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ROLLING STONES :: Shine a light

Vous vous souvenez de Jacqueline Taieb qui chantait comment se réveiller avec Elvis Presley ou le My Generation des Who ? Et bien jeudi c’est avec Jumpin’ Jack (...) suite

Vous vous souvenez de Jacqueline Taieb qui chantait comment se réveiller avec Elvis Presley ou le My Generation des Who ? Et bien jeudi c’est avec Jumpin’ Jack Flash que je sors ma tête de là où je pense. Scorsese sort un film sur les immortels Stones et c’est sur les périssables Champs Elysées que ça se passe.

En théorie c’est assez classe d’aller à l’avant première du dernier Martin Scorsese, mais en pratique…

J’attends donc, impuissant, que tous les quarantenaires présents aient salué leurs congénères. Et il y en avait un tas des barbus qui veulent rester dans le coup à l’UGC Normandie jeudi matin.

Plus réveillé et moins patient que moi, mon acolyte Muntz Termunch faillit en étrangler un qui voulait taper dans ses pop corn. « T’en fais pas Muntz, ces chevelus, tous des cons. »Une fois l’animal calmé, je prends le temps d’observer un peu la salle. Sapristi, la fille assise à côté de moi est seule…Pour vu qu’ils jouent The singer not the song que je lui montre qu’il n’y a pas que Mick Jagger dans la vie. Les lumières ne faiblissent pas et le journaliste des Inrocks ne sait toujours pas où il va s’asseoir quand Muntz Termunch me fait remarquer la présence de deux gorilles de la sécurité devant l’écran. Ils se sont crus au Beat Club en 65 les mecs. Mais après tout peut être que les Stones sont là, à nous scruter de derrière le rideau de satin bleu. Balivernes. Il est 10h40 et le film doit commencer maintenant : j’ai un cours sur Goethe à 13h00. On veut les Stones bordel !

Enfin après un petit rappel des règles de vie en communauté, c’est parti : il fait noir, le rideau s’ouvre. Ladies and gentlemen, I give you, the Rolling Stones!

[MEDIA=202]

Et de suite, le journaliste des Inrocks rit. Le film commence par les coulisses du show. Un bon sujet pour zone interdite : « Ce que vous avez toujours voulu savoir sur les coulisses des concerts. Backstage : mythe ou réalité ? » On voit Scorsese en petit chef d’orchestre débordé par les évènements. En effet filmer un concert pour les Stones ne semble pas chose facile. Il faut connaître à l’avance la setlist (que Jagger s’échine à rendre à la dernière minute), déterminer la place des caméras, des projecteurs et du reste. En attendant, les Stones n’ont toujours pas joué la moindre note et Martin Scorsese de pousser le vice jusqu’à nous imposer les présentations de la famille Clinton. Charlie Watts semble perplexe, quant à moi… je vendrais mon âme au diable pour entendre ne serait-ce que les cinq premières notes de Satisfaction. Ce foutu morceau, rien que ça.

Puis surprise, ce n’est ni Satisfaction ni l’habituel Start me up que Keith Richards dégaine en premier mais Jumpin’ Jack Flash. Finalement on est content d’être là. Les Stones sur écran géant filmés de main de maitre par Scorsese ; et le son qui va avec…ça le fait. Et s’il n’y avait que les Stones…mais monseigneur Jagger nous gratifie aussi de quelques featurings bien savoureux : une ballade avec Jack White, un blues avec Buddy Guy (Buddy Guy !) et un autre truc avec Christina Aguilera (!!). Moi je commence à me pencher dangereusement sur les premiers rangs. Car je n’y tiens plus. Je ne crois pas me souvenir avoir déjà écouté un disque des Stones assis dans un fauteuil. Cela veut-il dire que Shine a light est un film réussi ? Si vous passez Brown Sugar en boucle sur le Juke Box mental après le film, le test est positif.

