Si Sonic Youth aime un peu plus chaque jour les crèmes anti-rides, The Ponys, eux, semblent aimer les cadavres exquis.
Les têtes de morts aussi. Car les Chicagoans publient un petit condensé de rock américain qu’on pensait enfoui sous les décombres de Michael Stipe lorsqu’il avait encore une crinière, une sorte de rock college US avant l’avènement de Blink 182 et Rancid dans la catégorie des rockers indépendants (Quelle escroquerie), car autant le dire clairement, Turn the lights out est un génial album qui fait oublier qu’on ne connaissait pas The Ponys avant d’entendre des perles comme Double Vision. Rock hanté qui verrait des hordes de chevaux sortis de l’enfer galoper à travers la prairie calcinée. Il y a du post punk, de l’après-post, de l’über hippie dans les guitares hurlantes de Jered Gummere. The Ponys court vite, et talonne de près Besnard Lakes, leur équivalent canadien.
Turn the lights out est un concept. L’idée d’éteindre les lumières pour oublier les références, toucher la peau du cheval sans en voir l’envergure, apprécier l’épaisseur des riffs de 1209 Seminary sans connaître la marque de la guitare. Il y a la basse rapidement 80’ qui rappelle froidement le War de U2, il y a la voix qui décline dans le lointain, il y a le coucher de soleil et cette apaisante pensée : Au réveil, The Ponys sera encore là et courra encore dans la prairie. Le meilleur cheval américain sur qui parier en 2007.




ETRE DIEU