TALIA Parfois on reçoit des disques dont la pochette est une telle faute de goût qu’on préfigure direct la sombre merde et qu’on a qu’une envie : les laisser sur le carreau sans autre forme de procès. On a tort : c’est là que la curiosité commence, précisément quand l’artwork est merdique. C’est ces disques-là qu’il faut sauver en premier. Un exemple : Star’n’Bars et After The Goldrush de Neil Young, quelle connerie j’aurais faite si je m’étais arrêté à la pochette.
Autre exemple : prenez Cockroach Killer, le premier album du trio parisien Talia. Ils font fort, niveau pochette. Cette bimbo texane qui écrase à coups de queue de billard un cafard géant, c’est assez répugnant. On n’a pas envie d’écouter et pour cause on a l’impression d’avoir affaire à de vieux hardos dont la plus haute ambition se limite à Playboy + bécane + bonnes bières.
TALIA Et puis ce titre, Cockroach Killer, franchement c’est le pompon ! Franchement pas des rois du marketing les gus de Talia. Mais voilà je serais passé à côté de quelque chose si je m’en étais tenu à ce constat pourri de préjugés. Car leur musique est terrible. Quand on daigne enfin mettre l’album dans le lecteur on s’en prend une putain de bonne décharge hard grunge. On est les rois du pétrole ! En deux secondes (pas la peine de zieuter leur influences sur Myspace) on comprend que Nico (chant, guitare), Leslie (bassiste) et Robin (batterie) ont tellement tripé sur les Guns, Nirvana, les Smashing et Queens of the Stone Age qu’ils en livrent aujourd’hui une resucée bien sentie. D’ailleurs, je suis un peu salaud de dire “copie” tant tout cela est digéré, inspiré, jaillissant.
// Come to me// Talia.mp3
Ces trois-là reviennent au fondamental guitare-basse-batterie et “Rock’n’roll !” comme ose l’hurler Nico en ouverture de Shots. Porté par une ferveur rare et une efficacité démente, ce disque offre le sans faute : 9 morceaux qui cognent grassement et 2 ballades poignantes. Car oui, les Talia n’ont peur ni de taper dans les solos ni dans les slows. Ils peuvent balancer Come To Me, un single viscéral et teigneux qui ferait un malheur dans les college radio US puis vous cueillir avec un Lower mélancolique dont le saxo tire-larmes fait sonner très eighties sans que vous n’y trouviez rien à redire (vous êtes saisi) et vous relancez dans les cordes juste derrière avec un Spinster bouillonnant du sentiment d’invincibilité propre à l’adolescence… alors que vous avez 28 ans.
Il y en a beaucoup des disques qui vous font cet effet-là ?
http://www.myspace.com/taliarock
2 commentaires
Mister Langs, ma subjectivité me dit de vous dire qu’elle emmerde votre subjectivité de mec ultra sophistiqué qui ne sait pas se satisfaire des plaisirs simples.




ETRE DIEU
Etre “dirty” ne signifie pas non plus la compétence. Ce groupe est minablement doué, tout juste capable de jouer au Klub, en première partie du premier groupe à la gloire (=50 amis myspace) éphémère. C’est totalement vide de composition, et franchement, je ne le dis pas rarement, c’est creux. Vide. ENNUI. MORT.