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STONE ROSES “Je veux être adulé”, part two

[... Mais ce soulagement n'aura pas que des effets positifs. Enthousiastes, les Mancuniens se convainquent (à raison) d'être de purs prodiges de la pop. Et en toute logique, (...) suite

[... Mais ce soulagement n'aura pas que des effets positifs. Enthousiastes, les Mancuniens se convainquent (à raison) d'être de purs prodiges de la pop. Et en toute logique, se laissent aller. De grandes bouffes ont lieu, l'alcool fait son apparition en régie et quelques séances psychotropiques caractéristiques du Second Summer of Love repoussent les sessions au beau milieu de la nuit.

Et cela se sent, s’entend…

stone-roses-posterPortés par les drogues et le flot d’auto-satisfaction, les titres prennent un tournant plus dansant encore, et plus hypnotiques. Le charleston funky prend des allures de boîte à rythmes affolée, Mani se lance dans des grooves capiteux, Ian devient nonchalant.

L’album commence à ressembler à une collection de morceaux disparates, indépendamment réussis bien que sur-produits, rappelant en quelque sorte les expérimentations de Revolver : Squire joue du studio plus que de la guitare, enregistrant Waterfall à l’envers pour donner naissance à Don’t Stop (sur lequel Brown fait quelques vocals dispensables), rajoutant plusieurs pistes de guitare en overdub sur l’emmené Elephant Stone qui, retourné, deviendra à son tour Full Fathom Five et à nouveau le même processus avec Made of Stone pour créer Guernica.

Dès la sortie des premiers singles, un engouement auréolera le nom des Stone Roses, encore renforcé par la sortie de l’album éponyme en mars. La presse s’enflamme sur cette pop dansante aux racines rock fièrement plantées entre les Who et les Beatles. En quelques mois, une vague de groupes adopteront ce style tandis que The Stone Roses deviendra la bande-son de la révolution culturelle qui se répand dans Manchester. On parle alors de Madchester, faute de mieux, pour décrire ce melting pot de groupes pour qui l’acid house est une influence avouée. Quand le single inédit Fools Gold sort en novembre, tout le monde prend soudain conscience que les Stone Roses sont à l’apogée de ce courant.

Profitant de la ferveur actuelle, FM Revolver choisit de rééditer le premier single des Roses, Sally Cinnamon, sans en avoir obtenu l’accord. Hors de lui, Squire et sa bande décident de donner un bon coup de Pollock dans les locaux du label de Paul Birch, saccageant à la peinture les bureaux, sa voiture, et son orgueil. L’histoire finira devant les tribunaux. Mais même cela ne cassera pas leur élan : en Mai 1990, les Roses montent un festival sur Spike Island qui accueille plus de 27 000 personnes. Ian s’y impose comme un chanteur prophétique quand Squire se tient droit et stoïque, disparaissant derrière son jeu. Ne reste que sa guitare monolithique qui dégouline de son.

Pollock, et sa peinture jetée, fut une influence pour les Stone Roses. Chanté par tout le pays, et entendu en boucle par ceux qui arpentaient Manchester de nuit, le risque courait de lasser et ne devenir qu’un emblème figé, planté dans le sol de cette époque précise. Pour éviter cela, il fallait grandir encore. Cela voulait dire trouver une major. Désireux de rompre le contrat qui les liait à Silvertones, Gareth Ewans se lance alors dans une fastidieuse bataille juridique durant laquelle la cour interdira par injonction au label de sortir tout nouveau single ou album. Comme paralysé, l’essor dont bénéficiait le groupe se trouve asphyxié. Et son inspiration aussi.
Et c’est une fois le procès gagné, alors que les Roses signent un contrat en or avec Geffen, qu’ils se trouvent en même temps dépossédés de leur propre catalogue. Imputant les problèmes judiciaires récents à Ewans, ce dernier est purement évincé des Stone Roses. A quoi le manager répondra par un procès, réclamant de lourdes indemnités. De quoi laisser le champ libre à Silvertones pour éditer un à un les grands titres de l’unique album en singles, jusqu’au milieu de l’année 92.
Et pendant ce temps là, le groupe végète.

Trois années froides, chacun dans sa maison de campagne, abandonnant des kilomètres de partitions derrière eux. Ian Brown, apathique à force de cannabis, critiquant et rejetant en bloc les démos que Squire enregistre seul en studio sous des montagnes de cocaïne. Sous la pression de Geffen, les quatre enregistreront quand même en 1994 ce qui deviendra Second Coming. Bourrés de mépris les uns pour les autres, les réunions de travail terminant en esclandres, chacun finit par enregistrer séparément, laissant Squire entreprendre une production herculéenne. Second Coming LP.

Les fans plissent les yeux à la sortie de l’excellent Love Spreads en Novembre. Nettement plus blues-rock, les innombrables parties de guitares saturées lorgnent vers Jimmy Page et rappellent le son des Guns’n'Roses. Le single finit numéro deux des charts, là où tout le monde attendait la première place. On retarde la sortie en décembre pour maximiser les ventes. Mais cette année là, celle du suicide de Kurt Cobain et de l’Unplugged in New York, celle du premier album d’Oasis, Definitely Maybe, lui voleront la vedette, alors même que Noel Gallagher ne tarissait pas d’éloges les concernant. Rien n’y fera. C’est dead pour les Roses.

Reni quitte le groupe pour incompatibilité. Suivi l’année d’après par Squire lui même. Le groupe trouvera des remplaçants pour lancer sa tournée d’été, mais sa performance en tête d’affiche du Reading Festival 96 sera jugée si misérable que le groupe ne s’en relèvera pas.

Brown et Mani sabordent le navire, lançant une carrière solo pour l’un et rejoignant Primal Scream pour l’autre, avec qui ils partageaient une estime réciproque. La page Madchester sera définitivement tournée. L’Angleterre avait déja digéré les Smiths et le grunge était mort. Elle était dorénavant prête à pleinement assumer la britpop.

The Stone Roses aura péché du même défaut qu’Icare. A vouloir voler trop haut, ils se sont brûlés les ailes. Leur chute laissa une tâche de peinture couleur citron sur le sol anglais.

www.thestoneroses.co.uk

4 commentaires

[...] Suite… (I wanna be adored part 2) [...]

Bel hommage, et vive les roses!
est-il vrai qu’on peut entendre leur chansons lors des match de manchester united?…

Commentaire par karlito, le Lundi 26 mai 2008 à 21:51

Dans les matchs de MU je ne sais pas, mais si tu tends l’oreille, dans les albums d’Oasis, je peux te le garantir.

Commentaire par Billy HP, le Lundi 26 mai 2008 à 23:43

[...] Suite… (I wanna be adored part 2) [...]

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