73

STEVE TALLIS & THE HOLY GHOSTS Loko

La World-Music et le blues continental….L’homme blanc d’Europe aime la world-music pour ce qu’elle est : Un dépaysement touristique pour pas cher (Comment expliquer autrement la présence d’Ali (...) suite


STEVE TALLIS & THE HOLY GHOSTS La World-Music et le blues continental….L’homme blanc d’Europe aime la world-music pour ce qu’elle est : Un dépaysement touristique pour pas cher (Comment expliquer autrement la présence d’Ali Farka Touré sur la BO de L’auberge espagnole ?), une détente d’homme pressé qui prend la musique noire comme un safari photo sans les rhinocéros, l’amour du lointain sans le jet-lag, bref, la World-music d’aujourd’hui ne fait plus vendre ; le désert n’est plus loin, quelques heures d’avions tout au plus, et le mythe du bayou bouffé par les crocodiles de la profession.

Alors forcément… Recevoir le dernier album de Steve Tallis en 2007… On se dit que le risque de noyade est faible, que l’on devra encore bouffer des guests et des featurings par centaines, des Natasha Atlas par milliers, des riffs au synthé comme s’il en pleuvait toutes les secondes. Connerie de cliché d’homme moderne traumatisé par Peter Gabriel.

La vérité, c’est que Loko, ce récent album de Steve Tallis, donne l’impression d’entendre un Dylan qui aurait bouffé du Bush australien et des steppes au kilomètres, et que les crotales sont à chaque coin de dunes. Publier un album de cette trempe en 2007 s’avère au final mille fois plus punk que sortir un disque de rock éculé. Car Steve Tallis a vendu son âme au diable, c’est évident, et Loko n’en est que la preuve désarmante. “My soul is not for sale” crie Steve sur Prayer Wheel. Baratin de bluesman qui a combattu les plus grands dragons (BB King, Clapton le desséché) et sauvé plus d’une princesse.

Alors bien sur, il faut aimer les structures invariables, les suites en trois accords, la lente possession du corps par le rythme, la passion dévorante de ce Coward Howard où Steve, malin, singe un Van Morrison qui aurait vu le Delta. Blues. Loko dépasse largement son cadre en proposant le storytelling des plaines désertes ; un album enregistré en prise directe, moins de cinq heures, seul à la guitare, crachotant dans l’harmonica lorsque l’envie devient trop pressante. Loko, c’’est un démon plus plus séduisant que les White Stripes déguisés en VRP du blues pour porte-à-porte.

Et puis il y a dans Dynamite tout ce qui a cruellement toujours manqué à Chris Isaak. Le sens du rythme et la voix qui tremble. Cette violine qui s’empare du morceau, c’est en quelque sorte la preuve que Steve a bien révisé ses classiques avant d’en imposer à son tour.

Et Loko au final mon capitaine, qu’en reste-t-il après une écoute prolongée, après des perles comme Out of Control ? Simplement l’impression qu’on est ici face à l’album solo que Keith Richards aurait du sortir au lieu de faire ses gammes derrière un guignol lippu en survêtement Tacchini.

Steve Tallis // Loko // Rue Stendhal

http://www.myspace.com/stevetallisandtheholyghosts

7 commentaires

elle fait plaisir à lire cette chronique !

Commentaire par Laurent, le Lundi 14 mai 2007 à 11:43

Pourquoi le plaisir gratuit de toujours flinguer quelqu’un pour dire du bien d’un disque? Un coup Cocorosie, un coup les White Stripes, les Rolling Stones, Peter Gabriel…

Au final, il ne se dit plus grand chose sur le disque concerné. C’est quand même moche de n’être capable de décrire un album que par opposition à un autre.

Commentaire par Douche froide, le Lundi 14 mai 2007 à 23:47

Ah… (soupir de soulagement).
Enfin un lecteur qui s’amuse à lire toutes les chroniques pour en trouver sur le truc qui ne va pas.
Cher lecteur, je te cherchais depuis longtemps.
Alors ca va être court et concis.
Mon parti-pris est le suivant: Marre des groupes surexposés qui tirent la couverture des journaux alors que franchement tout le monde sait que:
1. Cocorosie est simplement un groupe de poupée gonflante qui sans la vibe de Devendra n’aurait jamais rien sorti d’autre qu’un EP
2. Que tout le monde se masturbe la plume sur les White Stripes alors que depuis Elephant ce n’est plus qu’un groupe de stade (terminal
3. Que des albums comme celui de Steve Tallis, il n’en sort pas beaucoup, et que oui les clichés sur la World, ca m’emmerde TOTALEMENT, et que peu de médias trouveront cela sexy.
4. Pas beaucoup de description de l’album? Attends, je te fais un copier coller: “il faut aimer les structures invariables, les suites en trois accords, la lente possession du corps par le rythme, la passion dévorante de ce Coward Howard où Steve, malin, singe un Van Morrison qui aurait vu le Delta. Blues. Loko dépasse largement son cadre en proposant le storytelling des plaines désertes ; un album enregistré en prise directe, moins de cinq heures, seul à la guitare, crachotant dans l’harmonica lorsque l’envie devient trop pressante.”

Je crois qu’il y a une option “Loupe” sur ton navigateur, au cas où tu aurais l’envie de lire les articles sans ton filtre “douche froide”.

Amicalement, mais sérieux,
ton ami

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 14 mai 2007 à 23:58

je t’aime bester…

Commentaire par charles von strychnine, le Lundi 14 mai 2007 à 1:03

Et au fait tu as aussi oublié Clapton dans les artistes que je descends. Je peux t’en rajouter d’autres par mail (mais je suis bête, tu n’as pas laissé ton mail)

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 14 mai 2007 à 1:20

Ha le critique investi d’une sainte mission. Toujours un régal.

Au moins autant que cet album de Tallis.

Commentaire par Douche froide, le Lundi 14 mai 2007 à 12:05

[...] lu ma chronique sur l’album [...]

Commentaire par STEVE TALLIS – « Punk blues singer » | Gonzaï, le Lundi 14 mai 2007 à 0:11

Laisser un commentaire