Steeple Remove sort son deuxième album en septembre chez Third Side Record. En tapant ces lettres sur google, vous trouverez certainement peu de résultats jusqu’à novembre 2008, date à laquelle un média grand tirage daignera titrer en 250 signes que le groupe de Rouen publie un album “excitant, frais, dans l’air du temps, bien que plus personne ne s’intéresse désormais au Krautrock”. Une chronique sûrement facile, survolant de très loin le meilleur groupe actuel en France. Un groupe qui a compris que rentrer dans des cases, des formats, ne pourrait plaire tout au plus qu’à quelques plumitifs de rédaction même pas capables d’imposer à leur rédacteur en chef une autre vision de la musique. Le krautrock, comme tout le monde l’aura compris, ce n’est pas aborder Tago Mago de Can sur tous les coins de table, apprendre l’allemand en quinze leçons. Le Kraut, un certain état d’esprit, finalement, que personne ne semble saisir au delà des références.
Et la “suite électrique” des rouennais, pour suivre cette logique de raisonnement, reste la meilleure réponse à tout ces emmerdeurs qui considèrent encore que passer la trentaine il faut se ranger et accorder ses guitares.
Electric suiteYellow loop siffle dans ma tête depuis près d’un mois, au réveil, le soir, la nuit, comme un millier de poids lourds me ravageant le cortex plein phare, perdu sur une autoroute du nord de la France, et je persiste à penser que Steeple Remove est la meilleure chose qui soit arriver au pays depuis plusieurs mois. Accessoirement, au moment de taper cette chronique, une vieille japonaise pratique le Thai-Chi sous mes yeux, sûre d’elle, de ses mouvements, des énergies invisibles et du monde qui l’entoure. Consciente que les esprits rôdent, dans cette France qui ignore tout de la sexualité, et qui se complaît ardemment dans quelques bannières GIF mal ficelées montrant la barbe de Sébastien Tellier en teaser pour l’insouciance FEAT Monoprix.
Oh bien sûr ils sont nombreux, même ici, à estimer que les productions sont rêches, le chant désuet, les influences trop marquées. Electric suite, sans vouloir les décevoir, est un sacré trip sous Peyotl, délaissant l’Allemagne pour l’Angleterre, plus proche au final d’une nôvo disco que d’un rock teuton. Les synthétiseurs, placés à l’arrière du coffre (Off the air) résonnent sur la highway, sans trop encombrer les passagers. Une musique que les plus de trente ans ne peuvent comprendre, pouvant tout au plus assimiler ce qui sort des enceintes à Ride, My bloody ou Jesus and the Mary. C’est un peu trop vite oublier que chaque groupe s’accapare sa propre génération (j’emmerde le monde, moi, sur le fait que Jesus and the Mary s’inspire du Velvet?????) et que l’Electric Suite qui parait le 15 septembre prochain aborde tous les styles, mange à tous les râteliers: Rock, soul, kraut, disco, electro.
Une lente descente aux enfers électriques, autant de psaumes à réciter et de pater à administrer pour convertir les non-croyants. La vieille bridée jongle maintenant, avec ses boules rouges et molles, et d’une main s’il vous plait. Un enfant la regarde, incrédule, se demandant sûrement comment un adulte peut encore jouer avec des babioles sans intérêts. Electric suite, par bien des points, me procure le même vertige. Etre confronté à un objet d’art, ne pas en posséder les clefs, mais se prosterner tout de même.
Jeunesse problématique, l’un des derniers titres, règle définitivement l’addition. Liquide, je suis liquide Les nappes se superposent, faussement crades, subterfuge pour tout ceux qui croient encore que Steeple Remove est un groupe urbain qui n’aime que se droguer. Je crois sincèrement que ces cinq types cherchent la pureté sous la terre, et que les résonances n’ont pour seul but que de la retourner, chercher encore, jusqu’à trouver cette parcelle de lumière. Une suite electrique, comme l’ultime secousse avant la fin.
Steeple Remove // Electric Suite // Third Side
www.myspace.com/steepleremove
4 commentaires
Laurent Fétis c’est le mec que j’ai vu jouer dans le film désopilant de Yann Gonzales dimanche soir aux Buttes Chaumont ???
Leur dernier album radio silence est pour moi l’un des meilleurs album francais des dix derniere années, le coté lenoir je vois pas du tout, on parle beaucoup de Shoesgazing pour Steeple alors que je pense que ce groupe est plus proche de Neu ou de Loop, j’apprecie beaucoup leur dernier album et pense l’apprécié de plus en plus
J’aime aussi beaucoup leur pochettes accessoirements,




PLAY BLESSURES
bah j’avais acheté leur 1er disque avec du VRAI ARGENT..
et j’étais déçus..
trop connoté indé-noisy-Bernard-Lenoir-trentenaire-tout-triste..
en fait ce qui me génais c’était la voix du chanteur et le fait que je comprenais RIEN a ce qu’il disait ,sorte de moitié Français/Anglais ,le retour du fameux yaourt yéyé -60’s ?..
Krautrock ?..
humm..à voir sur leur prochain disque que ne n’achéterais pas donc..
ou je l’écouterais avant..
belle artwork de Laurent Fétis cela dit..