90

THE REDWALLS Universal Blues

" Well, You Don't Want To Go To School/ It's Alright / You're Tired Of Play The Rules / It's Alright" Je pensais avoir devant moi l'album "clef de (...) suite

” Well, You Don’t Want To Go To School/ It’s Alright / You’re Tired Of Play The Rules / It’s Alright”

Je pensais avoir devant moi l’album “clef de voûte”, celui qui scellerait définitivement le revival rock de notre décennie dans un tout de magnificence, de bon goût et d’orgasme. Je pensais avoir l’album que nous exprimions dans nos longs soupirs de rédemption: celui fait par des moins de 20 ans qui ont tout pris au pied de la lettre. Je croyais voir une fin salvatrice… mais c’était en fait les signes d’un début destructeur.

Redwalls2003 a été l’année Rock. C’est tout ce que j’arrive a distinguer dans le marasme de notre époque à double zéro. Entre les paillettes, le fluo, le R&B et l’underground; une seule chose est sûre : en 2003, j’avais 16 ans, je fumais des Lucky Strike et lisais Rock & Folk. Je fantasmais sur une Jaguar Fender de 1962 (originale ?!) et écoutait ce que l’on appelait déjà classic rock, pub rock, rock garage. J’avais pour la première fois de ma vie posé un diamant sur une pâte vinyle : Born on a Bayou du Creedence. Le tout dans le Timing parfait.

2003; l’année de sortie d’Elephant de White Strippes, le premier album des libertines (qui est fin 2002), le retour de boots à Paris, Gibus et tout le bordel. Les groupes en THE de partout, balayant le punk à roulette et le néo-métal. Autant dire que je priais Lou Reed tous les jours pour m’avoir d’un seul coup sauvé la vie, appris à m’habiller et donné le dédain. En gros, on n’apprend jamais plus de chose qu’à 16 ans.

Universal bluesPourquoi je parle de tout cela ? Parce qu’il est arrivé le miracle. The Redwalls est un miracle, rien de plus. Il est l’album que toute personne aimant (dans le désordre), le Velvet, les Stones, Creedence, Dylan, les Etats-Unis, les guitares, les foulards, les drogués, les belles filles, les Chelsea Boots, les dandies… bref, le monde à notre époque… Il est l’album que tout le monde devrait acheter. Et non seulement acheter mais copier, presser, apprendre, offrir. Parce qu’on s’est branlés sur un tas de merdes. Plus personne ne se souvient des The Eighties Matchbox B-Line Disaster qui étaient censés sauver le rock. Universal Blues des Redwalls a été enregistré au bon moment (2003 donc) et sort quant il faut : 2008, la fin du rock et le retour des année 80. On peut d’ailleurs le dire ; de tous les albums de groupes en The; il est de loin le meilleur. Allons un peu plus loin: c’est le meilleur album de rock depuis New York de Lou Reed. Rien de moins.

Et pourquoi cela, bande de geignard ? Parce qu’il a le son. Pas besoin de chercher plus de deux secondes. Il a le son du rock enfermé dans une petite boîte à diables. Il a le ressort du diable. Il a cette reverb’ sur la basse et les trémolos sur les guitares. Il a la langueur et la tension des vrais albums de rock. Il a ce goût immédiat de sexualité que l’on ressent en écoutant les Stones à 16 ans. C’est le phrasé de Dylan que prend le chanteur, le piano de Nicky Hopkins, la basse de Stu Cook, des guitares jouées comme on devrait les entendre. Ce groupe est l’incantation de la phrase de Jonathan Richman “Bye bye old world, I will help the new world”.

Bon, mon gars, on nage en plein délire icône rock & roll. Parce qu’il n’y a rien de plus à faire. J’emmerde la médiocrité, les concours de branlette de l’indie rock, l’affolement de jeunes vieillissant ou encore les concerts de DJ. Justice a l’Olympia !! Non Redwalls, Redwalls dont chaque bend est un doigt inséré au plus profond de leurs culs.

Tuons la modernité a tout prix. Exigeons la qualité intrinsèque.

The Redwalls // Universal Blues // Fargo

10 commentaires

Wouah, ce disque te file la gaule, clairement ! Parce que voilà, pour sortir des “il est de loin le meilleur. Allons un peu plus loin: c’est le meilleur album de rock depuis New York de Lou Reed. Rien de moins” faut avoir monté au rideau. Il m’a bien plu ce disque. Honnête et droit. Studieux et envoyant le bois. Ce qui est déjà beaucoup. Mais mes rideaux s’en remettront.

Commentaire par sylvain, le Lundi 8 septembre 2008 à 1:29

on s’emballe vite petit johnny je vois !

oui c’est pas mal c’est vrai !
mais trop pop pour evoquer CCR, dylan et les stones (j’ai écouté les titres sur leur myspace).

bonnes gueules, belles guitares mais c’est trop gentil. par contre pour rock’n'folk ça devrait le faire…

Commentaire par lou ride, le Lundi 8 septembre 2008 à 14:40

Clair : Rock & Fuck va mouiller là-dessus

Commentaire par sylvain, le Lundi 8 septembre 2008 à 0:50

Ouaou mais attends là, tu cite que du beau monde pour la comparaison !!! il faut que je l’écoute, je m’y mets dès ce soir !!! c’est cool si les redwalls parviennent aussi à me sauver :D

PS : mais alors j’adore la référence à “Born on a Bayou” parce que moi je me souviens avoir acheter le vinyle “Midnight Special” et que le vendeur en prenant le disque m’a dit “ouuuu midnight special” sur un ton qui montrait bien que ce disque allait me poursuivre toute ma vie (super je raconte ma vie) …

Commentaire par jojo, le Lundi 8 septembre 2008 à 15:22

Je n’ai pas (encore) d’avis sur le disque mais ça, ca s’appelle un article ! Sûr.

Commentaire par Syd charlus, le Lundi 8 septembre 2008 à 15:40

Ce qui est drôle, c’est de savoir que ce groupe a déjà mal tourné.

Mais je garde la position : Universal Blues (ce titre au XXIéme siécle, tout de même) est incroyable.

Commentaire par Little Johnny Jet, le Lundi 8 septembre 2008 à 19:05

putain la claque !!!!

Commentaire par Alexis Kacimi, le Lundi 8 septembre 2008 à 16:09

“ce groupe a déjà mal tourné”? comment ça, dope, clash?

Commentaire par anello moretti, le Lundi 8 septembre 2008 à 21:06

non: les nouveaux disques!

Commentaire par Little Johnny Jet, le Lundi 8 septembre 2008 à 11:53

Dommage parce que cela semblait prometteur.

Joli coup de projo en tout cas. Bien prenant. Bien bandant.

Commentaire par Hilaire Picault, le Lundi 8 septembre 2008 à 23:36

Laisser un commentaire