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TRONCHE DE VIE A notre insu

« A notre insu, un fil mystérieux tisse notre toile secrète. » Ils débarquent d'une camionnette blanche, traversent au milieu de la rue pour rejoindre l'arrêt de bus. Ils (...) suite

« A notre insu, un fil mystérieux tisse notre toile secrète. »

Ils débarquent d’une camionnette blanche, traversent au milieu de la rue pour rejoindre l’arrêt de bus. Ils sont au moins dix et même les femmes ressemblent à des rugbymen. Leurs uniformes sont kakis sauf quatre qui préfèrent le bleu nuit. Ils rigolent par groupes de trois ou restent seuls, bras croisés. Il est minuit passé, ils ne sont pas loin de contrôler des tickets et offrir des amendes.

De retour d’Inde, elle trouve que les rues manquent de monde et d’animaux. Elle raconte qu’elle est sous la douche dans une guest-house avec du savon partout, elle veut se rincer mais il n’y a plus d’eau. Elle hurle pour que quelqu’un l’aide, sa copine arrive et file à la réception pour prier qu’il fasse un truc. La copine revient désolée « y a rien à faire ». Outrée, elle lui dit d’aller chercher les bouteilles d’eau et fini par se rincer avec. Par contre, elle s’habille en répétant les dix commandements revus par G. de la Tourette.

Elle descend plus déterminée que jamais, arrive devant le réceptionniste furieuse et déballe d’un coup tout c’qu’elle a préparé. Cependant, elle s’aperçoit vite de l’impossible, jamais le réceptionniste ne se départira de son sourire enjôleur. Alors, et malgré l’énormité de l’outrage, sa colère disparaît. Mieux, elle se métamorphose en éclat de rire comme lorsqu’elle raconte l’histoire sur un trottoir devant une pizzeria ou finalement elle ne dînera pas. L’effet est aussi surprenant que de revoir cette femme.

La première rencontre se déroule à un arrêt de bus avec une poussette et le petit garçon qui va avec. Elle arrive de nul part, explique qu’elle n’a jamais autant marché de sa vie. Elle est autrichienne et on lui a volé sa carte de crédit. Elle demande si on n’a pas quelques euros à dépanner ou si on peut l’héberger « juste pour la nuit dès demain elle doit s’en retourner ». Pas le temps de répondre, le bus arrive, le môme monte et court direct au fond. Son plaisir amuse un couple assis dans la rotonde, le bus démarre.

A la deuxième rencontre, elle porte une jupe noire, des socquettes bleues, des chaussures en toile rouge, un haut blanc et plein de sacs. Son visage est carré, elle a l’air en forme et préfère ne pas se souvenir de la première. Arrive un luxembourgeois. Elle parle d’acheter trois améthystes, elle se voit bien les peindre, elle a appris à l’école. Le luxembourgeois trouve une jambe et ajoute « qu’il en à trois ». Elle répond qu’elle en a beaucoup plus et la voilà qui cite celles de ses parents, grands-parents etc. Le luxembourgeois ne comprend pas. Elle s’en va brusquement et dit qu’elle reviendra demain « pour les trois améthystes ». Le luxembourgeois trouve la deuxième jambe et glisse que « M. c’est très surfait »; il y a des HLM et S. de monaco se rend chaque jeudi aux rayons enfants de la Fnac. M’ouais !

C’qu’est sûr c’est «qu’après un mois en Ambassade, tu n’veux plus jamais y aller.»

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