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QUETE DE SENS Etre « jazz » dans les années 00

« Amis des Musiques Noires, bonsoir !!! » Terrible constat. A part quelques cacochymes et néo-Zazous de fin de race, plus personne n’écouterait l’émission radiodiffusée du regretté Franck (...) suite

« Amis des Musiques Noires, bonsoir !!! »

Terrible constat. A part quelques cacochymes et néo-Zazous de fin de race, plus personne n’écouterait l’émission radiodiffusée du regretté Franck Ténot, Pour ceux qui aiment le Jazz, qui cartonnait en son temps. Pourquoi la sauce ne prend plus … ou plutôt pourquoi le fumet qui s’en dégage insupporte-t-il le plus grand nombre ? Pourquoi les jeunes se foutent-ils royalement de cette musique alors qu’ils kiffent le tout aussi vieux Rock de papa-maman?

Pourquoi cette musique ne plaît-elle donc plus, pourquoi ces silences révélateurs, ces haussements d’yeux que m’en vaut la simple évocation ? Et pourquoi le Jazz est-il presque totalement délaissé par les jeunes générations alors que tout ce qui fait le charme suranné du Rock s’y retrouve ? Eléments de réponse…

D’aucuns diront que cette musique est datée car générationnelle, conjoncturellement associée à la lutte des Afro-Américains pour la conquête de l’égalité et que les blancs bien proprets n’y pouvaient rien piger…

L’argument de temporalité ne tient pas plus. En tous lieux et en toutes circonstances, le Jazz a été de tous les combats. la Mère Musique a pendant plus de cinquante ans su se renouveler, copuler, engendrer, se métisser… Swing, Be-bop, Hard Bop, Jazz manouche, Jazz cool, Jazz modal, fusion, électronique, ethnique, chic, bucolique…

Et celui du clivage sociologique encore moins : des blancs-becs ont su s’approprier cette musique et dans une certaine mesure la réinventer : Bill Evans, Stan Getz, Pat Metheny, Joe Zawinul (R.I.P. bro’), j’en passe tant et des plus fous… Force est de constater qu’aujourd’hui le public du jazz est des plus mélangés.

D’autres arguent que les jazzmen manquent de style… mais les jazzmen ont INVENTE le style ! Vous n’avez qu’à voir les clichés des jazzmen des années soixante, quelle classe, quelle tenue, quelle pose dans ces rades enfumés !! Et que dire de son public : les amateurs des caves germanopratines ont par exemple été durant de longues années les aiguillons du style en France. Et si vous taxez le style de ces gens d’être trop policé, trop engoncé, regardez plutôt les accoutrements des mecs du défunt Art Ensemble of Chicago qui mêlent inspirations égyptiennes et tribales…

Bref, de quoi faire fantasmer pour des générations des jeunes singeant la pose d’illustres ancêtres, ce dont ne se privent pas les adeptes du perfecto, de la gabardine, des ballerines, des Ray-Bans et des sapes trop courtes en général….

Car un jour quelques white trashs improbables ont eu l’idée folle prendre des guitares et de malmener une musique Noire des plus difficile à maîtriser. Une fougue, une attitude, peu d’accords et le feu aux couilles et le rock blanc était né. Faire tout avec rien : l’imposture de quelques types qui n’en touchaient manifestement pas une concernant la maîtrise des instruments était parfaite… et elle allait façonner l’imaginaire séduisant du self-made man du contre-ut, du prolo dégingandé qui peut se taper toutes les minettes qu’il veut avec un peu d’audace et trois accords dépareillés.

Et tout ce qui participe donc d’une certaine glorification de la facilité peut dans une certaine mesure éloigner les amateurs de musique d’un Jazz qui paraît élitiste et intellectualisant.

