84

RAMSAY MIDWOOD Au fond du terrain vague

Son Myspace ressemble à un terrain vague, à l’une de ces arrières cours de plouc ou de prolo avec établi rouillé, cadavre de bagnoles, mauvaises herbes à mi-cuisses… Il (...) suite

Son Myspace ressemble à un terrain vague, à l’une de ces arrières cours de plouc ou de prolo avec établi rouillé, cadavre de bagnoles, mauvaises herbes à mi-cuisses…

Il a juste placé deux morceaux en écoute, un de chaque album, pas de couleur de fond, quelques messages quasiment codés dans le blog (”Giraffes are selfish”, ben voyons…). A l’heure où tous les salariés du monde retrouvent, chaque soir, le foyer pour mettre une demo en ligne (« hi, here’s my new Pavement cover, alone with my guitar ») ou une vidéo de leur groupe en action au Macumba, Ramsay Midwood, lui, s’y colle du bout des lèvres, assure le service minimum. Et c’est mieux comme ça.

A ECOUTER: Mohawk river Ramsay Midwood - Mohawk river.mp3

Car Midwood fait de la musique bourrue. S’il était sympathique, affable, anti-Bush, fan de la Nouvelle vague et fin connaisseur de vin rouge, ce serait une belle déception. En 2001 environ, il a déjà publié un étrange chef d’œuvre de swamp-rock Shoot out at the Ok Chinese restaurant. Sur ce disque faramineux, le grizzly creusait – et bien profond - deux sillons : d’abord le country-blues ultra laid-back ; puis la chanson de saloon, avec piano bastringue (un des plus grands dans cette école si difficile). Dans ces deux registres, sa voix, dosant Dr John, Tom Waits et le Jim Morrison de la fin (sans les textes bêta, bien au contraire, on enrage de ne pas avoir les paroles), est absolument parfaite. La production sent la véranda en fin d’après-midi. On croit même entendre JJ Cale ouvrir la glacière.

Evidemment, l’ami d’Austin (eh oui, pas de Louisiane, that’s life…) rejoue toujours le même morceau avec d’infimes variantes. Mais tout le sel de l’expérience est là. Les réfractaires ne passent généralement pas le troisième titre (ceci dit, il y a Coldplay, Muse et un copieux revival 80’s, messieurs…) ; les autres se laissent envoûter à chaque écoute et guettent les méandres discrets de ces titres tout d’un bloc. Une obsession, de l’hypnose.

Ramsay Midwood a sorti un deuxième album et, tu vas rire, il ressemble au premier : il tire la gueule (de bois), il est parfait dans son genre. Un peu plus arrangé, peut-être, mais si intelligemment, subtilement… Pas la peine de louer le symphonique de Londres quand on sort ces guitares acoustiques, ces mandolines, cet Hammond divin.

Le maître des lieux lâche gracieusement un extrait sur son Myspace. A partir de cette page, on peut dégotter quelques autres liens intéressants (dont un live entier en vidéo). Tu en voudrais plus ? Pour te faire une idée avant d’acheter ? Voir si c’est « écouté et approuvé » par le Quotidien du médecin, Technikart ou L’officiel du transporteur ? Ben, non… c’est tout. Ce Popular Delusions and the madness of cow, comme son prédécesseur, est un disque à tomber à la renverse. Point barre. Fais pas ta rosière ou l’on t’enterre au fond du terrain vague.

http://www.myspace.com/ramsaymidwood

Son label : www.farmwire.com

6 commentaires

Incroyable…

Mais Austin c’est bien aussi !

Commentaire par Little Johnny Jet, le Lundi 12 novembre 2007 à 2:52

j’avais juste en tête un fantasme d’Alligator et de Bayou, mais bon… Austin, ça a de la gueule aussi.

Commentaire par Syd Charlus, le Lundi 12 novembre 2007 à 11:27

Divinement débonnaire ???

Commentaire par sylvain, le Lundi 12 novembre 2007 à 12:24

Commentaire par Syd Charlus, le Lundi 12 novembre 2007 à 0:01

Musique franche et directe d’un mec à l’haleine chargée de whisky qui te laisse 2 alternatives claires : “Tu trinque ou tu te casse.”
Moi je dis tchin.

Commentaire par Grégoire, le Lundi 12 novembre 2007 à 12:31

Oui c’esc ça et peut-être même plus : les textes m’ont l’air très bons en plus.

Commentaire par Syd Charlus, le Lundi 12 novembre 2007 à 19:37

Laisser un commentaire