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THIS IS THE KIT…OU DOUBLE? Sortie du EP

Le premier EP de This is the kit est à double fond. Du folk britannique, oui mais... Journal de bord du capitaine. Lundi 2 avril Le premier titre du EP (...) suite

Le premier EP de This is the kit est à double fond. Du folk britannique, oui mais… Journal de bord du capitaine.

Lundi 2 avril
Le premier titre du EP de This is the kit fait céder un barrage (celui des a-priori de l’auditeur ?) pour libérer un torrent de voix. Trois prises emmêlées qui tournoient en prenant de l’altitude, et toisent une guitare idéale. Franchement, c’est bluffant. On est en plein blues-folk anglais, Fairport convention, le son boueux mais en chausses médiévales, de la country pour manoir hanté.

On allait pourtant vers ce disque à reculons. Un side project de gens qui ont déjà plusieurs groupes… ça ne sonne pas sérieux, ça sent le hobby dominical, les compos non retenues pour les autres disques. Mais Miss Kate Stables balaie tout sur ce premier morceau (With her wheels again). Et quand le banjo débarque, appuyé par un simple tambourin, tout le monde monte d’un étage… 2 minutes 43 plus tard, This is the kit a le bon goût de conclure, sans chercher un pont ou même un solo. On se dit que notre semaine est faite.

Vient un deuxième titre, sans doute pas mauvais mais qui ne passera pas la barre. Non… aujourd’hui, on revient à “With her wheels again”. Puis, touche “Repeat”.

Mardi 3 avril 2007
Nada. Toujours ce premier morceau en boucle et rien d’autre. Peut-être une deuxième chanson vaguement intrigante mais qui tire les mêmes ficelles : voix parfaite, mélodie photocopiée, banjo et tambourin roots. Et puis quoi ? Combien de disques d’alternative-country a-t-on déjà écouté ? 50 ? 200 ?. Doit-on s’en taper un de plus ? Qu’est-ce-que This is the Kit peut bien ajouter aux tables de la loi “indie-roots” rédigées par Will Oldham et paraphées par Elysian Fields, voire Cowboy Junkies ?
- Le temps du désamour, Kate… Inévitable, mieux vaut en rester là.
- Donnons-nous une chance…
- Comme vous voudrez.

Mercredi 4 avril 2007
Il est tard. Assez pour ne rien trouver de mieux à faire que d’écouter la rumeur de la Place de Clichy, le genre d’invitation qu’envoient les grandes villes. This is the kit tourne derrière. Tourne à vide.

Il est encore plus tard quand… “I’m beginning to see the light” comme dirait l’autre. Les guitares du morceau Greasy Gosse livrent la clé de l’intrigue : c’est le troisième album du Velvet qu’on écoute, pas Fairport Convention ou Pentagle. Ici, pas de compos de l’acabit de Pale Blue eyes ou Some kinda love – raison gardons, tout de même - mais le même genre d’envoûtement général. Celui d’une production étouffée, absolument impeccable, hypnotique.

Dire que les gros doigts de John Parish traîneront sur la console du prochain album… on frémit. Si le son devient plus pro, l’édifice ne sera pas plus solide, simplement plus banal. Banal comme PJ Harvey (désormais, on doit pouvoir l’écrire sans craindre la fatwa : Polly Jean a pondu trois chansons potables et a passé son temps à jouer à l’artiste, non ?) John Parish… pourvu qu’il traîne au pub le jour du mix.

Aujourd’hui, le EP tient debout devant nous: cinq chansons pas forcément renversantes mais avançant groupées, d’un bloc. Finalement, il suffisait de l’écouter de nuit…

Vendredi 5 avril 2007
Un jour sans This is the Kit. L’embarquer sur Ipod serait stupide ou, disons, déplacé. Ce EP s’écoute immobile.

Samedi 7 avril 2007
A Tangled walker est le seul morceau avec batterie. Et… c’est du grand art. Le jeu très senti de Jesse D.Vernon nous purge de ces années de rythmiques post-punk, charley en l’air pour la danse. Ici, c’est un numéro d’équilibriste, sorte de Pavement pour dames. Vernon cogne, sur le fil, prêt à tomber avec la guitare, pour les beaux yeux de Miss Stables ; c’est “Le plus grand chapiteau du monde”, en 8 pistes (ou guère plus). La touche “Repeat” crépite de nouveau.

Quand les larsens et l’orgue vicelard envahissent le final, le temps se couvre et pourtant tout devient plus clair : This the kit a peut-être sous le pied un Chelsea girl voire un genre de Marble index, en tout cas un de ces gros nuages noirs comme savaient les produire Nico et John Cale. Le pire reste donc à venir. Tant mieux.

A lire: L’interview de This is the kit

Texte par Syd Charlus
Photo par Virgile Biechy

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