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THE STRUGGLERS The latest rights

Si vous discutez aujourd'hui avec la jeunesse, cette frange de la population dont vous vous éloignerez avec le temps par la force des choses, vous constaterez qu'elle aime (...) suite

Si vous discutez aujourd’hui avec la jeunesse, cette frange de la population dont vous vous éloignerez avec le temps par la force des choses, vous constaterez qu’elle aime la musique américaine. Dernier vestige du plan Marshall et autres importations culturelles assez vicieuses pour entendre début 2008 des foutaises aussi énormes que “le dernier album de Rancid est politiquement engagé” ou “Greenday c’est à la fois punk et pop”.

Forcément, les Allman Brothers, dans ce contexte, sont vus comme le titre du dernier film des frères Coen. Led Zeppelin, une marque de jeans. Husker Dü, j’en parle même pas. Tout au plus, REM et son retour fracassant trouveront un écho méprisant chez le jeune qui vous a déja (et depuis longtemps) catégorisé comme un vieux sans avenir.

Lorsque The Strugglers sort un nouvel album, The latest rights, c’est donc sans l’effet papillon qui me ferait espérer une adhésion des masses et un booking au Paris Social Club, voire une tournée française dans les Zenith de province. Et pourtant, l’étiquette Classic Rock n’a jamais été aussi digne que chez les Strugglers. Auteur voilà deux ans d’un album livré dans un écrin de cuir. Le genre pistolero aux gants de soie. You win était une parfaite réussite de ce que les gens de l’ancien monde nommait l’indie rock. Un piano, des guitares, quelques violons, une voix. Et quelle voix. Qui racle la gorge (l’effet Michael Stipe sans doute), creuse le fossé avec la concurrence sans que personne n’y trouve rien à redire. Les applaudissements, eux, se font encore attendre.

Du soft-rock, de la finesse. Des boulots alimentaires, sans doute, pour payer les factures et les tour booking en van à travers les Etats-Unis. The latest rights, sans retoucher le ciel comme le précédent disque, maintient le songwriting américain dans une tradition que mille groupes de rock FM écoutables sur Itunes ne parviendront jamais à atteindre. La vie est ainsi faite que les héros du quotidien sont toujours relégués au second plan. Au mieux pourrez-vous, dans un sursaut égotique, lâcher en soirée que vous connaissez un groupe qui chante la beauté des steppes arides sans faire chier son monde avec des plans marketing de seconde zone.

Peut-être la meilleure école pour décrocher des drogues dures et fantasmer sur le quotidien des USA qu’on ne connaîtra jamais. Le temps des violines et du far-west, compilé sur un CD, indémodable, parce que plus à la mode. Sûrement le dernier droit qui reste, lorsque toute envie de changer le futur a disparu.

The Strugglers // The Latest rights // Acuarela

http://www.myspace.com/thestrugglers

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