La nostalgie chamane
Il en a fait du chemin le Syd Matters qui gagnait en 2002 le premier concours CQFD. A l’époque il ne semblait pas heureux de son prix, comme détaché des choses de ce monde. Aujourd’hui que son troisième album s’apprête à sortir (14 janvier) on comprend mieux où il avait la tête : il était déjà dans Ghost days, une musique qui ne se contente pas de rêver l’ailleurs mais qui, en creux, le dessine.
En 2003 les impeccables compositions space-pop d’A whisper and a sigh plaçaient Jonathan Morali aux premières loges d’une pop française décomplexée car n’ayant plus rien de français à trop se bercer de musiques célestes made in England. Ce premier album avait beau être un peu trop studieux (Robert Wyatt, Nick Drake, Pink Floyd et Radiohead étaient les maîtres des lieux), on découvrait un mec perché tentant de marier folk et synthés, en un mot ciel et terre. En 2005 Syd Matters affinait son obsession duale (songwriting et soundwriting) dans les atmosphères brumeuses et nettement plus personnelles de Someday we will foresee obstacles. Mais on pouvait encore localiser le garçon. Maintenant on ne peut plus.
A l’automne dernier on avait pourtant eu des signes avant-coureurs. Avec la B.O. de La question humaine, Jonathan nous avait fait sentir qu’il avait encore progressé d’un pas de géant, mais on ne s’était pas préparé à ça : à la guitare malienne qui surgit plage 4 de son nouvel album et baigne tout le morceau d’un souffle “world”. Cette guitare malienne n’a beau apparaître que sur 2-3 morceaux de Ghost days (Its’ Anickname, Big Moon), une fois entendue on ne voit plus qu’elle. C’est la clé de l’album. Tournicotant comme un rayon de soleil, elle nous fait basculer dans ce moment magique où la mélancolie se fait chaleur. Ces moments ils sont nombreux dans ce disque, des îlots d’apesanteur, vibrants de chœurs et de clappements de mains. Des édens d’arpèges, de flûte et de piano qui s’embrasent dans la nostalgie chamane d’un Me & My Horses homérique.
On pense au Mali Music de Damon Albarn, à quelques inflexions de l’album solo de Thom Yorke, à la kora africaine de Thee, Stranded Horse. A peine. On pense peu musique quand on écoute Ghost days, on ne pense pas à ce qui existe mais à quelqu’un en quête d’une autre vie, du pygmée qu’il y a en lui. On voyage comme rarement. Ici, plus que jamais, on nous emmène loin de la musique de fan, de son format, ses guitares. Ces 15 morceaux, dont un “fantôme”, on n’arrive pas à les saisir, à en retenir les noms, à en figer le déroulé. Ils s’enchaînent presque comme un seul long morceau, un paysage. Un mirage. On craignait que Syd Matters ne fasse pas mieux que son deuxième album. Jusqu’où aller maintenant ?
http://www.myspace.com/sydmatters
24 commentaires
C’est juste que ce n’est pas un album de “chanson” mais de morceaux hé hé.
un album de “climats” pour être plus précis !
Bester Langs..Humm..Pseudo évocateur des plus prétentieux à en juger la qualité de tes écrits…
kokotte votre pseudo et la profondeur de votre remarque nous démontre bien la limite de vos pretentions. vous êtes jaloux?
votre vacuum est périmé?
Mais moi je suis d’accord avec Kokotte! Je suis terriblement prétentieux et ne mériterai qu’une bonne correction. Enfin bon, c’est pas comme si j’écrivais en plus de cela dans la presse écrite.
la presse écrite? ça existe encore?
Je n’ai point besoin de vacuum lorsque j’écoute syd matters..
Et bien Lily..à la réscousse des pauvres animaux en mal d’affection..Mais Bester Langs a fait,semble t’il, de longues études de droits canins..Et n’a guère besoin d’un commis d’office.
ah keu vous êtes kruel kokotte.
je suis impressionnée..les mots me mankent.
D’ailleurs Lily vous êtes renvoyée.
Allez ouste je vais engager un épagneul britton.
je ne peux que m’incliner.
ça c’est de la concurrence ![]()
un bien chouette article Sylvain. J’ai hâte de pouvoir écouter tout cela, je me l’offrirai en tirant les rois ![]()
après écoute sur le myspace, everything else est plus que tentant. Cette guitare à la Nick Drake, cette voix qui rappelle Rufus Wainwright..cette ptite trompette qui s’invite.En plus la pochette est fort élégante.
Belle préface.
Lily je t’épouse…
sans façon mais c’est aimable d’y penser..
Boudiou.. Depuis votre incursion dans cette affaire, qui d’ailleurs ne vous concernait pas le moindre du monde,vous faite preuve , lily, d’une étroitesse d’ésprit des plus insuportables..Je suis donc en accord avec Bester.
DEHORS!!!!
Et au fait, merci pour cet article..Je suis en plein accord avec toi..
Kokote vous êtes très instable.
de plus je n’épouse pas les anal-pha-bêtes!
De retour de vacances, que de lecture je trouve ici ! Je me disais : “Tiens, Syd Matters, ça fait jaser ???” Et ben non, chacun se bouffe le nez sur autre chose ah ah ! Lily, j’attends ton feeling sur le disque dans les jours qui viennent ![]()
très bon feeling Sylvain.
le king étant passé dans mon antre normande, j’ai pu découvrir Ghost days ce we…et eu la fève!
Everything Else et III Jackson sont divines.
En écoutant “My Lover’s On The Pier” et “Louise” je vois le fantôme de Michael Hedges. Quel plaisir ce son! Syd Matters est un fichtre bon guitariste à la voix celeste.
Michael Hedges ? Je ne connais pas. Qui est-il ? En tout cas je suis ravi de constater que cet album te plait à ce point.
A+ Lily
un guitariste Maitre.
un Santana et Stevie Ray Vaughan réunis, mais en moins trouduc’
essaie d’écouter Breakfast in the Field, de la grande guitare accoustique.
a+ Sylvain
Oooh…Syd Matters qui lorgne vers la musique africaine…??!!!
J’en connais un qui a un peu trop tiré sur sa cigarette de haschich…La petite guitare sur It’s A Nickname, c’est juste une guitare acoustique…Comparer sa musique à celle de Damon albarn, c’est un peu too much…
Il y a une autre chronique du disque sur http://www.sensationrock.com, ainsi qu’une interview de Jonathan Morali.
Carrément pas de chichon Simon, t’es juste trop terre-à-terre sur ce coup-là. Réécoute cette guitare acoustique, laisse-toi juste aller quand tinte, et tu verras : elle porte un pure feeling african vibration ![]()
Un bel article sur ce disque et son auteur ici :
http://www.rfimusique.com/musiquefr/articles/097/article_17139.asp




ETRE DIEU
Et pourtant dieu sait que cet album contient une seule chanson potable: Ill Jackson.
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On en reparlera.