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RICK WRIGHT RECORD COLLECTION L’ultime Top Ten

On trouve de tout sur le net si on cherche assez longtemps. Richard Wright (clavier du Pink Floyd) est à peine décédé que son site officiel ne fonctionne (...) suite

On trouve de tout sur le net si on cherche assez longtemps. Richard Wright (clavier du Pink Floyd) est à peine décédé que son site officiel ne fonctionne déjà plus.

Pas la peine de lorgner sur celui de Pink Floyd, il n’y était plus tout à fait chez lui. Pourtant j’ai retrouvé et traduit cette interview non identifiée sur un site de fan. réalisée dans sa demeure de Earl’s Court en Août 1996, Rick, alors en promo de son dernier album solo “Broken China”, y présentait ses 10 disques favoris :

THE BAND - Music From Big Pink (Capitol, 1968)

Wright #1“La pièce maîtresse de cet album, The Weight, est un morceau incroyable. Je me rappelle avoir vu The Band à l’Albert Hall vers la fin des années 60 et même aujourd’hui je peux virtuellement les entendre chanter le The Weight de ce concert dans ma tête. La manière dont la chanson est chantée est si émotionnelle que je peux à peine la décrire. Comment décrivez-vous cette réponse émotionnelle à la musique ? Je pourrais vous dire qu’un morceau passe d’un Mi bémol à Fa dièse ou n’importe quoi, mais ce n’est pas ça qui compte, n’est-ce pas ? The Band était ce qui se passait de mieux à ce moment-là. Quand j’ai commencé avec le Floyd, je n’étais pas dans la musique pop du tout - j’écoutais du jazz et quand les Beatles ont sorti Please Please Me, je ne l’ai pas aimé du tout. En fait, j’ai pensé que c’était tout à fait puéril. Il n’y avait pas grand chose qui m’excitait à l’époque, mais à ce moment là j’ai vu The Band et ils étaient totalement différents, totalement excitant. Comme dans tous ces disques, il y a quelque chose dans cet album qui me touche et m’émeut. La musique est simplement adorable et cela en fait un choix particulièrement sentimental. Il faut aussi mentionner Tears Of Rage - une excellente chanson.”

JEFF BECK - Jeff Beck’s Guitar Shop With Terry Bozzio And Tony Hymas (Epic, 1989)

“Concernant les guitaristes de rock, c’est mon héros absolu. Il a commencé en tant que guitariste de blues exactement comme Clapton, mais il a d’avantage étudié les possibilités de l’instrument. Vous ne savez probablement pas ceci, mais quand Syd a laissé Pink Floyd nous avons demandé réellement à Jeff Beck de nous rejoindre, c’était lui notre premier choix. Mais cela marchait bien pour lui à ce moment là alors il a refusé. Il y a une plage sur Guitar Shop qui  s’appelle Where Were You? qui n’est qu’une séquence de guitare mélodique. Je l’ai tellement aimé que j’ai gardé ce feeling pour une instrumentale nommée Sweet July sur mon nouvel album solo. Je voulais que Jeff Beck là joue, mais il a décliné. A nouveau.”

AARON COPLAND - Appalachian Spring: Bernstein Conducts Copland (CBS, 1962)

Wright #2“Aaron Copland est un compositeur classique américain et c’est son oeuvre la plus célèbre. Je l’ai découvert vers la fin des années 60 après avoir entendu quelque chose à la radio. Comme toutes mes musiques préférées, il y a quelque chose dedans qui me touche ; pour moi, je pense qu’ici c’est la progression des accords et les lignes mélodiques qui les sous-tendent - et le fait que ce soit très paisible. Quand j’écoute nombre des choses que j’ai joué au cours des années je sens que j’ai été fortement influencé par Copland, quoique inconsciement. Je ne l’ai pas écouté depuis un moment, mais il est proprement stocké dans ma mémoire et le fait de l’avoir sorti va certainement me forcer à faire réparer ma platine cassée.”

MILES DAVIS - Porgy et Bess (Colombie, 1959)

“Je pourrais être tout à fait satisfait en vous donnant dix disques de Miles Davis comme mes dix disques préférés de tous les temps. La première musique que j’ai jamais entendue était du classique, parce que j’ai grandi dans les jours d’avant le rock’n'roll, mais un jour j’ai été exposé au jazz sur des stations de radio et j’ai commencé à écouter les jazzmens traditionnels comme Humphrey Lyttelton et Kenny Ball. Et puis j’ai découvert Kind Of Blue de Miles Davis et cela m’a vraiment marqué. Porgy et Bess est un disque brillant - la chose la plus proche d’une trompette qu’on fait sonner comme une voix humaine qu’on puisse écouter. C’est un disque que je dois écouter d’un bout à l’autre, parce qu’il vous qu’il vous fige complètement.

