Si comme moi vous répondez à la question « êtes vous prêt à prendre dix kilos avant l’été en écoutant du tropicalisme urbain style MGMT/Santogold, les deux pieds rivés dans une paire de tongues trop altermondialistes pour être éthiques » par une grosse sueur froide bien perlée, c’est que vous êtes ici à votre place, et que nous pouvons parler sérieusement de musique.
Accessoirement vous ne partirez pas en vacance à la plage cet été, vous garderez le teint livide de ces gens qui bronzent à l’intérieur et qui évitent de se faire dicter la date parfaite pour prendre des RTT au même endroit que tous les autres salariés coincés dans leurs slips à bretelles. Fashion sucks anyway. Prendre des vacances…
Siohen, credit Alex Salinas
Peut-être au Touquet, limite, pour écouter les pianistes de jazz dériver sur quelques mélodies pas compliquées par un type inconnu que vous oublierez aussi vite que la brune assise à coté de vous. Prenez l’exemple de Frederik Sioen, un belge anglophile que rien ne prédestinerez à devenir connu : Nom d’album insipide, pochette morbide flirtant entre la cryptologie pour les nuls et , parti-pris piano wonderbra pour rehausser les niveaux.
Le seul problème avec A potion, c’est que les compositions sont bonnes, souvent excellentes, et que je suis bien obligé de me cogner la tête contre le placo après avoir écrit qu’A potion fonctionne sans honte sur l’addition Ghinzu/Randy Newman/Keith Jarrett /Stephen Stills. Ce qui concrètement se traduit par des contes pour adultes bastonnées en voix susurrées sur piano blanc à reverb’ ayant trop pris le soleil du coté du Koln Concert de Jarrett.
2008. Toujours l’éternel débat sur le «monde de la musique qui va mal et même qu’avec un album (le troisième, NDR) aussi intègre, impossible d’en vendre des millions». Un régression de plus et la tentation d’un monde où le public baisse les bras. Ou les lèvent sporadiquement en clap your hand sur des navets flottants. Sioen, les bras, il les garde bien droit et compose des versions acoustiques de hits qu’il n’a pas encore écrit. Noboy for your love, quatrième piste, fait oublier toutes les erreurs du plat pays (la pédophilie, An Pierle, les chansons touche-mi touche-moi vendues à 15 ex. sur Itunes).
Le minimalisme réduit-il le propos, un artiste inconnu au nom imprononçable peut-il réussir sur le créneau de «j’ai un meilleur nom de groupe que le tien» ? Aucune réponse ne satisfait mon égo. Une promesse peut-être, en guise de calment : A potion, avec son piano/batterie/voix furax qui relève l’espoir au dessus du sous-vêtement.
http://www.myspace.com/sioentheband
Sioen // A potion // Universal




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