Une visite médicale. Voilà ce que pourrait être le rôle d’un entretien avec le rock-critic aujourd’hui. Faire passer une batterie de tests au petit poulain des maisons de disque; s’assurer du bon fonctionnement de sa réactivité ou sa culture musicale. Sur le billard immédiatement: Rhésus.
Les Patients:
- Aurélien: Chant Guitare
- Simon: Batterie
- Laura: Basse et Coeur
Début de la consultation. Test du blind-test musical.
Outlaw Blues: Bob Dylan
(Dubitativité générale)
Little Johnny Jet: C’est Dylan… Vu vos têtes, il ne vous a pas du tout inspiré quand vous étiez gamins.
Aurélien: C’est un truc que j’aime beaucoup mais que je survole en fait. Je passe complètement à coté de tout ce qui est texte. Car ce n’est pas trop ma sensibilité.
Little Johnny Jet: Mais en vrai c’est assez chiant a écouté au premier abord. Non?
Aurélien: Disons qu’il a un tel catalogue de chansons… C’était l’époque ou il sortait 2 albums par an, il y avait 12 chansons sur chaque dont deux biens et 10 blues pourris. Style blues numéro 4800 Memphis truc. Ok Cool. Mais il a comme même fait des choses ultra innovantes.
Simon: Moi j’ai toujours pas écouté Bob Dylan. J’ai jamais eu l’un de ses disques entre les mains. Mais ca viendra plus tard.
Smashing Pumpkins - Bullet & Butterfly Wings
Simon: Smashing Pumpkins.
Little Johnny Jet: C’est un truc que vous avez vécu de plein fouet.
Lara: Moi c’était un peu avant. J’était à fond sur Siamese Dreams au collège.
Aurélien: Oui ca c’est vraiment l’album que tout le monde avait au lycée.
Simon: Moi j’aimais pas du tout a l’époque.
Little Johnny Jet: Et vous pensez que comme eux vous allez faire une reformation 10 ans après?
Aurélien: Non, je pense que d’abord il faut que l’on fasse des tubes internationaux, des stades immenses. Apres on pourra se tirer la bourre. Tu splittes après une petite réussite.
Lara: Et en même temps eux, ils avaient des caractères assez particuliers. Il étaient un peu tous fêlés.
Little Johnny Jet: Et tous les fans de Smashing Pumpkins ont leur bassiste préféré.
Simon: Moi je préfère Melissa Auf Der Maur.
Lara: Moi Darcy.
Aurélien: Darcy elle chante faux, elle est moche et elle joue mal.
Simon: Mellissa est très jolie au moins.
Johnny Halliday - Excuse Moi Partenaire
Aurélien: C’est Johnny Halyday… Oh putain!! Et puis sa voix elle était pas mal a l’époque.
Little Johnny Jet: Moi j’ai toujours pensé que Johnny était défendable en fait.
Simon: Ca oui, je pense.
Little Johnny Jet: Non mais ca fait partie du complexe français; le rock a une telle image beauf en France, même chez les jeunes. Vous, vous lorgniez plus vers les anglais non?
Simon: Les anglais ou les groupes étrangers qui chantent en anglais.
Aurélien: Quant au fait d’être français, si c’est dur, ca ne l’est qu’en France. A l’étranger, comme en Allemagne, c’est super bien accueilli, limite exotique. Après, sinon c’est l’exception culturelle française.
Simon: Mais c’est en train de changer, la France se mondialise. Les gens sont de plus en plus curieux, il y a plus en plus d’artistes qui chantent en anglais qui sont reconnus. Les Français ont du mal à exporter des groupes qui chantent en anglais. C’est dommage on est le seul pays à être comme ca.
Queen Of The stone Age - Burn The Witch
Lara: Ah c’est Queen Of The Stone Age. Oui, Mark Lanegan.
Little Johnny Jet: Tu es amoureuse de Mark Lanegan?
Lara: On peut pas dire amoureuse, mais je pourrais passer une soirée avec lui…
Little Johnny Jet: Ca c’est typiquement un groupe qui réussit a faire quelque de nouveau.
Simon: Particulièrement sur le son. Le son est incroyable. On a été les voir et ca sentait le cactus a plein nez. Il y a tellement ce truc d’environnement. Tu joues pas du QOTSA si tu vis pas en Arizona et que tu n’as pas de chemise à carreaux. Ca pue les Etats-Unis, mais dans le bon sens du terme.
Little Johnny Jet: Vous venez d’où vous?
Simon: De nulle part.
Little Johnny Jet: Allez, dites-moi de quel endroit ignoble vous venez.
Simon: De Grenoble. Mais l’endroit d’où l’on vient n’agit en rien sur la musique que l’on fait.
Little Johnny Jet: Pourtant les villes de province, il y a forcement quelque chose qui s’en dégage, quelque chose qui fait que l’on ne fait pas la même musique qu’à Paris.
Aurélien: Oui je suis assez d’accord avec toi. Il y a le coté petite ville pourrie qui donne la rage. C’est comme les Anglais qui viennent de ville minière et qui sont très contents d’arriver à faire un concert a Londres. Nous c’est pareil mais à plus petite échelle.
Tourettes - Nirvana
Simon: Nirvana? Oh putain… (Mimant la batterie) Tourettes??
Little Johnny Jet: Vous aviez quel âge quand il y avait ça? En 93?
Lara: Moi j’étais au collège et j’ai vraiment vécu le truc à fond, avec les fringues Grunge et tout.
Aurélien: Moi j’avais 13 ans et ca a été un vrai traumatisme.
Simon: Un pote m’avait fait une K7 avec Smell Like Teen Spirit dessus. La bande était pourrie et je l’écoutais en boucle. Je l’ai tellement écouté que je crois avoir achevé la bande une bonne fois pour toute.
Fin de l’interview.
Le rôle du médecin étant plus de tirer les vers du nez que de pratiquer quelconque électrochoc, quel diagnostique peut-on se permettre sur Rhésus? A part une timidité affirmée, une génération de rockeurs qui n’est pas spécialement pour le sulfureux. Que Lucifer emporte leurs âmes.
Photos: Virgile Biéchy
http://www.myspace.com/rhesusmusic




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