Quelques fois, en levant la tête, au détour d’une rue familière qu’on aura emprunté tous les matins, on peut tomber sur un détail jamais entrevu auparavant. Cela peut-être un soutien-gorge de la voisine qu’on imaginait pas si décadente, un enfant tentant tous les matins de se suicider du haut de son immeuble, ou bien encore une cathédrale gothique perdue au milieu de la cité bruyante.
Le No sport de Burger, sans trop phrasé, se pose là. Comme une évidence dans une série de préjugés. Une voix tout d’abord, palpable sur le premier titre. PALPABLE. A prendre entre les mains pour lui demander comment elle a pu devenir aussi rauque. Du mauvais usage du tabac dans une époque où le premier tabagique venu se voit comparer à Gains’.
Futile.
Avance, première piste. Un rite démoniaque, loin, loin, loin, de l’espace Shengen et des français. C’est la transe vaudou (que je ne pensais pas retrouver chez Burger, dont je connais jusqu’à aujourd’hui qu’un seul album, celui dont je vous parle) qui flirte avec Dr John, les sorciers d’Afrique, Ali Farka Touré. Les touaregs en exil dans une campagne française, et se disent : « Hey, pourquoi pas s’arrêter dans ce château et sortir les guitares ».
« Je vous sers un soda ? » semble dire Burger tout au long d’un album nocturne à écouter au casque. Aussi étonnant que cela soit, c’est. C’EST un album réussi, à la production impeccable pour un disque enregistré en France. Des collaborations qui me laissent de marbre (L’abécédaire avec Rachid Taha) et un moment de grace sur Marie (feat James Blood Ulmer).
Oh Marie, implore mon pardon, j’ai péché et maintenant je regrette. La catharsis en musique dans un pays où cela n’a plus de sens. Une émotion bleue nuit qu’on retrouve sur peu d’albums du continent. Fantaisie Militaire de Bashung, tiens, est l’un des seuls dont je me souvienne.
A l’heure des bilans, quand la musique française se fout la mélodie au fond de la gorge pour se faire vomir une fois de plus, il m’apparaît qu’un cinquantenaire cherche encore la confrontation, le combat.
Le dernier en date était Jacno, avec son Le sport c’est de la merde. Les coïncidences…. Encore et toujours. C’est TOUJOURS la même histoire des vieux qui refusent d’abdiquer.
«A écouter d’urgence » diraient les programmateurs radio des années 80. Moi je dis : « Mettez No Sport sous le coussin, et enfoncez-vous le par les narines ».
Rodolphe Burger // No sport //EMI
www.myspace.com/rodolpheburger
3 commentaires
à ! cool ! je serai là lundi matin !
(je me permet de lier un enregistrement de petit matin sur mon pseudo translucide)
sus




ETRE DIEU
merci