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STEPHEN MALKMUS & THE JICKS Real emotional trash

D’abord, faire le tri. Pas entre les titres (pas tout de suite) mais entre les lecteurs potentiels de cet article. C’est la méthode Malkmus : décourager dès le (...) suite

D’abord, faire le tri. Pas entre les titres (pas tout de suite) mais entre les lecteurs potentiels de cet article. C’est la méthode Malkmus : décourager dès le départ.

Vous avez envie d’écouter ce Real emotional trash ? Vous vous dites qu’il peut toujours se passer quelque chose avec cet homme, que les « gold sounds » pourraient bien se remettre à carillonner ? Bien. C’est louable, humain. Alors, sachez que ce dernier disque débute par des morceaux de cinq, six et dix minutes, que les structures sont tordues à souhait, que Malkmus fuit la simplicité à toutes jambes, que l’on pourrait deviner le rack d’effets posé sur le plancher en écoutant les guitares, que le titre d’ouverture est une sorte de heavy blues dégoulinant et banal, que le morceau Baltimore enchaîne les breaks hard-rock ignobles avec un final très laid. Ça va ? Vous aviez dîné léger, j’espère ? J’en vois qui se déconnectent, on commence à être entre nous. Une deuxième couche pour les braves : sachez que même les pop songs « directes » de l’album ne sont pas particulièrement remarquables. Et oyez-moi ça, histoire de rire : pour écouter ce disque correctement, il faut même faire le deuil du songwriter intouchable qui a pondu Wowee zowee, de l’auteur de Here. Définitivement. Il ne reviendra sans doute plus. Jamais. Encenser We can’t help you, pop song de ce nouvel album, c’est s‘accrocher à ses vieilles peluches, se voiler la face. C’est toujours bon ? Vous encaissez remarquablement. Un dernier, sous la ceinture : Malkmus décrit lui-même ce disque comme « un album acid-rock mis en ligne sur eBay et dont le vendeur dirait : ils n’ont jamais eu aucun succès.» Rassurés ?

- Alors, c’est un mauvais disque ?

Evidemment, non. C’est plus compliqué. Real emotional trash est dans la lignée des deux derniers albums solo de Malkmus : west-coast, psyché, alambiqué, décousu. Mais impossible de trancher dans le vif, de bazarder ce disque car on tombe encore trop régulièrement sur des moments uniques, totalement à part. Comment dit-on déjà quand on sent piquer le rouge sur la joue longtemps après la gifle ? Ça s’appelle le style. Si Malkmus n’a plus la grâce des 90’s (et toi camarade, ta bedaine, tu l’as regardée ? Et ton crâne clairsemé, c’est un genre que tu te donnes ?), il conserve néanmoins une façon de faire unique. Comme sur Hopscotch Willy par exemple où, après un couplet chaloupé, on débouche sur une slide inattendue et triste avant de s’effondrer en mode piano bar pour repartir une nouvelle fois. Avec naturel, titubant mais tête haute. Et cet arpège qui se barre en boogie sur Real emotional trash ? Grand. De l’ironie redneck arty. Vous en écoutez tous les jours, peut-être ? On sait déjà qu’on ne loupera pas la tournée, au moins pour le voir abattre ce titre. Et l’on pourrait citer aussi l’enchâssement pop de Cold son ou ce Wicked Wanda, final mélancolique avec les guitares soufflant comme des réacteurs tièdes. Bonne nouvelle, le groupe sonne mieux, plus dur : Stephen Makmus a recruté l’ex-batteuse de Sleater Kinney qui frappe plus que son prédécesseur (cet hérétique ne pensait qu’à faire sautiller le charley, qu’ à effleurer sa caisse claire ; le bûcher l’attendait). Autre réjouissance, le goût pour les sons de synthés cheap a également été mis en sourdine. On rechute donc encore assez souvent pour faire tourner ce Real emotional trash plusieurs fois. Une évidence, tout de même : il faudra changer de voie, tenter quelque chose pour le prochain. En attendant, Wicked Wanda accompagne chaque jour le lever et le coucher du roi (moi).

Stephen Malkmus and the Jicks // Real emotional Trash // PIAS

http://www.myspace.com/stephenmalkmus

15 commentaires

Mes hommages.

