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ROXY MUSIC The thrill of it all

Packaging raté, notes de pochette minimalistes, tracklisting illisible. Nous sommes bien face à un objet culte. Plus de trente ans après sa première vraie séparation, Roxy Music continue d’intriguer, (...) suite

Packaging raté, notes de pochette minimalistes, tracklisting illisible. Nous sommes bien face à un objet culte.

Plus de trente ans après sa première vraie séparation, Roxy Music continue d’intriguer, de se faire citer en référence dans des bios de groupes contemporains (Goldfrapp) et attise ma théorie selon laquelle ce sont toujours les deux premier albums d’un groupe qui comptent le plus dans le mythe fondateur. Celui qui vous fera crier à trois heures du matin, l’air aviné, que Bryan Ferry est le plus grand chanteur black de tous les temps, et que Roxy Music sans Brian Eno c’est un poumon sous respirateur artificiel.

I´ll use you // And i´ll confuse you //And the i´ll lose you// Still you wont suspect me. Ladytron, BBC Television 1972

Les paroles de la plus grande chanson de Roxy Music sonnent comme un espoir de lyrisme d’avant-garde. Ladytron, c’est le début du mythe fondateur, le temps des débuts. Un premier album éponyme qui voit Ferry, Manzanera et sa bande s’adjoindre les services d’un homme de l’ombre dont personne à l’époque ne comprend le rôle. Un Brian Eno aux ailes de papillon qu’on voit ici tripoter ses boutons, dérégler les presets on stage. C’est la beauté d’un homme (Bryan Ferry) fils d’ouvrir qui revait de vestes léopards. Un chanteur recalé dans un premier temps dans la formation de Robert Fripp (King Crimson) qui devra rencontrer les freaks que sont Manzanera et Andy Mackay pour mettre le grand œuvre sur pied.

Un premier album monolithe parce que sexuel, sexuel parce que monolithe.

You´re rubbing shoulders//With the stars at night//Shining so bright//Getting older//But you´ll wake up soon. For your pleasure, BBC Television 1972

Le second album, le dernier avec Eno, signe déjà l’arrêt de mort de Ferry. Eno se barre sortir son premier album dont on connaît le succès (Here come the warm jets). Reste quelques perles de cette folie créatrice, de For your pleasure à Do the strand. Dont la qualité d’image est saisissante, l’esthétique du groupe irréprochable, le regard de Ferry…… illuminé.

C’est l’une des dernières fois où l’on pourra admirer Eno aux synthés. Viennent la leçon de maitre donnée sur In every dream home a heartache et une poignée de chansons qui tiennent encore la route… Mais plus jamais Roxy Music ne brillera comme à ses débuts. Lutte d’égos, divergences sur l’avenir du groupe, les ambitions de Ferry (imposer ses délires de crooner blanc) se cassent la gueule et Eno est déjà retourné à ses délires minimalistes ambient plus proches de Steve Reich que de Wilson Pickett.

Ce DVD, qui parcourt l’ensemble de la carrière de Roxy, est tout simplement indispensable. J’assiste en direct différé à la naissance du culte et la fin d’un mythe, jusqu’au versions ratées d’Amazona et de cette affreuse chanson qu’est More than this. Une version de Love is the drug en playback, esthétiquement saisissante (Deux hôtesses de l’air aux chœurs, Ferry en chasseur de savanes l’œil clos par un bandage de capitaine). Ain’t that so, placée sur le deuxième DVD, est l’une des dernières giclées créatrices avant la fin, alors que le trip égotique de Ferry achève le groupe en 1983 dans l’indifférence générale des vestes à épaulettes vert fuschia. Les années 80, encore et toujours, assassine le culte. Il aura simplement fallu deux albums (Roxy Music, For your pleasure) pour accoucher de vingt chansons novatrices, toujours modernes.

Paraitrait que la bande à Ferry travaille actuellement sur un nouvel album.. Et devinez quoi ? Eno serait de la partie.

On n’échappe jamais totalement au mythe fondateur.

Roxy Music // The thrill of it all, 1972-1982 // EMI

3 commentaires

Je ne sais pas ce qui passa par la tête du journaliste Alain Kobel (futur chroniqueur sportif à la radio !) en charge de la seule émission rock à la Télévision suisse romande (Genève) chaque samedi après-midi entre 1973 et 1975 env, mais une chose est certaine : quand j’ai vu et entendu le concert de Roxy Music enregistré au festival de Montreux en 73 ou 74 (à vérifier), ce samedi-là m’a vie a changé. J’avais 15-16 ans et d’un coup tous mes disques sont devenus fades. Qui étaient ces types sapés - on parlait pas encore de look - glitter kitsch et décadent (avec banane surdimentionnée pour Andy McKay, cape dorée pour Eno et perfecto noir en tissu raidi pour Ferry, clin d’œil au rock originel) qui faisaient cette musique étrangement belle et dangereuse ? Le lundi suivant, j’ai fait les rayons des grands magasins et les boutiques de disques pour trouver les deux albums du groupe.
Merci de cet hommage à ceux qui ont enregistré quelques unes des meilleurs chansons des années 70 et de l’histoire du rock en général.

RC

Commentaire par René Claude, le Mardi 1 janvier 2008 à 16:33

Merci René Claude. J’avoue que je vous envie un peu d’avoir connu cette période.

Commentaire par Bester Langs, le Mardi 1 janvier 2008 à 16:41

Ahhh Roxy music sont au style ce que le folk rock cauchois est aux cheminses bucherons!!

Un maître étalon!!!

Commentaire par Jean-Emmanuel, le Mardi 1 janvier 2008 à 12:48

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