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THIS IS THE KIT Krulle bol

Alors que le monde n’est plus qu’un grand Flunch – du passable, à volonté, à toute heure, formules avantageuses pour les familles – demande-t-on à un disque (...) suite

Alors que le monde n’est plus qu’un grand Flunch – du passable, à volonté, à toute heure, formules avantageuses pour les familles demande-t-on à un disque d’être simplement «bon» ? Non. Pas seulement. Il doit aussi foncer tête baissée dans une direction, dans un style, creuser un sillon, ne pas doser ses effets, ni ouvrir ses horizons mais au contraire s’entêter, mépriser compromis, fusions et bon sens, jusqu’à en oublier l’auditeur, le public, le marché, la planète. En clair, il doit aussi dire merde.

A sa façon, calmement, le premier album de This is the kit dit merde. Sur le style du duo, Fairport convention avec les guitares du troisième Velvet, la chronique du EP précédent se voulait exhaustive. Mais on avait conclu ce texte avec une inquiétude et une certitude (la première restant la voie la plus sûre vers la seconde). Pas de doute à l’époque : le premier «vrai» album produit par John Parish allait sonner plus pro et bousillerait ainsi la chimie du Kit. Que dalle. Krulle Bol est encore plus sec.

Les guitares efflanquées sont parfaites, les morceaux sont courts, pas le moindre gras et ces batteries rares, prises de loin, transforment soudain les deux globes du casque en voûtes de cathédrale. Les cymbales percutent les croisées d’ogives, la messe est dite. On a même droit à une apparition de la vierge. Car il faut bien l’écrire tout bêtement, Kate Stables chante comme personne. Une Liz Frazer folk, médiévale. Les deux voix sur Our socks forever more, pfff… Ce n’est même pas compliqué, même pas poseur. Grizzly Bear pourrait faire 100 fois plus élaboré sans pourtant parvenir à ce bout de mélodie folk miroitant comme les nuances de gris des toits de tôle parigots. Et Miss Stables sur Bearchwood beaker! On a beau se blinder, préparer quelques saillies bien féroces sur Joan Baez et attiser notre haine du baba… Pas moyen. Cette femme hypnotise:

- Ecoute-moi, je le veux.
- Oui…
- Le prochain titre est With her wheels again, tu le connais déjà mais…
- Mais il est encore meilleur. Cette version est au-dessus. C’est votre meilleur titre!
- Si tu le dis… Maintenant, tu vas te réveiller.

Okay, ouvrons les yeux. A ce degré d’épure, ce qui guette c’est l’effondrement. Et certains morceaux dévertébrés n’y résistent pas; ils s’effritent dès la première note. Miss Stables et son barde passent alors la tête haute, sans demander notre avis, pour attaquer un nouveau titre parfait. Seuls au monde, ils construisent un mur d’enceinte mouvant qui nous encercle où nous exclue selon les morceaux. Mais c’est bel et bien un mur, dur, têtu, irréfutable. Une barrière hautaine qui repose sur une guitare claire, un banjo, une voix. Pas plus. Alors que le monde n’est plus qu’un grand Flunch, This is the kit propose de faire maigre avec ce disque distant et captivant.

Ça se médite, ça se mérite aussi.

This is the kit // Krulle bolle // Microbe Records

http://www.myspace.com/thisisthekit

2 commentaires

encore chapo pour ce chapo manifeste (et le reste)

Commentaire par sylvain, le Lundi 28 janvier 2008 à 12:31

Ben… merci Syl Sylvain. A force de travailler du chapo…

Commentaire par Syd Charlus, le Lundi 28 janvier 2008 à 18:51

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