Boy, do I hate being right all the time? - Dr. Malcolm
Wikipedia est une initiative fascinante, un monde fractal d’approximatif partisan et d’inutile consciencieux, l’inépuisable terrain de jeu de mes nuits. Je me souviens il y a un bon moment être tombé en admiration devant un article à l’encyclopédisme le plus authentique — celui d’un Didrot la bite à la main convaincu de l’avoir bien baisée, cette salope de connaissance — qu’un amateur de rock progressif et de heavy metal avait entrepris de remplir des références de tous les titres de musique excédant les 15 minutes. En sortant de la projection d’Heima j’ai cherché la page sur les publicités les plus longues et ai été très déçu de ne rien trouver.
J’étais pourtant bien décidé à niquer les pubs Gaz de France et le film d’Al Gore avec ma nouvelle entrée. Pensez-donc, une heure et trente-sept minutes ; c’est ce que détaillait, visiblement très content de lui, le speaker avant la séance. Une heure et trente-sept minutes, quand bien même je suis sorti au bout de deux heures et demie et que la fin était encore loin. La distorsion du temps, voilà l’avenir des records Wikipedia.
Tout ça n’avait pourtant pas commencé particulièrement mal, seulement dans un confortable inintérêt : Une salle de cinéma pas trop grande aux fauteuils profonds, trois raccourcis de titres joués en acoustique par un groupe qui aurait visiblement préféré aller se coucher avec une tisane, une petite attente le temps de papoter et le début du film.
Quelques plans mignons, une jolie fille qui encre à la pipette la liste des concerts de la tournée islandaise dont il sera question, un gentil garçon qui sérigraphie de ses petites mains potelées (et sans calage) un t-shirt un peu crado qui vaudra 35 euros, et puis le groupe qui explique, l’oeil humide, avec des mots simples et un trémolo dans la voix à quel point il fallait faire quelque chose pour ces pauvres Islandais pour qui de moins en moins de groupes internationaux viennent jouer. Ils portent des vieux sweats élimés ou un pull, filmés un à un ils font tous dos à une fenêtre. Heima c’est le film d’une tournée de concerts gratuits et non-annoncés en extérieur donnés par Sigur Rós dans des endroits reculés d’Islande.
Mais Heima c’est aussi et surtout une inqualifiable merde. Une sorte de worst-of des concerts à emporter “plein de sentiments vrais” de la Blogothèque et des photos de promo “prenons notre petit déjeuner comme si de rien n’était dans une maisonnette de Williamsburg” de Grizzly Bear. Un collage hasardeux de clips promotionnels à tel point racoleurs qu’on croirait presque, à chaque seconde du film, pouvoir lire défiler en bas de l’écran :
“Regardez-bien le détail de ce film intégralement tourné en HD, admirez la maille sur le drap / Sens la tragédie de l’hydrographie face à cette eau qui coule à l’envers / Vois comme je suis artiste à filmer des cailloux en gros plan et d’enchaîner avec une série de cut-ups sur la route filmée depuis tour-bus/ Rends-toi compte de tous les bons sentiments qui habitent ces musiciens qui te parlent des choses vraies de leur vie [faire des concerts sans être payés, le doute quand à l'affluence aux concerts en plein air, oublier de se laver les cheveux] / Vois comme c’est vrai vu que leurs potes disent la même chose qu’eux / Regarde la pureté sur le visage en gros plan de ces enfants blonds / Sens l’émotion de cette vieille dame aux yeux humides dans une petite maison pleine de napperons face au groupe jouant les yeux fermés / Ressens la force de la nature vraie des fjords / Vois à quelle point le groupe qui a joué devant toi est authentique, remarque que les instruments sur ce plan-séquence de pseudo-jam sont identiques à ceux utilisés devant toi il y a quelques minutes, vois-les bien, regarde le gros plan sur le bois craquelé / Sois pénétré par l’émotion de ce moment unique / etc.”
Je me suis barré sur une scène de grotte façon son et lumières où le groupe exprimait sa musique dans la forme la plus brute, authentique imaginable en jouant sur des xylophones en schistes éclairés d’en dessous en rouge pâle et jaune-orangé. Trop. En sortant de la salle j’ai pu, et c’est chose rare, définir mon désir le plus authentique à ce moment précis : Être El Machete, faire de la moto dans le désert, tuer des vaches, écouter We Are The Roadcrew et baiser la motarde nudiste de Vanishing Point.