Commentaire par sylvain, le Lundi 3 mars 2008 à 4:04

Cher Syd, vous vous seriez épargné bien du travail si vous aviez voulu prêter un peu d’attention au titre même de l’album : on vous le dit, c’est de la Soupe Larmoyante Pur Jus! Et tous les orpailleurs de soap-opera vous le diront, une fois qu’on a évacué les tonnes de déchet, on trouve parfois une pépite au fond du cribe.
En réalité, je ne voudrais pas non plus ternir l’image qu’ont de vous vos nombreux lecteurs (touchants hommâges de Sylvain), mais votre article donne une idée un peu fausse de ce disque. Je dirais fausse à 0.0017%. Ok, je pinaille, mais vous n’avez pas assez rendu l’impression de tournade qui se dégage des « machins » (chansons, morceaux, on est plus que jamais hésitant sur le choix des termes pour désigner les titres) de l’album. Ca, c’est nouveau. Et j’aurais tendance – c’est mon défaut, et en même temps ma signature – à louer Janet Weiss, batterie, pour ce renouveau. Quel bordel ! C’est rafraîchissant. Du coup, je me retrouve avec des albums de Sleater-Kinney sur la platine, pour vérifier cette théorie.
Allez, je me joints de bon coeur au concert de louanges qui a accompagné la mise en ligne de votre article, et vous prie d’accépter, cher Syd, mes hommages bémolés.

Commentaire par Requis, le Lundi 3 mars 2008 à 6:42

Bémolons, bémolons ! Je suis donc à 0,0017 % en désaccord avec vous : l’écriture est restée la même,je trouve. Pas plus de Torunade que d’habitude, pas plus que “Do not feed the oyster” par exemple. Ceci dit, le groupe joue et ca s’entend. Et pour l’arrivée de Miss Janet, je suis bien d’accord : ca fait du bien. En live, elle devrait nous mettre d’accord. Pas de louanges sur Gonzai, vous devez le savoir.

Commentaire par Syd Charlus, le Lundi 3 mars 2008 à 12:12

Je sais pas. J’aimais bien Pavement.
On oublies trop souvent Pavement…
Il parait que la mémoire est sélective. Machin Darwiniste.

Oui enfin d’un autre côté U2 est toujours vivant. J’emmerde Darwin, tiens.

Commentaire par Billy HP, le Lundi 3 mars 2008 à 23:20

Oui bien d’accord, on oublie Pavement alors que… à la réécoute, ils sont toujours parfaits.

Commentaire par Syd Charlus, le Lundi 3 mars 2008 à 0:06

Hé, les gars, le choc : remettre Watery Domestic sur la platine. Ca reste inouï, 72 ans plus tard. Quoi? Je serais en train de faire de la nostalgie mal placée? Bon, peut’être…

Commentaire par Requis, le Lundi 3 mars 2008 à 7:57

Réécouté hier soir sur vos conseils : effectivement c’est parfait. Quel consensus, quelle politesse ici alors que ça s’étripe dans les rubriques d’à côté. C’est sympa l’hospice tout de même…

Commentaire par Syd Charlus, le Lundi 3 mars 2008 à 15:38

Cet album est tout simplement gigantissime !
A la base je suis tres friand de rock psychedelique experimentale et avant gardiste tel que the 13th floor elevator, le collectif amon duul II ou plus classiquement l’ensemble des doors.
Stephen Malkmus a beau avoir un passé de rock indie cet album est reelment original , les melodies les rythmiques les solos progressent de façons adimirable.

Quand j’ecoute cette album je retrouve la fraicheur de certaine chansons pop un peu a la beatles avec gardenia mais aussi un melange entre mike oldfield ( pour la derivations des morceau) et de groupes plus psyché ( pour l’instrumentale).

Ca fesait vraiment longtemp que j’avais pas ecouté un si bon album !
Je le recommende vraiment.

Commentaire par Fry, le Lundi 3 mars 2008 à 23:35

L’hospice, cher Syd, j’en vois surtout les bons côtés depuis que j’y ai été admis. Faut dire qu’entre seniors, comme on dit, on est souvent d’accord. Fry, j’adore votre formulation, laissez-moi vous citer :”Stephen Malkmus a beau avoir un passé de rock indie …”. Etre vieux, c’est savoir pardonner, et on lui pardonne, bien sûr, ses incartades, échos lointains et sympathiques d’une jeunesse de punk rocker.
Etre né quelque part - et sous le mini-septennat Pompidou - ça permet d ‘hocher la tête d’un air entendu quand on mentionne Mike Oldfield, de marmonner un consensuel “mais tout à fait” quand les Doors re-rentrent par la fenêtre, enfin de se joindre au concert de louange et de dire aux lecteurs de Notre Temps qui se retrouvent sur Gonzaï pour papotter :”Allez-y, ce disque est vraiment génial”
Allez, je vous laisse, c’est l’heure de ma pilule.