Et c’est d’ailleurs bien la moindre des choses. Car derrière tout fan transit, je crois qu’il y a une conscience. « L’homme est un roseau pensant » ou un truc dans le genre. Un encéphalogramme qui vibre et qui me dit que, après tout…Après tout ce n’est que la vidéo d’un concert entrecoupé d’archives. Souvent cocasses d’ailleurs, mais merde, pourquoi couper Keith Richards en pleine « Connection » ? (En fait ça vaut peut être mieux : j’étais sur le point d’aller donner du fil à retordre aux deux types en noir devant l’écran.) Donc j’ai l’impression qu’une fois Champagne and reefer avec Buddy Guy mis sur Youtube par une âme charitable, la messe sera dite. Le reste n’est que littérature. Ou plutôt morceaux écoutés en boucle maintes fois et sur tout les supports possibles. Même en Mp3…je vous jure.

Aussi je crois que ce film ne doit pas sortir en DVD. Parce que sur grand écran l’exercice peut se révéler amusant, presque ludique. Mais alors la soirée à se farcir le Mick Jagger show et les faux fans (la grand-mère Clinton !) qui lui collent à la peau sur 36 cm2…très peu pour moi. D’ailleurs si je n’avais pas été invité, je ne serais surement jamais allé voir ce film. Oui, on sait qu’à plus de soixante ans, Jagger danse encore comme un damné, qu’il a un cul d’enfer et que ça énerve Charlie Watts. Alors pourquoi ce film ? Franchement, je ne vois pas trop… Peut être un coup pour nous rappeler qu’ils sont encore là, qu’ils ont été un grand groupe, le groupe d’une génération en révolte ? Peut être qu’ils ne sont plus là que pour ça : soutenir des poulains (Jack White) et des poulettes (Aguilera) qui certes n’ont plus besoin d’eux mais qui leur rappelle les années où ils étaient sexy et subversifs. Parce que Jagger aura beau continuer à porter des chemises trop étriquées, c’est enfoncer une porte ouverte de dire que les Stones sont devenus terriblement mainstream. Vous savez ces mecs au t-shirt noir avec la bouche rouge qui vous tire la langue.

Je dis t-shirt mais j’aurais pu dire badge, serviette de bain ou papier toilette. The Rolling Stones Company. Une S.A.R.L glamour. Ce film en est la preuve, s’il en fallait encore une. Les lumières se rallument et ils n’auront pas joué The singer not the song . En plus je suis à la dernière des bourres pour mon cours de littérature.

- Vous êtes en retard Mascarpone !
- Certes mais vous saviez vous Madame que Buddy Guy était encore vivant ?!

http://www.shinealightmovie.com/

12 commentaires

et alors t’es arrivé en retard?

Commentaire par chiper, le Lundi 17 mars 2008 à 20:49

Il ment Mascarpone.. ses cours de poterie en CAP à Valenciennes n’ont même pas repris.

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 17 mars 2008 à 23:42

C’est vrai, on a quelques profs en grève en ce moment…rapport à l’industrialisation de la société.

Commentaire par Federico Mascarpone, le Lundi 17 mars 2008 à 0:19

Mascarpone ment.
“si c’est vrai c’est faux, si c’est faux c’est vrai.”
Un truc grec dont te parlera sûrement ta maîtresse, à Valenciennes j’entends.

Commentaire par chiper, le Lundi 17 mars 2008 à 19:07

Il est parfait cet article :
- réaliste, il nous dit que les Stones, c’est plus vraiment ça. Et après tout, il faudra bien en convenir un jour.
- Mais il nous dit aussi que l’on est toujours impatient de les voir, qu’un jeune homme moderne en trépigne sur son fauteuil.

