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RUBIN STEINER Weird hits, two covers & a love song

En relisant ces lignes, je me dis que j'aurais pu débuter cette chronique sur un paragraphe tout à fait classique. Parler d'un troisième album enregistré avec des musiciens (...) suite

En relisant ces lignes, je me dis que j’aurais pu débuter cette chronique sur un paragraphe tout à fait classique. Parler d’un troisième album enregistré avec des musiciens synthétiques, un auteur au top de sa forme et une pochette évoquant sans honte le Velvet et les designers suisses. Je me dis que j’aurai du parler de l’importance de la scène française et du rock de province, du clubbing intercontinental et des boites à partouze perdues au milieu des champs. JE ME DIT QUE J’AURAIS DU FAIRE UN CHOIX. Choisir mon camp, entre le rock et l’électro. Le riff ou le beat, pour le même prix, sur des code-barre bien à part.

En relisant le deuxième paragraphe, je me dis que j’aurai du écrire des choses très précises et globales, brandir des comparatifs mile fois usités pour susciter le désir… Mais non. Impossible. A cela, deux problèmes. Déjà la bio, manquante, et une molle rébellion contre le système m’empêchant d’aller glaner les détails futiles (producteur, lieu d’enregistrement, «et pourquoi ce choix de titre d’album?») qui rempliront très rapidement les colonnes de mes confrères de la blogosphère..

Et puis faut surtout dire que Rubin Steiner, comme, ça, vu de l’extérieur, ça m’évoquait plus le nom d’un prof’ d’Allemand du lycée. Le genre un peu austère la cinquantaine dégarnie, calvitie masquée par de légères touffes de cheveux à peine plus courageux que les autres. Mais je m’égare. De Rubin Steiner, le musicien, je conservais seulement le souvenir d’une électro dansante et remplie de couleurs. Une musique que les Inrocks semblaient aimer à l’époque. Pas vraiment de quoi me maintenir en vie plus de trente secondes donc.

A moitié compressé entre un hublot de deuxième classe et mon voisin à moitié gros, je me demande encore comment débuter cette chronique. Comment parvenir à taper sur mon écran l’émotion que suscitait en moi cette chanson, Can you, parfaite réponse du berger à la bergère, réplique moderne aux Loueries du Velvet premier âge, Une chanson qui venait en cinquième position sur un album que même Itunes échouait à catégoriser clairement («Undefined», comme un acte d’échec) et qui mouillait salement mon pantalon. Allègrement. Une poignée d’instrumentales plus tard (For Sloy, 1974, Hope to see you at total heaven), je me décidais enfin à monter le son de mes écouteurs pour emmerder mon semi-gros voisin de voyage.

Ah pardon, vous vouliez dormir? 
blah blah respect…. blah blah intolérable… blah blah sommeil….
Vous connaissez pas Rubin Steiner? Mais comment ca vous avez pas pris allemand au lycée?

La vérité c’est que cet album porte parfaitement son nom, et qu’à force de balancer l’auditeur entre rock et electro, entre clous et barbelés, je ne sais plus vraiment sur quel pied danser. Je passe de Ghinzu à Two Many Dj’s en passant par… A travers la vitre il fait toujours noir et mon voisin est toujours à demi-gros. Moi au trois-quart compressé, me prenant soudain d’une violente passion pour une blonde underage assise trois rangs plus haut, belle dans son embonpoint, les cheveux décolorés tombant majestueusement sur son goitre.

Weird hits, two covers & a love song, de Rubin Steiner, rempit toutes ses objectifs: Colorier le réel, rendre les moches presque pénétrables et redonner envie d’écouter du rock au casque, en sortant de discothèque. Accessoirement il permet de faire chier ses voisins.

Et rien que pour ca…. Merci Rubin.

RUBIN STEINER // Weird hits, two covers & a love song // Platinum

http://www.myspace.com/rubinsteiner

Un commentaire

Bonjour,

Une autre chronique de cet excellent album ici :

http://www.desoreillesdansbabylone.com/2008/04/rubin-steiner-weirds-hits-two-covers.html

Musicalement,

Ju

Commentaire par Ju, le Lundi 17 mars 2008 à 9:38

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