Le contexte : Mars 2007, une bande d’irréductibles Gaulois fonde un site dédié à l’élitisme musical, à la mauvaise foi et aux références prétentieuses que seuls quelques illuminés parviendront à comprendre. Un combat contre, en vrac, les albums surproduits (Arcad Fire), les groupes aux fringues importables (Klaxons), les poseuses siamoises à minois déphasés (Cocorosie). Un combat contre le mauvais goût en somme. Janvier 2008. Gonzaï chronique le premier album de The Dø, un album commercial, dans la hype, archi-suiveur qui ne changera pas la face du monde… Retournement de veste ?
L’histoire : The Dø agace réellement l’auteur de ces quelques lignes. Non pas que ces Finlandais soient par définition têtes à claque. Non. Le duo d’Europe du nord exerce en toute simplicité ce que les stars de 2007 (Kate Nash, Lily Allen, Soko) ont pratiqué en toute simplicité : une pop ultra mercantiliste avec du folk dynamique sous les aisselles. Et alors qu’on voudrait enfoncer des portes ouvertes, cracher à la gueule imberbe du guitariste, on tombe sur une poignée de chansons à la limite du sublime. Force des refrains, production nickel (en gros dépouillée, voire inexistante sur At Last, le meilleur morceau) qui forcent l’auteur à reboucher son stylo. Voire simplement à se taire. A mouthful se descend comme un bon Jack Daniels, une longue descente partant de chansons pop vers des ténèbres en mineur. Violons, cordes, voix haut perchée… pffff….. Je remets ma mauvaise foi au placard, bien rangée sur son cintre. Impossible.
Le dénouement : The Bridge is broken, On my shoulders, Aha…. Le nombre de singles respectables est impressionnant. Lorsque l’industrie du disque sera enterrée, et qu’une dizaine de courtiers en assurance clôturera les comptes des grands tenanciers, une petite voix pourra s’élever dans la foule pour clamer la résistance de quelques irréductibles aux tentations du «tout pognon».
Ils sont forts ces Finlandais. Même en hiver, ils portent des débardeurs. L’ultime rébellion nouvelle ère.
The dø // A mouthful // Wagram
http://www.myspace.com/thedoband
8 commentaires
Retournement de veste très respectable qui représente à merveille le principal écueil du Gonzo-journalisme à savoir la référence systématique à l’esthétique comme élément préalable de toute critique.
j’ai envie de dire, retourner sa veste, c’est aussi être Gonzo…
Je maintiens contre vents et marées, contre Klaxons etc, que l’esthétique est primordiale dans la construction du désir.
Il n’y a pas de bon Jack Daniels.
Il n’y pas de vrais socialistes, juste une esthétique sociale déguisée en éthique.
j’en rviens pas que quelqu’un se permette de critiquer le jack daniels
Il n’y a que la meuf qui est d’origine finlandaise, l’autre est français.
moi il m’agace de plus en plus alors que j’aimais assez au début.




ETRE DIEU
Je me disais : va-t-il aller jusqu’à casser du The Do ? Ouf, la mauvaise foi (même quand elle vient du dog critic) a ses limites !