Ma théorie (mon souhait ?) : et si les Stones faisaient de ce film leur mausolée. S’ils laissaient comme image d’eux -le plus grand groupe de rock’n'roll du monde, fallait que ce soit écrit sur Gonzai- celle filmée par Scorsese. Après ça, ils arrêtent. Mythe figé par 17 caméras virevoltantes, maniées par le meilleur cinéaste ricain 70’s-80’s. Jagger-Richards en icones/poses rock définitives (venez donc, gamins kraut rock ou je ne sais quoi, rivaliser sur le terrain du cool à foulard. On va rigoler deux minutes). Sortie idéale. Je sais, ça ne se passera pas comme ça…
Putain, j’ai envie de voir ce truc.

Commentaire par Syd Charlus, le Lundi 17 mars 2008 à 12:55

Je cite :

J’attends donc, impuissant, que tous les quarantenaires présents aient salué leurs congénères.

Ils étaient contagieux ces gens-là ?

Commentaire par chris, le Lundi 17 mars 2008 à 1:15

il y a un oubli: raconter que carla sarkozy a été la maitresse de jagger. hors sujet, certe, mais tellement à propos…

Commentaire par cefarnet, le Lundi 17 mars 2008 à 15:23

Contagieux, non…mais je me méfie quand même.

Commentaire par Mederico Fascarpone, le Lundi 17 mars 2008 à 18:07

et one+one ?
youtube a des videos de shine a light depuis 2 ans.
Même si le mp3 est une compression destructive, au dessus de 128 kbps, l’oreille humaine ne peut détecter d’écart qualitatif avec un cd audio.
Jack White est un héro. Sa performance avec Jagger est incendiaire. J’ai vraiment hate de le voir en Elvis dans Walk Hard.
“ce film ne doit pas sortir en DVD”. Aucun film ne le devrait. Comme aucun cd puisque tout est plus beau en live. Il ne devrait en fait n’y avoir aucune industrie culturelle.

Commentaire par Goethe, le Lundi 17 mars 2008 à 22:55

Belle plume Mascarpone !
comparaison avec one+one ?

Commentaire par Source de Calcium, le Lundi 17 mars 2008 à 22:56

Un super article, merci Mascarpone.
Tout cela est bien beau, les Stones, Jack White, même Buddy Guy… Mais quid du support? Fallait il vraiment faire un film? Scorsese est-il “le meilleur cinéaste ricain 70’s-80’s”? N’y a-t-il toujours personne pour mettre le hola à ces rockeries un peu vaines (je sens que je vais prendre des baffes)qui ne font qu’aplatir l’histoire en prétendant nous donner un morce

Commentaire par spallding's partner, le Lundi 17 mars 2008 à 16:45

Un super article, merci Mascarpone.
Tout cela est bien beau, les Stones, Jack White, même Buddy Guy… Mais quid du support? Fallait il vraiment faire un film? Scorsese est-il “le meilleur cinéaste ricain 70’s-80’s”? N’y a-t-il toujours personne pour mettre le hola à ces rockeries un peu vaines (je sens que je vais prendre des baffes)qui ne font qu’aplatir l’histoire en prétendant nous donner un morceau de cette époque révolue. Nous n’y étions pas, et on ne reviendra pas en arrière (même si on le souhaitai tous très fort); laissons la fan attitude à ces vieux bab sur le retour qui, si ils le veulent, ont l’exclusivité pour piétiner ce qu’il reste de mieux de leur jeunesse. Cette majorité grise qui a envahi la salle peut, elle, continuer à penser que l’histoire des stones s’écrit encore aujourd’hui, et accompagner leur juke-box mental en chantant des airs qui ont marqué leur vie. Qu’ils aillent au stade de France, bêtifier avec Martin Scorsese, devant leurs icones flétries, alors qu’une grande partie de la jeunesse (d’aujourd’hui, la seule, la vraie, celle qui compte) s’agite mollement le shibre en pensant faire du rock, sur TF1, sous le regard dégoulinant de vulgarité du public et avec l’assentiment de leurs parents.

Commentaire par spallding's partner, le Lundi 17 mars 2008 à 17:01

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