« Le skinhead reggae ? C’est de la musique de facho ça ! »
Voilà, mot pour mot, ce que s’est entendu dire un ami par sa prof d’arts plastiques alors qu’il tentait vainement de lui ouvrir l’esprit. Mais pas moyen de la convaincre. Pleine de certitudes, elle se vantait de « bien connaître l’histoire des skinheads ». La pauvre. C’est qu’on lui avait caché tout un pan d’histoire. Celui où les skins sont des fans de reggae. Lee Perry, Derrick Morgan et Desmond Dekker pour ne citer qu’eux. De rocksteady, voilà de quoi il s’agit.
C’est en partie ça This is england. De la culture pour les masses. Et ce n’est pas plus mal. Car Shane Meadows rétablit ici la vérité.
Alors qu’on entend Toots and the Maytals reprendre Louie Louie, on peut voir une bande de blancs becs foutre le boxon avec leur pote Paki dans un quartier glauque d’une petite ville anglaise. Leur signe distinctif : les fringues. Ceux là ne jurent que par leurs chemises Ben Sherman, leur pair de Doc Martens et leurs bretelles (qui descendent droit le long du dos ; jamais croisées.) Et oui, seul le détail compte. Et puis leur coupe de cheveux bien sûr. Celle d’où ils tirent leur nom : les têtes de peau.
Au milieu de la grisaille, il y a Shaun. Orphelin pour que Maggie puisse mettre la main sur les Iles Malouines, il n’a pas d’amis. Il est aussi turbulent et bagarreur. En plus de ça, c’est un ringard. Imaginez-vous : le garçon porte des pantalons à pattes d’éléphant trop grands pour lui. Il est moqué par toutes les bandes de son école. Lui tout ce qu’il demande c’est être un homme. Faire partie de quelque chose et se sentir exister.
C’est alors qu’arrive la rencontre. Une bande de skins va le prendre sous son aile et en faire un des leurs. Shaun se rase alors la tête, découvre le rocksteady et l’esprit de bande. Il boit, fume et sait draguer les filles.
Mais le film ne s’arrête pas là. Il franchit la ligne. Celle au delà de laquelle on ne tolère plus. Au moment où la bière vous laisse au fond de la gorge un arrière goût nationaliste. Et où le mouvement skin se scinde en deux. Shaun choisit le camp des fronts bas. Ce sera à ses dépends. Ainsi il voit son ancien camarade, celui qui lui a tout appris, rossé à coups de poings parce qu’il est black.
Alors This is England n’est pas seulement un divertissement ou un film socio-historique. C’est aussi une histoire d’éducation. A un âge où l’on cherche ses repères, il faut savoir choisir les bons. Mais Meadows ne prend pas partie. Il semble nous dire : « De quel coté de la ligne es-tu ? ». Choisis ton camp camarade.
En parlant de repères, j’en connais une qui devrait aller voir ce film.
4 commentaires
Les skins, les Suedeheads, la northen soul… tout un paysage généralement caricaturé en France. Pourtant, c’est assez fascinant, cette passion du rythme blacks dans les régions minières. La prof d’art plastique doit écouter Cali. Pardonne-lui, elle ne sait pas ce qu’elle fait.
La vision des skins en france est uniquement celle de la branche nazillonne, quand on regarde l’ apparition de personnage skin dans des films ( Didier de Chabat ETC )on pense plus à des fans du Psg qu’ à ceux de Desmond Deker
bien vu fede. au prochain, au prochain
i’m quite sure i can knock you out!




PLAY BLESSURES
Coluche. Les mods. —–