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THE TEENAGERS You: Suckers. Me: consumer

En 2001 le rock renaissait de ses cendres sous les décombres de deux tours qui s'effondraient. En 2001, on s'extasiait sur les Converse des Strokes et on s'émerveillait (...) suite

En 2001 le rock renaissait de ses cendres sous les décombres de deux tours qui s’effondraient. En 2001, on s’extasiait sur les Converse des Strokes et on s’émerveillait sur les accords en barré comme s’ils n’avaient jamais existé avant le passage au nouveau millénaire.

En 2008, rien n’a changé. Ben Laden est toujours en cavale et les rockeurs débraillés font toujours un tabac auprès des midinettes à Tampax. Accessoirement, The Teenagers branle en étendard son leitmotiv: Du riff Playschool, des faciès imberbes et des mélodies airbag qui protègent du danger.

The Teenagers fait son chemin, gravit les échelons, se taille la couverture des magazines (qui doivent bien remplir les pages, le quizz pour perdre 10 kg avant l’été c’est pour bientôt rassurez-vous). Et en suivant de près la lente conquête du monde par trois adolescents (enfin plus vraiment, mais il faut bien éviter le test Carbone 14 pour séduire les midinettes citées plus haut) dénués de toute ambition, je ne peux m’empêcher de penser à cette soirée d’été où j’avais confondu une pute et un travelo.

L’air était frais, la fenêtre ouverte, la nuit douce. Au loin, une forme fine marchait sur le trottoir, jupes à plis, courte, et cheveux longs qui ondulaient. Un tapinage formel, avec une grosse paire de testicules entre les jambes. Un choc en passant plus près. Things are not what they seem. Ever. Never.

The Teenagers, proxénètes d’un rock à papa, celui des années 90, embrumé sous des kilomètre de nappes (MyBloodyValentine) qui masquent à peine le travestissement. Une vague air de Baxter Dury avec du talkover plein la bouche, jusqu’au vomissement compulsif.

On me répondra (et je vous emmerde d’avance, en préambule) que CE rock est divertissement, qu’il faut certaines fois relacher la pédale, prendre la musique comme un jeu, et savoir décompresser en rentrant du travail. Ouvrir une bière, écouter de la merde, philosopher sur le rien.

Une putain d’idéologie de trentenaire aux cheveux grisonnants.
Une conception du monde qui amène toujours au même constat: Entrevoir Eric Clapton faire des pubs pour des montres Breitling et ne pas s’en offusquer.

The teenagers: Fukc U suckers.
Tuer les années 90 et cette fausse compassion du pathos travesti; voilà la seule priorité valable.

Accessoirement c’est le parfait exemple de musique pour non-fumeur.

http://www.myspace.com/theteenagers

9 commentaires

A dire vrai ce petit texte en forme de crachat de bile met les mots sur un phénomène dans ma tête : dans les années 2000, une certaine forme de rock a été repris, remis au (manque de) goût du jour, et par là même, devenu de la pop.

Ce mot, je l’ai déjà défendu dans ces pages, n’est pas sale.

Simplement, il a perdu en saveur et gagné en simplicité. Ce qui parfois est bien. Par exemple, un apéro entre amis avec Hüsker Dü en fond n’est pas très commode pour encourager la discussion. Et en voiture, au bureau, pendant que vous préparer votre plat de midi…
So be it.

Commentaire par Billy HP, le Lundi 31 mars 2008 à 14:02

“Accessoirement c’est le parfait exemple de musique pour non-fumeur.”

Excellente conclusion à laquelle je souscris. Les teenagers s’écoutent mieux remixés tout de même (In Love-Mondkopf remix)

Commentaire par Thibaut Thomas, le Lundi 31 mars 2008 à 22:45

Accessoirement le hardcore straight-edge est le parfait exemple de musique pour non-fumeur.
Ca, c’est le parfait exemple de musique pour mecs sous patchs.

Commentaire par Matt Oï, le Lundi 31 mars 2008 à 0:26

Bravo pour cet article !Marre de cette clique de démonstrateurs de Converse (”alors, tu vois, là, le lacet …”)Le goudron et les plumes pour ces branleurs !!

Commentaire par Monsieur Aa, le Lundi 31 mars 2008 à 1:33

sans parler du chanteur qui est complètement pd et qui nous pond des lyrics où il parle de baiser de la meuf à tire l’arigot… bref c’est juste racoleur. Je trouve le trip vulgaire et classe à la fois. Qu’ils en profitent bien les salauds !

Commentaire par Ted, le Lundi 31 mars 2008 à 2:25

Merci Ted.

Commentaire par Donc en fait ça parle punk partout sauf en réaction aux chroniques de punk, le Lundi 31 mars 2008 à 0:30

Tout simplement l’album des Teenagers est une grosse merde. Mis à part leur 2 vieux titres Fuck Nicole et Homecoming qui étaient plutôt sympa, le reste n’est qu’une pauvre blague qui racole vers tous les clichés stupides du frenchy expatrié.
et en plus les chansons sont mauvaise et désagréables à écouter.
à bon entendeur salut

Commentaire par karlito, le Lundi 31 mars 2008 à 9:51

il jouait pas à Manchester éric clapton plutot ?

Commentaire par archibald O, le Lundi 31 mars 2008 à 21:47

Epater les midinettes à Tampax, ça fait toujours un but dans la vie, non? Et puis, si on essaie d’épater les autres midinettes, on risque fort de se retrouver dans la situation d’un Bester qui, par un soir d’été, alors que l’air était frais, la fenêtre ouverte, et la nuit douce …

Commentaire par requis, le Lundi 31 mars 2008 à 22:48

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