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TRONCHE DE VIE Illicite vaudou

Il pleut sans discontinuer, ce ne serait pas grave si à chaque fois qu'tu veux un truc il manquait pas dix centimes. Café, pains choc’, entrée, chaussettes, les (...) suite

Il pleut sans discontinuer, ce ne serait pas grave si à chaque fois qu’tu veux un truc il manquait pas dix centimes. Café, pains choc’, entrée, chaussettes, les exemples ne manquent pas. La main farfouille dans la poche et sort, avec un pléonasme, la somme moins dix centimes. A un moment tu dors alors un lendemain arrive, il doit pas faire meilleur mais cette fois pour l’Orangina, la bière … ta main attrape le compte juste et à chaque fois s’il vous plaît.

Arrive un monsieur de 71 ans que tu peux appeler comme tu veux, du moment que le prénom se termine par « o ». Angelo c’est celui qu’il a choisi pour répondre à un journaliste qui l’interviewait en 87. Angelo a été champion de cyclisme avant de partir en Algérie 21 mois. Quand il est revenu, il ne savait plus quoi faire. Pas trop fort en langue, il est devenu danseur et depuis il continue. Mais attention pas n’importe quelle danse, uniquement les danses à deux : salsa, fox-trot, tango.

Grâce à elles, il n’a jamais eu besoin de parler étranger. Direct, il savait tout de ses partenaires et plus particulièrement ce qu’elle portait en dessous et ce qu’elle aimait après. Aujourd’hui, il va au Champs Elysées et connaît tout le monde. Angelo a toujours l’article de 1987 sur lui, il est soigneusement plié dans sa poche droite de pantalon. Il affirme que ce qui a tout foutu en l’air c’est le disco. Il est du quartier, celui où déjà son grand père vivait et travaillait, il transportait des pieds de cochons à cheval.

Une fois dehors, Angelo continue de pester contre le disco tout en s’éloignant avec la démarche chaloupée et le cheveu teinté. Angelo ne se retourne pas alors que C., qui vient de terminer une conversation avec deux inconnus, n’arrête pas de s’arrêter. Les deux sont restés sur le banc, il a commencé par leur taxer une clope et ils ont choisi de discuter mais en anglais. Il n’est pas loin de 5 am, C. a plein de moitié et une balafre qui par du cou et remonte près de la commissure des lèvres. Il a l’accent de « Kensington », ca balafre laisse penser que c’est un guerrier. C. a le regard perçant, il refuse de répondre à la question du “come from”.

L’air paraît doux de temps en temps et la conversation se poursuit sans s’attacher à rien. C. s’assoit un peu et leur passe le reste de sa bière. Au cas où ils en aient marre de tchatcher, un des deux refuse de croiser les jambes. C. se lève pour taxer du tabac à un badaud qui passe et ne se rassoit plus. Il roule, parle et regarde le troisième qui sourit et répond « no ». Aucun des trois ne sait à quoi il répond et pourquoi « no ». C. fatigue et leur dit bye-bye en français. Un peu lassé, un peu triste, son énergie a encore du se perdre entre toutes ses moitiés, sans doute pour ca qu’il se retourne tout les huit mètres et que les deux ont du mal a s’en remettre.

Habitués, un jour peut-être, ils seront entiers.
« Life is one big cliché. »

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