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THE BISHOPS The Bishops

1964-2007, quarante trois ans de guitares qui séparent quatre décennies d’écriture et de réécritures, de The Beatles à The Bishops ; entre-temps, l’avènement du numérique a permis d’oublier (...) suite

1964-2007, quarante trois ans de guitares qui séparent quatre décennies d’écriture et de réécritures, de The Beatles à The Bishops ; entre-temps, l’avènement du numérique a permis d’oublier les jaquettes de nos premiers amours, oublier le visage des titres enfournés dans le câble USB en firewire. On écoute, on écoute, on se perd, on déblatère sur le renouveau du rock, ces groupes qui font l’histoire en oubliant le passé, sur cet incroyable talent à gommer les lignes pour y foutre sa sauce grasse en citant d’illustres groupes inconnus comme The Zombies, le tout alors qu’on a passé son adolescence pleine de miasmes purulents à écouter Beatles for sale.

The Bishops est donc l’album du mois chez Rock&Folk. Dans un sens, on aurait tendance à comprendre pourquoi. Ce premier album des londoniens est brut, sec comme un coup d’Epiphone sur la nuque, après s’être lancé à 165mph sur la N5, dans la grande banlieue. Ce disque, c’est un grand corps maigre qui joue le rock pour séduire les filles et les enfourner après le gig, encore ruisselant de la sueur de Breakaway. Surement le meilleur titre du groupe. Forcément placé en ouverture. C’est un peu décevant.

Et tout glisse dès So high, pastiche conforme du Help et Beatles for sale (Les écoutes successives seul dans le noir, l’adolescence difficile sous la période John Major, ce genre..) qui nous rappelle brutalement que NOUS SOMMES EN 2007. Nos parents sont bientôt à la retraite, cotisent encore et n’espèrent plus grand-chose, les sixties sont finies et Jean-Claude Brialy vient de mourir. Et non, The Bishops n’EST PAS ORIGINAL. Alors, on entend d’ici ceux qui diront que là n’est pas l’essentiel, que l’important est l’émotion, la rage, l’énergie du live, toutes ces groupies qui se déchainent au son de Lies & Indictments / Sun’s going down…

J’entends surtout Menace about Town et les harmonies vocales sur mains qui claquent, toute cette naïveté surement sincère encore crédible en 1965 lorsque l’Angleterre sortait de sa révolution industrielle et que les mini-jupes fleurissaient sur le pavé. Mais en 2007, non, désolé, The Bishops et leurs coupes de cheveux et costards noirs ne témoignent pas d’une singularité encore jamais vue ni entendue (Pour reprendre les propos d’un rédacteur amoureux des vieilleries obsolètes).

The Bishops en 2007, c’est un peu comme baiser une fille de Carnaby Street après l’avoir croisé en 1966 au même endroit, les rides en plus. L’amour avec une femme d’expérience ou avec une jouvencelle, la question reste en suspens.

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