Commentaire par Requis, le Lundi 3 mars 2008 à 2:55

Requis , pour simple informations j’ai 16ans, peut etre ( surment meme ) pas assez de recul sur cette musique mais je la trouve reelement formidable.
Je voulais aussi ajouté à Syd ( je l’avais oublié sur mon 1er commentaire) que je trouvais le debut de l’article vraiment acide ( pas d’autres mots ) et pouvait pentotiellement detourné certains auditeurs qui aurait aimé decouvrir ce nouvelle album ( un peu differant certe ) de sa discographie solo…

Sinon j’ai peu etre pas compris toute la subtilité et la volupté de votre langue chère Requis ce qui rend ( pour moi du moins ) votre commentaire legerement flou.

Ps : desolé pour mes fautes involontaires d’orthographe.

Commentaire par Fry, le Lundi 3 mars 2008 à 23:56

Hum! Fry, je viens de manquer m’étouffer! 16 ans, good grief! Hey, moi aussi j’adore Malkmus, j’en suis au point ou j’acheterais un best-of de ses meilleurs messages sur répondeurs! Si vous aimez la branche classic-rock, allez voir du coté de Crooked Rain, de pavement (d’ailleurs peut-etre que vous connaissez deja …)
C’est quoi votre titre préféré sur Real Emotional Trash? Moi, Wicked Wanda me travaille serieusement - et je suis quasi sur que c’est une reference au Wicked Annabella des Kinks.
Dites-moi ce que vous ecoutez en ce moment.
A bientot

Commentaire par requis, le Lundi 3 mars 2008 à 0:23

> fry, j’en conviens, le début de l’article est un peu raide. Péché d’orgueil du type qui veut créer son effet ? Pas impossible. Car c’est vrai ce Malkmus se défend haut la main. Le problème selon moi : il faut qu’il change quelque chose pour le prochain. ce disque est la conclusion de son trip solo “acid-rock-californie”.

> requis : je salue votre intuition, cette façon unique de sentir les choses derrière le pseudo. Sinon, Wicked wanda reste mon favori ainsi que Hopscotch willy. ET, je dois dire, que real emotional trash, ce riff de départ… hummm

Commentaire par Syd Charlus, le Lundi 3 mars 2008 à 13:57

Mes titres préféres sont : gardenia ( j’aime beaucoup le petit coté pop fruitée ), Dragonflypie et Baltimore ( qui sont un peu du meme genre assez progressif avec des solos un peu “acide” bien placés ), Hopscotch Willy ( le rythme me fait un peu penssé au doors sans l’orgue biensur… ) puis evidamment j’apprecie aussi enormement wicked wanda et elmo delmo ( surtout le debut de ce dernier ).
Actuellement j’ecoute vraiment beaucoup ce dernier album de stephen, l’album waiting for the sun des doors ( album plus romantique je trouve ) , un groupe d’electro noise ( on peut pas etre parfait ) et comme dit dans le 1er commentaires des groupes de rock psychedeliques…

Ca vous etonne tant que ça que quelqun de mon age ecoute ce genre de musique ?…

PS : quels ages avez vous pour comparaison ?

Commentaire par Fry, le Lundi 3 mars 2008 à 19:47

Oui,la comparaison avec les Doors et Hopscotch marche vraiment je trouve : pour ce rythme bizarre et chaloupé. Et pour l’âge, c’est marrant, je me posais la même question : Requis, quel âge avez-vous ? Au fait, Fry, avez-vous été voir du côté du groupe Spirit : psyche, californien, acoustique, souvent très classe.
Bon, assez de coquetterie stupide. J’ai 37 ans. C’est un rire que j’entends ?

Commentaire par Syd Charlus, le Lundi 3 mars 2008 à 18:05

[...] comme ses cadets de Wilco, joue 8 chansons des 10 du dernier album. On est en plein dans cet «album d’acid-rock vendu sur eBay». Je sais que mon double raffole de ces enfilades de parties, ces changements de tempo, comme sur [...]

Commentaire par STEPHEN MALKMUS ::: Comment Janet Weiss nous a réconciliés | Gonzaï, le Lundi 3 mars 2008 à 0:47

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