L’autre fois je me remémorais les bons souvenirs, toutes ces soirées passées devant la TV hertzienne, et toutes ces idoles tombées pour la France (avant que l’autre pédé de Daho n’en fasse un hymne) en zieutant un best-of de Studio Gabriel compilé sur mon magnétoscope VHS.
J’emmerde la modernité, je crache sur la TV numérique et sur tous les groupes que me ramène mon fils Brandon. Bref, je m’égare.
Cash converterJ’égrenais les pages de nos vies, de ces Hommes partis trop tôt (Mourousi, Carlos, Brian Jones, Pascal Sevran, Nico) lorsque soudain j’eus un flash. BAM! Michel Sardou, idôle rebelle nationaliste incontestée, passait dans la petite lucarne, fidèle à lui-même: stoïque, massif, chantant Le temps des colonies comme d’autres des comptines en allemand avant les années cinquante. C’était beau, puissant; c’était la France.
Soudain, en recoupant mes souvenirs avec la fumée de la Gitane sans filtre (le médecin dit que c’est plus bon à mon âge, mais quoi? Guy-Michel écouterait l’avis des docteurs? Conneries!), j’eus une vision aussi claire que le jour où je vis ma future femme Angela au troisième rang de mon concert à Maubeuge: MICHEL SARDOU ETAIT-IL LE FILS CACHÉ DE JOHNNY CASH? La question méritait d’être posée.
Je vous vois déjà rigoler derrière vos écrans plats achetés à crédit chez Auchan. Mais regardez bien les photos, la posture, le cheveu blanc qui marque les fissures du temps qui passe, cette lumière dans le regard… OUI, ce sont bien les mêmes.
Sardou, de plus en plus CashPuis il y a les connexions, les parallèles, l’influence des femmes dans leurs vies respectives (June Carter pour Cash, Jackie Sardou pour Michel), l’amour des lunettes noires, et les traversées du désert, qui respectivement les éloignent trop longtemps du devant de scène. Et puis cette chanson de Sardou, Les Ricains (« Vous seriez tous en Germanie /À parler de je ne sais quoi/À saluer je ne sais qui ») qui achève de ma convaincre: Michel est bien notre Cash patriotique, le dernier monolithe
Le rêve américain, justement, Sardou l’aura en tête bien longtemps, avant de revenir à ses origines et son pays. Cash mort, reste Sardou. Depuis mon Enghien-les-Bains, je regarde la pluie qui tombe, et notre Johnny Cash national exprimant en direct ses positions, alors que Ring of fire crache trop fort dans mon enceinte Revox d’époque.
“J’ai shooté un mec à Reno juste pour le voir creuver”, j’crois qu’on en a jamais été aussi prêt.
5 commentaires
Oh la bonne idee Mr Aa mais il faudrait filmer leur tête en même temps qu’ils entrent en studio pour ce projet je ne veux rien râter !
Oui, enfin vous allez un peu vite : Johnny Cash n’avait pas raté son lifting.
oui, certes, mais il n’est pas non plus allé au bout du bout de l’abandon christique, le JC : “I killed a man in a bal populaire just to watch him die”, ça c’est du Michel quand même …




ETRE DIEU
Enfin un peu de lucidité dans un monde de myopes… ne reste plus qu’à sortir une compilation d’artistes reprenant JC, euh, MS, pardon - je vois bien la fine fleur de nos rockers à textes se lancer dans “cette aventureu humaineu pleineu de poésie”(les sieurs Ané, Cali-méro, ou Miossec, ça permettrait déjà de les envoyer sur le France ou dans le Connemara…