A la question «Un dictateur peut-il reprendre le pouvoir après dix ans d’exil ?», Billy Corgan semble répondre par la positive. Une réponse en forme de gargantuesques «riffs-dans-ta-gueule» qui déconcertera les touristes, séduira les adeptes, ébranlera le chaland folkeux de l’an 2007 qui refuse les décibels. Mais une réponse tout de même, qui prend avec Zeitgeist l’allure d’un putsch, bien plus que d’un référendum. Une habitude de longue date.
Un suffrage minimum imposé par un Corgan plus métal que jamais. Les guitares grincent en aigüe, impression frissonnante qui ramène à la belle époque (Gish), celle des lames de verre sur la bande magnétique, celle du consensus minimal avec orchestrations encore plus limitées que la chevelure de Billy.
Autant conseiller aux amoureux de Mellon Collie and the Infinite Sadness d’aller se tirer une balle direct dans la cuvette.
“Neverlost” susurre Corgan sur l’une des -rares- plages calmes de ce sixième disque tourmenté, et c’est un puissant aveu d’impuissance. «Ok, nous avons touché les cimes, puis connu le désert, alors à quoi bon chercher à revoir le ciel ?» semble clamer le leader maximo des Smashing. Des orages noirs surgit un United States juste martial. Martial. Neuf minutes enregistrées en une one-take avec un Chamberlain chamboulé qui cogne ses futs comme d’autres les meubles, les femmes et les murs (pas forcément dans cet ordre). Rage et désespoir au fond du couloir.
Zeitgeist n’est pas un bon album, Zeigeist est tout simplement un PUTAIN de disque qui devrait se distribuer avec la trousse et les cahiers à spirales dans les écoles stoners qui jonchent nos contrées. Corgan parvient à lui tout seul (on a oublié de vous dire, dans la précipitation, que James Iha et D’arcy ne sont plus là, but who cares ?) à redonner au rock américain un peu de sa superbe. Comme si le cuir avait retrouvé un peu de sa brillance malgré les années qui ont rendu vieux (Bleeding the orchid, indépassable).
Bring the light s’écoute d’un trait, avec, comme pour tous les autres titres, le parti-pris guitare-batterie qui ronge la mélodie jusqu’à l’os. Et reintroduit le solo comme élément de base de la jouissance. Libérateur.
Des nuées de journalistes scribouillards vous parleront de l’engagement politique de Zeigeist, des attaques contre l’Amérique, du retour de Corgan, de l’absence des musiciens d’origine. Blah blah. Zeitgeist est un disque de chevet pour le rocker qui baise sa –ou ses-compagnes hirsutes.
Smashing Pumpkins // Zeigeist // Warner
http://www.myspace.com/smashingpumpkins
7 commentaires
Peut-être Sylvain, mais l’important n’est-il pas ressentir, même juste une fois?
Si, si, si. Tiens, là je suis à Cannes et pour le festival d’art pyrotechnique les espagnols ont offert une chouette entrée en matière car ils ont fait péter leur pétards au son de “Tonight, Tonight”, carrément ! Mais ils se sont pas arrêtés en si bon chemin, ils ont enchainé avec “Just like you imagined”(Nine inch Nails), “Nothing else matters”, carrément, du Metallica ! et on finit le tout avec “Baba O’ Reilly” des Who pour le bouquet final. Je te laisse imaginer ça.
Sylvain, critique d’art pyrotechnique à ses heures
Assez d’accord avec sylvain, cet album est… une merde. En tout cas très décevant pour un retour.
Ca respire le commercial à plein nez.
Après, j’attends de voir en concert (le 7 septembre à Toronto), mais ça ne donne pas véritablement envie d’y aller justement.
La voix n’est pas à la hauteur, les riffs de gratte manquent d’originalité et la batterie est régulièrement blaffarde, pour ne pas dire pénible… Mais tout cela est définitivement subjectif.
Dans une semaine à St Malo, France. Je vous tiens au courant, savoir si je me suis totalement planté sur le contenu de cet album.
Tout à l’heure je suis tombé sur “Everlasting Gaze”… en écoutant Le Mouv’ en voiture… et wouah ça m’a mis une claque… même en 2000 les Pumpkins pondaient encore de très bonne chose, il faut réécouter Machina, y’a à manger (pour ta subjectivité) là-dedans? Bref, je pensais pas deviser Citrouille sur Gonzaï mais voilà, c’est fait ! Bester, tu te fais la Sainte Malo ?
Pensais pas que cette chronique susciterait tant d’ébats…
Oui Sylvain, je suis à la RDR… Ce sont un peu mes “Mint 400″ à moi…




ETRE DIEU
Putain, je n’aime pas cet album (moi qui aime les Pumpkins de Gish à Machina en passant par Adore, les Pumpkins hein) mais bon je lis là qu’il te permet de bien laisser partir tes tripes en vrille donc euh cool, c’est déjà ça, mais t’es sûr que c’est juste du au disque et pas à une maladive poussée de fièvre liée à ton organisme délirant par lui-même ???