Les gens seront peut être surpris de m’entendre être si entiché de jazz, mais les influences du Floyd sont venues d’un bon nombre de styles différents. Syd était plus dans BO Diddley ; j’ai eu une approche plus classique. Si j’étais forcé de choisir absolument un disque favori de tous les temps, ce serait probablement ça.”

BRIAN ENO ET DAVID BYRNE - My Life In The Bush Of Ghosts (Polydor/EG, 1981)

“J’ai souvent loué les compétences musicales d’Eno, mais en plus de son talent c’est également un type très sympathique. De quoi vous rendre malade, n’est-ce pas ? Celui-ci m’a littéralement assommé quand je l’ai entendu pour la première fois - plein des boucles de batteries, des samples et des bruits d’ambiance, des chsoes qu’on admet tout à fait maintenant, mais dont personnes n’avaient entendu parlé alors, sinon dans les cercles les plus progressifs. Il y a une chanson nommée The Jezebel Spirit où il y a un extrait d’un prêtre et la manière dont les sons ont été mixés était si novatrice que c’en était étonnant. Et comme si ce n’était pas assez, il y a également la voix de David Byrne qui est, en soi, presque suffisante pour mériter l’achat de n’importe quel album.”

PETER GABRIEL - Passion (Virgin, 1989)

Wright #3“J’admire pratiquement tout ce que Peter Gabriel a jamais fait, du progressif à la world music à la pop. C’est un grand homme avec de grandes idées - oh, et un grand musicien. Cet album comporte des instrumentales qu’il a écrits pour la bande son du film de Scorsese The Last Temptation Of Christ, ainsi que quelques morceaux additionnels. Je me sens très proche de cette musique. Je pense que de certaines façons, Peter entend la musique de la manière dont je l’entends, aussi je devrais le dire que nous sommes des esprits proches.”

STEELY DAN - The Royal Scam (ABC, 1976)

“Encore un groupe extrordinaire. Il y a quelque chose sur le morceau éponyme qui fait que je dois l’écouter immédiatement. Je ne l’ai peut être pas entendu depuis six ou sept années, mais c’est implanté dans mon cerveau et pour moi c’est c’est qui fait les albums préférés, ces choses que vous ne pouvez pas vous sortir de la tête. J’ai vraiment admiré Steely Dan et j’ai failli sélectionner Aja pour cette liste, mais j’ai finalement tranché pour The Royal Scam rien que pour ce morceau là. Est-ce qu’ils jouent encore ensemble ? Je suis un peu circonspect quant à aller voir ces groupes qui se reforment - peut-on rallumer la flamme ?”

TALKING HEADS - Remain In Light (Sire, 1980)

“Remain In Light m’a vraiment assommé avec tous ces rythmes croisés. La basse semble ne jamais arriver quand vous l’attendez. Si vous voulez entendre quelques rhythmiques incroyables qui fonctionnent vraiment alors le titre éponyme est incontournable. Naturellement, je ne l’ai pas analysé la première fois que je l’ai entendu, mais j’ai immédiatement su qu’il se passait quelque chose de différent. Eno y arrive à chaque fois, ce qui est probablement pourquoi lui et David Byrne vont tellement bien ensemble. Je n’arrêtais pas d’écouter Once In A Lifetime quand j’ai eu l’album, parce que c’était l’exemple parfait de ce truc fantastiques des Talking Heads où ils combinent l’excentricité et une véritable oreille musicale. Ce n’est pas facile à faire, particulièrement quand vous essayez de maintenir une certaine homogénéité.

Avec ce groupe on pouvait toujours dire qu’ils n’écrivaient pas pour vendre - ils faisaient juste la musique qu’ils ressentaient vraiment. Il y avait quelque chose d’incroyablement spontanée avec eux. Je n’ai jamais vu les Talking Heads en live bien que je l’aurais souhaité. C’est le problème quand on est soit-même dans un groupe. On n’a jamais le temps de voir quiconque jouer. Quand ils sont sur quelque part vous êtes invariablement ailleurs.”

