Tahiti boy bonjour. Le nom de votre groupe parle d’un palmtree family, alors, tu peux nous présenter ta famille en deux mots ?
Tahiti boy: A ma gauche, Antoine Palmtree, guitariste et chanteur à ses heures, c’est mon neveu. A ma droite, Dee Dee, bassiste et chanteur à ses heures, c’est mon beau-frère. A coté de lui, Jean Palmtree, batteur et carillonneur à ses heures, c’est mon petit frère. Et au fond, voila Johnny B. Palmtree, guitariste, banjoiste à ses heures, c’est ma nièce. Plus Thomas, violoncelliste et chanteur, c’est mon oncle. Et Vincent, percussionniste flutiste chanteur. C’est le cousin de la famille.
C’est une sacrée famille quand même… Il manque encore du monde..
Oui mais alors non ! (Il s’énerve) Mais je précise, et là je tiens à mettre un point sur les i, on n’est ni un side-project de tel ou tel groupe, on travaille autant qu’un autre groupe, et nous ne sommes différents en rien des autres groupes, les café concerts à 10€ on les a fait également.
Johnny B : On sent un peu d’aigreur là ! (Rire général)
Tahiti boy, je suppose que tu es la colonne vertébrale de ce corps à plusieurs têtes, un peu le papa en fait. Et que les compositions sortent d’abord de ton piano, mais d’où est venu ce concept de familles / groupes à 10 musiciens ?
Oui exactement. En fait j’adore voir des groupes avec de nombreuses personnes sur scène. Le fait d’être 6 ou 8 sur scène permet de développer une autre dynamique. C’est une autre énergie. Et le mot « family » dans le nom, c’est surtout lié au fait que je suis fan de Sly and the family Stone…
Mais franchement, vous y croyez au concept de démocratie dans une tribu aussi large que la vôtre ?
Antoine : Ben c’est une famille, y a forcément un papa.
Tahiti boy : Voilà il a tout dit.
Oui mais qui fait la maman ?
Antoine : Ah… Ca dépend de la ville (Rire général)
Tahiti boy : il a bien résumé, c’est une démocratie modérée, avec moi en tant que modérateur.
Antoine : La phrase de Radiohead a propos du groupe résume bien l’histoire : Le groupe c’est les nations unies, mais Thom Yorke, ou Tahiti boy, c’est les Etats-Unis. Voila.
Tahiti boy : J’arrive en général avec la nomenclature du morceau, le patron, et le groupe empile les couches au fur et à mesure. Chacun apporte son grain de sel. Nous arrivons à faire des sessions collectives, avec untel ou untel, on travaille, et je reste ouvert. Là j’ai écrit avec Dee Dee par exemple…
Bon là on parle de famille, mais Tahiti boy and the palmtree family c’est aussi l’addition de plusieurs groupes
Antoine : Ou pas ! Personne ne joue ensemble en dehors du groupe. C’est rare les groupes qui n’ont qu’un seul projet.
Je sais pas.. Regarde les Naast.
Tahiti boy : Biiip. Question suivante.
Oui c’est vrai on parle de musique là, excusez moi. Pour revenir aux supergroupes, je pense à Blind faith, supergroupe de Clapton, ou même The Band…
J’ai adoré The Band, de là à dire que c’est une influence…
Dee Dee : Nous on aime bien le concept de backing-band…
Tahiti boy : La petite nuance, c’est que tu parles de dream team musical, alors que moi je pense que chacun est à sa place, lorsque je propose une ligne de guitare à Antoine, c’est parce que je sais que seul lui peut jouer cela. Si on parle de Motown par exemple, ce n’était pas un all star, c’était simplement de grands musiciens. Si tu prends Sharon and the Dap kings, cette nana chante de la soul ni plus ni moins, dans un délire 60’, c’est spectaculaire, avec des mecs en costard cintré bleu avec des cheveux tirés en arrière. Ca pour moi c’est un all-star band. A la manière de BB king où un mec lui apporte sa guitare sur un coussin..
Bon, si comme je l’espère vous explosez en 2007, et que vous vendez 54 millions d’exemplaires de votre premier album…
Tahiti boy : Ah tu le sais déjà ?