Sigur Ros // Heima // Sortie DVD le 5 novembre
www.myspace.com/sigurros
8 commentaires
Ce groupe est tres bien, ce film aussi, le concept de ne pas oublier les pays reculés aussi… la prochaine fois on leur donnera les moyens ils feront des concerts payant ou yaura des stands partout qui nous vendront des accessoires pour etre dans la parfaites panoplie de gens d’europe centrale!!! N’oublions pas qu’ils nont pas du tout les memes moeurs, la meme facon de vivre… Ne crtiquons pas quand nous critiquons par la comparaison a notre mode de vie!!! Je les ai trouvé tres vrai et ai pu decouvrir un groupe qui nous fait un peu oublier ce ramassi de merde qu’on l’on essai de nous faire ecouter et en plus en nous inculcant ce faux desir de PostPunkPop underground hype kom g pu le voir sur cette fanzine!!!
mais il fallait bien que quelqu’un le critique… il faut de tout pour faire un monde…
Apres ce n’est que mon humble avis, celui de chacun est acceptable…
Disons que regarder entre mec un samedi soir cela devient forcément risible.
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Les plans enchainés donnent l’impression d’une magnifique pub pour EDF, E=moins de Co2
enfin une personne qui n’apprécie pas la beauté de la musique et la magie des images de ce film…(que cela laisse assez indifférent, à la rigueur…)
enfin une âme en peine avec elle-même qui doit s’abreuver de tubes bien vulgos…à moins qu’être ému ta répugne peut-être, ta dérange même, quelle tristesse…
Ta gueule.
Que dire de cette critique sur Heima?Je ne sais pas vraiment par ou commencer.Je pourrais juste laisser une liste d’insultes destinées à son auteur ou le meme commentaires que Boris qui résume bien tout ce qu’il y a à dire.Mais je rajouterai juste que si tu n’es pas capable d’apprécier des choses aussi simples et vraies que les images de ce groupe si merveilleux et si rare,oublie le vite et arretes stp d’en écouter le moindre morceau qui a mon sens ne sont pas destinés à des genrs de ta mentalité.Peut-être as tu eu la chance d’être invité à la projection d’heima, dans ce cas merci de n’être pas resté jusqu’au bout de d’avoir fait profité de ta non présence a ce spectacle.Je suis curieux de savoir quel dvd tu as apprécié dernièrement,peut-être le dvd de m.pokora, mais stp dis le nous vite,nous nous ferons un plaisir a le critiquer de la meme manière que tu le fais.En tout cas merci à “celui parmi trop” à lafko qui écrit d’une belle manière et à Boris.Quand à Sylvain,si une critique comme celle ci as réussi a te faire changer d’avis sur Sigur ros,oublies le groupe aussi stp et revends ton cd a qq’un de plus méritant.
I-duke, ta gueule.
Ceci étant, pour te répondre rapidement, mon dernier coup de coeur “DVD” était je pense ‘Sombre’ de Grandrieux, tu vas pouvoir te faire plaisir pour la critique, Télérama a adoré.
Du reste, sors la tête et les oreilles de ton cul, pose-toi des questions sur ce qu’on te donne à bouffer et écoute de la musique.
C’est tout pour ce samedi soir à la maison,
je t’embrasse (mais ta gueule, quand même).
Ah alors si télérama a adoré,je m’incline….Nan mais en fait,je regarderais ton dvd, je vais peutetre l’apprécier ou le detester mais je ne t’en ferais pas part car vu la qualité de tes réponses à nos commentaires,je pense que tu dois etre assez “limité” pour ne répondre que par des “ta gueule” ou par des phrases dont j’essai tjrs de comprendre le sens.Je te laisse alors dire ce que tu veux de qui tu veux.Continue dans la vulguarité,je pense que tu es dans la bonne voie pour communiquer.Bye




ETRE DIEU
Ah ouais, c’est méga cliché ce DVD on dirait ! Dommage Sigur Ros a quand même sorti un disque, (), et ça fait partie des plus belles choses que j’ai jamais écoutées, vraiment.