HENRYCK G=F3RECKI - Symphony Number 3 (Elektra, 1992)

“Quand j’enregistrais Broken China, mon dernier album, je voulais mettre des percussions et des batteries sur Sweet July mais n’arrivais pas à obtenir le feeling de ce morceau. Alors quelqu’un a suggéré qu’on avait besoin de quelquechose qui ressemblerait à G=F3recki. Je n’en avais jamais entendu parler, alors je suis sorti acheter cet album et maintenant je l’adore vraiment. Bien que G=F3recki soit un compositeur de musique classique, je pense que sa musique est dans vraiment dans le même milieu que Gabriel ou Eno, paisible et éthérée. La voix qui est dessus est également incroyable ; elle a utilisée comme n’importe quel autre instrument, du coup on a la sensation générale d’une musique ambiante. J’admets que ce mot suggère surtout une affreuse musique, mais c’ets souvent la meilleure façon de décrire cette sorte de sensation de flottement qu’elle a. S’il m’arrive d’être tendu alors c’est le genre d’album que je mets.”

TALK TALK - The Colour Of Spring (EMI, 1986)

“La simplicité des chansons et la voix de Mark Hollis rendent cet album tout simplement incroyable. Le premier morceau, Happiness Is Easy, dit tout - rien qu’une basse, une caisse clair et cet étrange accord. C’est du Talk Talk partout, de grandes chansons et de la simplicité avec ce petit truc. Pink Floyd n’a jamais rien fait d’aussi franc, à part peut-être Wish You Were Here, parce que j’ai tendance à mettre beaucoup de couleurs dans sa musique. D’une certaine manière, ce genre de chose est beaucoup plus courageux, parce qu’il n’y a absolument rien à cacher derrière.

Pourquoi ça me touche ? Dur à dire mais ça a cette capacité à rendre heureux qu’ont tous mes disques favoris. Je ne pourrais rien choisir qui ne me donne pas cette sensation d’être heureux.

http://www.pinkfloyd.com

4 commentaires

The End of An ear
Hilaire, quel avis, quelles obseques!
J’aime tout dans votre article - jusque dans le choix de laisser le collage surrealiste/traduction Google de la fin.

Talk Talk, Aaron Copland, Byrne/Eno, The Band - et la facon d’en parler, j’ai l’impression que c’est son oreille à lui qu’on trouve sur la pochette de Meddle : plus grande, plus colorée, plus belle, plus sensible.

Rick Wright, c’est le type en marcel au milieu des ruines de Pompei qui n’a pas l’air d’un touriste Italien.

Commentaire par requis, le Mardi 16 septembre 2008 à 19:03

Je prends cela comme un compliment très cher. Il y a nombre de bizarreries syntaxiques dans ces réponses dont le traducteur ne m’a guère fait grâce, et dont je suis content de m’être sorti. Mais j’avoue que ce dernier paragraphe (qui semblait tant vous plaire, lui n’avait rien à faire là. J’ai donc rectifié/édité.

Je précise à l’intention des fans que j’ai dégagé en effet une intro décrivant le salon de Monsieur, et une conclusion décrivant, euh, le salon de Monsieur.

Merci de votre remarque. Seul point qui me manquera un peu finalement, cette incursion effectivement réaliste mais si valable à Wright : “Dans un fauteuil intelligente il y a une guitare assis”.

Commentaire par Hilaire Picault, le Mardi 16 septembre 2008 à 9:49

Hilaire, vous êtes magicien ou quoi??!! Tout d’abord, vous dénichez cette interview qui dévoile un côté de Wright que j’ignorais totalement (je suis fan de son groupe depuis l’époque où ils jouaient Interstellar Overdrive en premières parties de Bill Haley and the Comets - vous dire si ça date!), que j’ignorais parce que j’y portais un intérêt lointain. Ensuite vous publiez une réponse à mon message mardi à 9:49 soit près de DIX HEURES AVANT que je l’écrive. Et puis, encore plus fort, vous pondez des trucs du genre du fauteuil intelligent, ou encore - je cite de mémoire :
“Nous sommes la juste arrière forme notre autre endroit au Sud de la France,” gazouille Floyd clavieriste déchiramment.
Oui, Hilaire, déchiramment.

Commentaire par requis, le Mardi 16 septembre 2008 à 3:42

J’ai en effet quelques atouts dans ma manche.
La connerie en est un des plus remarquable. Puisse-t-elle vous ravir.

Commentaire par Hilaire Picault, le Mardi 16 septembre 2008 à 12:24

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