Si les années 80 ont la côte, c’est parce qu’elles ont tout de l’iceberg. Ou du millefeuille à deux couches, pour faire pragmatique, air du temps. Face visible : les horreurs (variet’, les nouveaux romantiques, les sons de batteries, les spencers trop courts et les pantalons à pince…) En dessous, underground donc, le rock porté à ébullition, surtout aux Etats-Unis (l’Angleterre a eu ses moments et la France… d’excellents graphistes, une bonne boîte de nuit et un critique rock de légende qui avait tout annoncé dans la langue de Barbey).
Gun Club, The Replacements, Husker Dü, Rain Parade, les sublimes Green on red… à ce moment, les ricains des sous-terrains enfoncent le clou et la concurrence. The dream syndicate fait partie du lot et bien en haut de la pile. Laissons aux autres le soin de faire le tour du pot et resserrons le cadre sur le premier album du groupe : The days of wine and roses.
Là, les références s’enchâssent : The dream syndicate d’après le groupe expérimental 60’s de La Monte Young et Days of wine… pour le film de Blake Edwards avec Jack Lemmon. Soit, si l’on décode l’équation : bruit new-yorkais + classicisme « classe » + sens du drame. L’album est parfait et rivalise avec le premier Modern Lovers dans l’hommage au Velvet.
Que dire d’autre ? Le reste est sur cette vidéo, évident même s’il ne s’agit pas du line-up d’origine : Steve Wynn meneur élégant, les guitares qui finissent toutes les deux en solo vicelard, compo simple mais avec du style, un grain.
- Et sinon ?
- Le disque se trouve facilement.
- Mais encore ?
- Je me souviens avoir monté un groupe en me disant : « il faut que ça sonne comme Days of wine… ».
- Rien de plus solide ?
- Non, mais dix ans plus tard, je me revois, dans un café des grands boulevards, rédigeant une bio foireuse pour un nouveau projet de groupe. Il faut donner des références, m’assure un spécialiste pas loin d’être aussi foireux que la bio
- Et alors ?
- J’ai écrit The Dream syndicate, Days of wine and roses, en début de ligne. Le groupe n’a pas marché.




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