A ECOUTER: Candy Loving Candyloving.mp3
Une introduction en forme de naissance, Dr Frankenstein, des jouets et tout un monde qui se met en place. Ce sont les petits soldats qui remontent leurs mécanismes, ouvrant leurs yeux de bois sur un monde électrique… La naissance d’une musique improbable.
De tous ces groupes américains entendus ces derniers temps, SSM est vraiment le plus déroutant. Il ne s’agit en aucun cas de la recherche de quelconques racines comme il est d’usage depuis l’avènement de Jack White. Ce qui est remarquable dans cet orchestre rock, c’est la forme de leur détachement, la détente contenue dans le coup de médiator. On peut même s’étonner du premier nom qui nous vient à l’écoute de l’album : Blur.
Pourquoi ? Parce que cette voix est tellement proche de celle de Damon Albarn. Mais la Brit Pop était-elle vraiment un courant musical ? Car après tout, il s’agit plus du réflexe anglais que d’autre chose. Donnez des baguettes à un anglais et il vous jouera automatiquement un blues ternaire, une guitare, ce sera une structure pop en 4 accords. Quand ce sont des américains qui s’attaquent à tout cet establishment culturel, ils ne peuvent s’empêcher de doubler le tempo et d’y faire des solos d’orgue rigolos.
Le détachement, donc. Etre à l’aise avec la musique, bien plus que n’importe qui. SSM relâche ses accords, part à la conquête des envies de l’auditeur. Ce n’est pas uniquement faire plaisir, c’est également mener l’assaut. Car si la pochette laisse penser que l’on a affaire à un groupe de Trash (genre Slayer), les sonorités de l’album sont, elles, carrément amusantes. Fuzz bubblegum ? Nouveau label qualité tamponnée frénétiquement par des rock-critics en mal de formule ? On parlerait de clavier-basse joué à grand coups de pédales Wah-Wah, des overdubs de guitares sourdes… La Californie envahie par une armée de Muppets psychédéliques. Kermit les yeux multicolores dansant le twist avec l’icône jaune de Mr Oizo; le tout dans un manège enchanté ayant dépassé mach 3.
Et ces solos de guitares improbables, appuyés par des claviers aux sonorités d’arc-en-ciel, de ceux qu’aurait pu sortir Syd Barret si le LSD n’avait pas assombri son humeur. “Little girls wants candy, little boys want candy loving”. Des cathédrales de sons qui font la course, qui cherchent à se dépasser, à être le plus élevé possible. Un oeil bienveillant sur l’holocauste des lapins roses, leurs sangs se transformant en barbapapa dont se nourriraient des têtards mauves. SSM est d’un psychédélisme moderne, celui qui réconcilie les drogues chimiques et naturelles, l’éléctrophage et le blueseux.
SSM // SSM // Alive records
http://www.myspace.com/szymanskishettlermorris




ETRE DIEU