Des groupes comme ça, on en rêverait au petit déjeuner.
On n’osait même pas l’espérer, tellement Tahiti boy est à 10.000 kilomètres des tendances et des modes. Si la VRAIE mode consiste à ne pas en être, et donc à la créer, la devancer, l’anticiper, la prendre par derrière, alors oui, Tahiti boy est bien le groupe qu’on espérait. Sorte de Midlake à la française, avec un premier titre (When I miss you) simplement rock tout en étant pop, orgue qui monte en érection comme une crème chantilly secouée trop fort, basse qui cogne dans tous les coins, voila bien le super-groupe (réunion de différentes formations, de Poney Poney à Syd Matters en passant par Tanger). Espoir.
C’est tout le soleil de Californie qui semble s’être concentré dans des titres comme Who knows, toute le romantisme désuet de Bacharach ou Barry Manilow, joué de manière humble et sincère. Tahiti boy marque le pas et prend dix longueurs d’avance sur la concurrence. Bien loin devant Phoenix et ses compositions bubble-pop un peu trop mâchouillées. Il faut entendre You make me blush, assis sur un coin de Steinway blanc, ambiance 5 heure du matin, cigarette au coin des lèvres, la groupie prête à céder, pour comprendre que ce groupe ne fait pas semblant. On y parle d’amour (le magnifique The bees and the birds) sans ruptures ni pathos. Lumière.
// The bees and the birds // 06 The bees and the birds.mp3
Learning tourne sur la platine. Je suis en 1973. J’entends la modernité et le passé en stéréo sans le dolby prologic. J’entends le futur qui ne crache pas sur les temps anciens. Le Smile de Brian Wilson a surement dû être passé en boucle. C’est évident. Il se dégage de ce groupe la fraicheur d’un combo prêt à en découdre avec les Grizzly Bear et autres stars internationales de la pop sucrée qui ne fait pas mal aux dents.
Ce groupe n’est pas encore signé, et les Bac+5 en marketing de maisons de disques trouveront certainement les meilleures raisons pour empêcher la percée («Vous portez de drôles de barbes, vous chantez en anglais, les chansons sont trop longues, et ces looks c’est vraiment pas possible), mais rien, rien, rien, ne pourra empêcher le succès d’un groupe parisien qui ne fait déjà plus partie de la capitale. Car ces mélodies voyagent overseas, sans réelle nationalité. La meilleure surprise parisienne de 2008?
Album à paraitre en avril chez Third Side.
http://www.myspace.com/tahitiboyfamily
10 commentaires
Beau morceau (beau texte). La notion de super-groupe à la française réussirait-elle là où les américains échouent ?
J’irai plus loin: La notion de groupe français réussira-t-elle là ou les américains échouent?
Attend la je suis pas bien réveillé et ça me fait mal aux neurones ce que tu dis mais je vais laisser cette question m’imprégner, je reviendrais !
Moi jdis album français 2008, Luis Francesco Arena, Porcelain Tandem…
moi je dis tout sauf eux, une espèce de bande de branleurs finis au tahiti douche, non merci, je prefere encore croire au retour de noir desir ou bien meme claude nougaro…Non mais franchement
doud des fois tu m’attristes..
Etant un des seuls groupes de pop de Paris à ne pas avoir de membre en commun avec TB&TPF, c’est donc en toute objectivité et sans complaisance que je dis : oui oui oui à Tahiti Boy !
que plus personne ne vienne me dire qu’il ne comprend pas d’où né l’essor de l’homosexualité. Ben uoi c’est sans doute un bon groupe de pop, mais un bon groupe de pop n’est que rarement un bon groupe depuis les années 90 malheureusement, d’une part. De l’autre, pourquoi les albums parisiens de l’année, si tant est qu’il yen ait qu’un,(heureusement qu’on est sur gonzai pour la mauvaise foi, n’est ce pas?) sont toujours des albums de pop?
N’y aurait il pas que les fans de musique pop qui aurait tendance à vouloir voter pour un album et un seul chaque année? Et à acheter des ipod de moins de 2 giga parce que c’est largement suffisant pour ecouter leur album de l’année depuis la naissance de la pop? J’en passe et des meilleurs sur les considérations de ce genre d’individu et essentiellement sur leur auto-considération souvent très ouverte sur la musique et le monde en général, mais ne croyant qu’en un groupe et un album par an, évidemment.
quoi qu’il en soit pour ne pas faire trop figure d’extraterrestre j’admettrai sans peine que c’est un très bel album, groose recherche artistique, je suppose beaucoup de travail pour donner une cohérence à des morceaux où différents styles se telescopent mais je ne demordrai pas non plus de vous mettre en garde contre la polyarthrite chonique.




ETRE DIEU
… lol … j’allais dire “sûrement LA révélation de “, et puis j’ai vu que c’était le titre de l’interview. Sinon y’a Christophe Willem qui es sur le même créneau. ;p