils se font “défloorer”. C’est aussi la découverte de la sexualité, car pour beaucoup, l’arrivée en études supérieures ne signifie pas seulement l’arrêt du port de l’uniforme. Je vous vois déjà fantasmer sur les jupes courtes ou les petites cravates mais c’est plutôt le style mère Thérésa et Mr Bean en Eire. Pire que ça : les filles et les garçons sont séparés jusqu’au lycée dans encore une majorité d’établissements.

Mes amis irlandais ont pratiquement tous vécu leur scolarité en école non mixte. Ils ne s’en plaignent pas. Ils disent qu’il y ont beaucoup appris et seraient bien différents autrement. Mais ils ne m’expliquent pas pourquoi précisément .

J’aime alors imaginer les choses les plus douteuses, je pense même avoir matière à proposer une saga de l’été à TF1.

Les indie-kids irlandais ne boivent pas de la Smirnoff Ice; au pire ils l’usent comme mixeur avec leur Jaggermeister. Sinon, les pintes sont à trois euros à Antics, mais il en faut tellement pour atteindre l’euphorie qu’on y préfère parfois les”pills” légales qu’on achète dans les head shops pour 20€ les six. Je n’ai jamais vu personne prendre de coke à Dublin, “pas vraiment la meilleure du monde” selon le professeur de … culture.

De toute façon la coke a quelque chose d’un peu bourge qui ne convient pas aux Irlandais. Les pills sont presque moins chères que des Haribos et font de l’effet plus rapidement que l’alcool. Et puis ça évite de pisser tout le temps.

Un club du mercredi est entré en concurrence cette année: Chemistry, comprenez Pharmacie. Contrairement à Antics qui se veut indie-electro, Chemistry se veut electro-indie. Cette nouvelle soirée vide la file d’attente à l’entrée d’Antics. Après avoir longtemps résisté, j’ai enfin porté le tampon de Chemistry sur ma main hier soir. Indie-kids dansant ivres sur des sets sans prétention mais fédérateurs, pas un vautour assis sur les banquettes pour rire du type qui fait la danse du robot : j’ai retrouvé ce que j’aimais à Antics. Désormais, Dublin a deux cours de récréations nocturnes qui se valent.

Antics, Chemistry… Je n’ai pas de raisons plus convaincantes que le nombre moindre d’escaliers dangereux, de miroirs dans les toilettes, d’amis qui préfèrent ce club, la gratuité du verre d’eau, mais mercredi… C’est à Antics que j’irai danser.

www.myspace.com/anticscrawdaddy
www.myspace.com/chemistrydublin

2 commentaires

Bien vu. dixit l’irlandais.

Commentaire par O'M., le Lundi 12 mai 2008 à 15:38

Un poil longuet si je peux me permettre mais très frais dans le propos. J’en regretterais presque mes descentes (de pintes, pas d’organes) au Temple’s Bar, et mes nuits à Howth…
Bravo donc.

Commentaire par Hilaire Picault, le Lundi 12 mai 2008 à 0:21

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