Oui. Vous faites quoi, vous lâchez tous vos groupes respectifs ?
Tahiti boy : Question suivante ! (Brouhaha général)
Johnny B : Faut pas poser la question qui empêche le papa de dormir ! (Rires)
Tahiti boy : Encore une fois je prends la parole. Ecoute jusque là, tout s’est bien passé, rien ne nous empêché de répéter ni faire les dates qu’on voulait. Et je vais te dire un truc, le jour où on aura vendu 54 millions d’exemplaires.. On y a repensera !
Lorsqu’on écoute l’album, on pense directement au rock californien, on pense à Midlake, ou des choses comme Crosby Stills & Nash…
Tahiti boy : Moi j’écoute beaucoup de hip-hop. Mais je suis fan absolu de Brian Wilson. Tu vois j’écoute beaucoup Of Montreal par exemple, dans lequel j’entends ce que j’aime écrire. C’est clair qu’il y a une approche très 70’, mais je suis plus proche de Bacharach par exemple.
Si on prend cette chanson, You make me blush, c’est ultra romantique, limite presque punk tellement ca ne se fait plus aujourd’hui..
Ca me fait plaisir ca. Cette chanson c’est une bluette.
Antoine : C’est un groupe d’amoureux tu sais !
Tahiti boy : J’assume complètement les paroles ultra simplistes de la chanson. Bon je pense que je vais me mettre une partie de l’équipe à dos, je dis pas que j’aime leur musique, mais Micka par exemple ou Christophe Willem.
(Tollé général)
Tahiti boy : Nan mais y a des belles mélodies ! Y a un groupuscule de gens qui tente de faire la musique un tant soit peu intègre. Juste ces mecs là sont en train de rouvrir une brèche vers la mélodie. Le rock fait son chemin, c’est bien, mais juste ça me touche pas. Tu as les groupes géniaux qui n’ont rien vendu, qui sont devenus cultes, tu as la merde commerciale, et puis tu as les groupes qui sont là au bon moment, et qui deviennent ultra célèbres sans se prostituer. Tu prends Arcad Fire, ou TV on the radio, c’est énorme, pour une raison inconnue, alors que cela aurait très bien pu rester confidentiel.
Dee Dee : Tu prends Radiohead, ca fait plaisir de voir un tel groupe remplir Rock en Seine, tu te dis c’est énorme qu’un groupe comme ça suscite l’adhésion d’autant de monde..
Au niveau des labels ça en est ou ?
Tahiti boy : On négocie, on prend notre temps, on sort un 45 tour sur un label petit mais néanmoins important, chez Arcade Mode, c’est la chanson She was mine, et pour le reste nous sommes entre plusieurs eaux. Plein de conversations avec les grandes maisons de disques se finissent par « bon vous ne voudriez pas chanter en français ? » mais on s’en fiche.
Pour finir, si on écoute cette instrumentale placée au milieu de l’album, 174 West 48th street, super cinématique, à la limite de la B.O, on peut se dire que votre musique renvoit à plein d’images…
Antoine : On l’a composé devant un film de Murnaud en fait! (Rire général)
Si vous deviez conserver une seule image de cet album justement, vous donneriez quoi ?
(Silence général).
Antoine : Moi je dirais chatte (Rire général).
On pourrait alors parler d’album vaginal…
Johnny B : C’est un bon concept : « Un album vaginal »
Tahiti boy : Avec les 4 clefs de Télérama, suivi d’ « Un album vaginal ». « Approuvé par le vagin »
(Rire général)
Johnny B : Moi je dirai matinal.
Antoine : Moi je dirais qu’il est frais. Il y a plein d’idiomes de la pop qui sont repris, sans être forcément actualisés, qui sont modernes tout en étant très traditionnels. Oui c’est frais.
(Consensus général)
Tahiti boy : J’ai envie de te dire «Boisé». Tu vois la pochette d’Ummagumma de Pink Floyd ? Cela pourrait être une belle pochette pour le groupe.
Antoine : Ou alors on se sert la main et on prend feu (Rire général) Wish you were here !
www.myspace.com/tahitiboyfamily
Photos: Virgile Biechy




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