Jusqu’au bout ressemble à nul part. Une femme chante de l’opéra, cela résonne dans la cour, une autre, à casquette, regarde en l’air. Un train passe, un nouveau arrive. Il devient difficile de dormir et ce depuis que je suis rentré de Dakar. T’es sur que ce n’est pas depuis toujours?
La gare n’a plus de fenêtre, j’ai perdu trois centimètres. On est fier de soi et les voitures attendront aux passages à niveaux. Une bourgeoise balnéaire lit Paris M, la dernière Une a porté plainte mais tout le monde s’en fiche. Pourquoi tu dis pas fou? Ah j’le dis plus, comme putain ou chier, par contre l’espoir va monter en route. La femme à casquette marche dans le couloir et dessine sur un papier, la bourgeoise tourne les pages, le jeune homme a ces cotés n’a pas trouvé de prise. On s’arrête.
Un joli regard se pose sur les feuilles mouvantes d’un conifère. Pourquoi t’as toujours besoin de changer de place? Une mamie sort ses œufs durs, ca embaume les environs au point que la bourgeoise se pince le nez. Son magazine terminé, elle sort son appareil foto, l’allume et fait défilés les tofs plus ou moins vite, elle en supprime certaines. La mamie continue de s’empiffrer un peu de coté et bien courbé sur un sac en plastique dont le bruit se mêle à celui de sa bouche. Avec le tic tac et les ricanements lointains de deux adolescents, on croirait entendre un morceau des D. Punk à poil.
La mamie termine de bouffer et sort La vie humaine de chès pas qui, mais un Jeune cadre dynamique se plante devant elle et la vire. Elle s’en va un peu comme elle a mangé, courbé. Le J.c.d. sort portable, ipod, câble, pendant qu’un jeune homme hurle sur le quai. Ils refusent de le laisser monter, ’cause qu’ils n’prennent pas les vélos, m’ouais, y a aussi qu’il porte un maillot du psg. La bourgeoise a repris Paris M. pour faire les mots croisés. Elle pose les Ray Ban sur la tablette et se débarrasse d’une crotte de nez. J.c.d. range son portable mais garde l’ipod.
Il parlera de réussite avec un pote au téléphone et comme maintenant, il se grattera les couilles en ondulant du bassin. En face, le jeune homme a des hiéroglyphes japonais tatoués sous l’avant bras et un bracelet rose à l’autre poignet. Un rayon de soleil illumine les sublimes chevilles de la bourgeoise qui se l’est joué discrète mais efficace: 501, chemisier noir, escarpin noir. J.c.d. était en formation et c’était super intéressant. En même temps qu’il parle au téléphone, il colle des étiquettes sur des cartes de visites. Apparemment, sa boite n’a pas de service imprimerie, il en a plus de cent à coller et quand même elles sont belles.
Son père lui passe sa mère, la communication se coupe. Heureusement, elle rappelle. Miss bourgeoise torche les mots croisées en cinq cinq et après avoir parlé avec son petit garçon qu’était pas loin de commencer la tarte, elle conversera avec son voisin jusqu’à la fin.
La femme a casquette répète 3 fois le mot « incommensurable ». On appelle ca de l’égocentrisme alors que c’est juste que moi j’veux ca.
On respire.
Chacun essaye le sublime.




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