SON OF DAVE Des costumes de soie, les cheveux gominés, des guitares lustrées. Les grands bluesmen étaient en fait des hommes urbains, des pionniers de l’électricité. Juste des hommes alliant la mystique des campagnes avec l’électricité des industries. C’est ce que nous apprend l’histoire de John Lee Hooker. Et cette marque restera dans la terre aussi longtemps que les hommes voudront croire à l’évolution et l’humanisme.
Voilà pourquoi on ne peut parler d’autre chose. Que Son Of Dave, cet anglais blanc du XXIème siècle est incontournable. Car certains hommes sont des catalyseurs; ils sont capables d’absorber toute la sève d’une époque, d’un peuple, d’une situation qui leur est pourtant bien étrangère. Son Of Dave, un caucasien donc, qui a vampirisé toute la culture noire depuis la fin du XIXième siècle, qui l’a transporté à notre époque. Et le tout complètement seul.
A ECOUTER: Crossroad blues SON OF DAVE - Crossroad blues.mp3
On a affaire à un homme orchestre, le chevalier sans la monture. Il faudrait que je dise a son propos le mot tant redouté: fusion. Fusion des éléments, des beats hip hop, du phrasé quasi crooner, des harmonicas bayous. Pas seulement de la musique, car son pouvoir est tellement minimalisé par les salauds. Non, un baume à l’ âme, un élément qui appuie sur la trajectoire filante qu’est la vie. La musique peut nous rendre important, nous rendre divin… Elle est surtout profondément humaine: car seul l’homme est capable de créer quelque chose d’aussi beau.
Et il y a bien entendu ce costume, alibi de la posture. Un costume de fourreur, un gris, avec ce chapeau que seuls portent les bourgeois de la campagne. Un costume qui mélange l’électricité et la ruralité.
L’habit de l’homme médecin… Celui qui guérit par la parole.




ETRE DIEU