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RON SEXSMITH Exit strategy of the soul

Tout a débuté lorsque j'ai commencé à voir la bouille pouponne d'un sosie de Brian Wilson sous cure WeightWatchers dans les pages Culture de Libération. Je ne cherchais (...) suite

Tout a débuté lorsque j’ai commencé à voir la bouille pouponne d’un sosie de Brian Wilson sous cure WeightWatchers dans les pages Culture de Libération. Je ne cherchais pas encore à échapper au fisc, j’avais le vie devant moi et pas encore découvert les albums solos de Mc Cartney. La vie était belle et Ryan Adams sortait encore des albums potables.

Sexsmith dans Libération…. Non mais vous avez déjà vu Staline parler des vertus de la thalassothérapie en Bretagne ? Moi non. Alors lire quelques lignes sur Ron dans un hebdo tiré sur du papier non recyclé, THANKS BUT NO THANKS. Plusieurs albums plus tard, Da doo Ron ron remet le couvert en plastique pour un neuvième méfait au titre étrange: Exit strategy of the soul. Soit, dans une traduction littérale: “Michel, enlève l’échelle, je saute sans parachute. Préviens les gosses que papa ne rentrera pas ce soir”.

Sexsmith motion likeHormis le fait que je n’ai pas pour habitude de déglutir les dindes de Noël au mois d’août, la farce d’Exit strategy of the soul frôle la prostitution (une dinde qui tapine, un mac qui gratte l’os, topic d’une histoire sans faim). Ron le dodu exhibe ici son pathos, ses envies d’ailleurs avec une soul typiquement américaine: du piano, des médiums, une batterie 4/4 qui fait le break et repart sur les choeurs, une voix qui hulule depuis Memphis. Un mid-tempo mid-west à porter en foulard en allant chercher sa baguette, quelques compositions d’un autre pays à écouter chez soi en rêvant de grosses automobiles type Buick qui carburent à la section de cuivres. Rassurez-vous, Exit strategy of the soul en est pétri autant qu’un lépreux de démangeaisons.

Parvenu à ce stade, trente minutes de soul sirupeuse jouée à l’unisson avec un crooner de paroisse en guise de pantomime, vous arriverez forcément à l’un des constats suivants:

- la mort
- le basculement dans un autre monde où Bill Cosby, Marthe Villalonga et Derrick jouent ensemble aux osselets alors que vous restez prostré dans un coin à grelotter en attendant votre fix.
- ces mots tournant invariablement dans votre tête: SKIP SKIP SKIP. Soit, dans une traduction littérale: “mais putain Michel, pourquoi tu l’as pas abattu sur place ce Sexsmith, lorsqu’il était encore à portée ???”

Que les fans de chansons pratiquées à moins de 50BPM (en gros: très très lent) se rassurent, Sexsmith vous en donne pour votre argent. Ici tout est lent, prozac et stoïque. Un panorama sous Tranxen où vous aurez tout au plus la chance de compter les cailloux sur le bas-côté, en attendant que le train daigne enfin abréger vos souffrances.

A ceux qui hésitaient encore à fantasmer le pays de Chuck Norris, une réponse sonne le glas de cet album: le blues à grandpa n’a jamais réussi à personne, et Ron Sexsmith, tout comme ses prédécesseurs, fait sonner les cuivres comme des tubas, la soul comme un folklore, l’Amérique comme un sketch où même Dawson Creek en impose plus aux autochtones ayant raté les cinquante dernières années de la culture populaire.

Ron Sexsmith // Exit strategy of the soul // Fargo
www.myspace.com/ronsexsmith

3 commentaires

Je vais encore dire que le dessin est de David Scrima (http://www.myspace.com/davidscrima) puisque ce n’est pas indiqué. :-)

Commentaire par Kill Me Sarah, le Lundi 11 août 2008 à 9:36

papapapapa ! ça canarde sec !

Commentaire par sylvain, le Lundi 11 août 2008 à 22:47

Libé, hebdo ???

Commentaire par Adrien, le Lundi 11 août 2008 à 17:54

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