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THE FACES Mods et travaux

"Et toi, tu écoutes quoi en ce moment ?" "Beethoven, les sonates…et les Faces." Le mot est de notre confrère et ami Syd Charlus. Et il aura suffi d’une demi-seconde (...) suite

“Et toi, tu écoutes quoi en ce moment ?”
“Beethoven, les sonates…et les Faces.”

Le mot est de notre confrère et ami Syd Charlus.

Et il aura suffi d’une demi-seconde pour que je le voie. Lui, sa coupe de cheveux piquée à Keith Richards - à moins qu’il ne s’agisse du contraire -, sa veste en velours cintrée et son air ahuri. Lui c’est Rod Stewart, et la photo c’est Rock’n’Folk qui la publie. Je ne sais plus à quelle occasion. C’était il y a trois ans, peut-être quatre, et cet instant compte parmi l’une de mes « première fois » : je comprenais enfin le style des punks que j’adorais tant.

Rod StewartCe moment d’éternité, la page de mon magazine préféré qui se tourne sur le passé et m’ouvre les portes vers le futur, est bien sûr rendu en noir et blanc. Comme s’il s’agissait déjà d’un vieux souvenir. Un moment d’allégresse trop vite oublié mais qu’une odeur ou une vision furtive peuvent raviver à la manière d’une remontée d’acide. Ce souvenir c’est celui des années qui suivent 1969 et le festival d’Altamont, ou la fin de l’utopie sixties. C’est aussi celui de cinq lads de Londres. Compagnons de bitures et, accessoirement, anciens combattants au côté de la fine fleur du rock britannique (Jeff Beck Group pour Rod et Ron ; Small Faces pour les autres), Faces est un groupe on ne peut plus ancré dans les années 70. Il incarne la fin du rêve : des mods devenus alcooliques et qui fument du tabac à rouler. Ne marchant plus qu’à la Guinness ou au Scotch, on parle, non sans un certain dédain, de Pub-Rock.

Pour nous, c’est aller un peu vite en besogne. Et à l’écoute de quelques titres de ces cinq gais-lurons, bizarrement plus personne ne l’ouvre. La Guinness se fait aérienne, on apprécie chaque gorgée. C’est que Rod Stewart sait y faire. De la coupe de cheveux jusqu’à sa façon de chanter, tout y est. La forme et le fond. Et c’est sans parler du costume…
On reconnaît aussi un certain sens de l’humour et de la dérision à l’anglaise, tout à fait conscients de ce qu’ils sont et ce qu’ils furent. Peut-être pas de ce qu’ils vont devenir : des rockers pour stades en délire.

C’est d’ailleurs quelques années plus tard (c’est-à-dire la semaine dernière) et dans le même journal (qui est resté mon préféré, malgré tout) que j’apprends la reformation des Faces moins Ronnie Lane, mort au front. Ca se passera peut-être dans un stade, la bière ne coulera peut-être pas à flot et Rod Stewart aura peut-être passé son week-end dans une salle de sport ou une cabine à UV. Peut-être même qu’il aura fait les deux.

Ca ne m’empêchera pas de l’admirer en 1971 chantant un des ses plus grands titres, en se disant que Mick Jagger n’était finalement qu’un petit bourgeois.

3 commentaires

Yeaahhhh ! Mascarpone, je lève ma pinte, haut, très haut, pour ce papier et son auteur.

Commentaire par Syd charlus, le Lundi 1 septembre 2008 à 10:20

Et bien voilà. Federico, vous venez d’achever le travail effectivement amorcé par Sir Charlus dans nos échanges des semaines passées.
Moi qui abhorre le pub rock et n’apprécie guère les Mods, je vais de ce pas aller m’écouter des Faces.
Vous pouvez être fier(s) de vous…

Commentaire par Hilaire Picault, le Lundi 1 septembre 2008 à 12:11

Session Pub Rock pour la rentrée. Tenir le monde sur les mêmes accords.

Je dirais “Shake Some Action” pour le transatlantique.

Commentaire par Little Johnny Jet, le Lundi 1 septembre 2008 à 12:11

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