Aujourd’hui la musique se consomme par l’intermédiaire d’engins insensés lovés dans les portugaises dans la rue, le métro ou dans n’importe quel endroit qui ne se prête pas à la chose. il faut retenir cela : en raison du speed ambiant et de la haine du temps perdu et de l’épicurisme raisonné en général, les arrangements et les gimmicks outranciers ont fini par l’emporter sur le fond, la mélodie et ses zones d’ombres, le propos qui se dessine, fugace, dans le chant de l’improviste…

Eh oui, tout fout le camp ma bonne dame ! … de toute façon, que peut bien comprendre un jeune d’aujourd’hui des élucubrations free d’un Ornette Coleman avec une culture musicale se résumant à l’Eau Vive à la flûte à bec et à une variétoche des plus déplorables?

Il faut bien reconnaître que le Jazz, à force de métissages, d’explorations et d’innovations tend à se bouffer la queue… et si ce constat peut malheureusement être à mon sens généralisé à toutes les musiques, l’impression de tourner en rond est d’autant plus forte que, dans le Jazz, cela fait bien dix ans que ça dure. Bon nombre d’artistes Jazz vont tellement loin dans la recherche pour se renouveler qu’ils semblent composer pour la postérité plus que pour les feux de la rampe, d’où une certaine inaccessibilité de la chose qui donne des : le Jazz actuel, c’est trop chiant…

Enfin… Vouloir réhabiliter cette musique semble relever du sacerdoce…

A ceux à qui l’écoute de la Tecktonik donne des envies de repeindre les murs de sang, à ceux qui comme moi sont convaincus que le Jazz n’est pas une musique d’ascenseurs destinée à ambiancer le salon du pacemaker, à ceux qui pensent que nos amis du Rock ne doivent pas avoir le monopole du glamour…

… LA RESISTANCE EST EN MARCHE.

6 commentaires

l’art ensemble of chicago n’est pas mort,j’ai encore mangé du blanc de poulet avec roscoe mitchell il y a un an.ce qui tue le jazz à petit feu c’est son aspect conservateur majoritaire et bien-pensant (horribles concerts d’archies shepp ces dernières années) de la vieille génération qui freine ou brûle les ailes des jeunes pousses.s’ensuit des programmations de festival ternes et des clubs de jazz élitistes financièrement surtout.quant aux jazzmen eux-mêmes beaucoup sectorisent le milieu.après je connais beaucoup de jeunes musiciens qui aiment le jazz mais n’en font pas vraiment pour autant.combien entendent les chats ronronner sur le bidon de thelonious?

Commentaire par uspudo sati, le Lundi 3 décembre 2007 à 0:18

Ouaip, la question est posée : pourquoi déserter une musique aussi sublime (disons souvent sublime) ? Un bout de réponse : ne pas sous-estimer l’ horreur Jazz rock et fusion qui en a vraiment dégouté plus d’un. La fusion, pouah ! Enfin, la nuit est devenue obligatoirement festive, fun. Si on l’accepte mélancolique et contemplative, le Jazz devient alors musique officielle.
Au fait, où en écoiuter à Paris.

Commentaire par Syd Charlus, le Lundi 3 décembre 2007 à 13:00

au 7 Lézards, à Paris. J’aime l’accoustique là-bas et l’ambiance bien jazzy.

Commentaire par lily, le Lundi 3 décembre 2007 à 16:11

par “defunt” j’entendais sans réelle actualité, bien sûr…
Concernant la vielle génération, je ne pense pas qu’elle soit réellement responsable de la situation. Tu parlais de Shepp (dont j’ai trouvé le concert à la fondation Cartier terrible, mais de mon point de vue de saxophoniste) et je te trouves dur de ce point de ve : ce mec est toujours le premier dans la transmission en animant souvent des ateliers pour les jeunes nottament dans des festivals comme les Banlieues Bleues où il ne touche rien ou seulement un modeste cachet pour sa performance. Je ne vois pas en quoi, à part faire de la merde selon certain , les “vieux” brimeraient les jeunes générations… je te rejoins plus sur la politique des patrons de clubs discriminante, encore faut-il prendre en compte la conjoncture défavorable…
Il nen nous reste à nous jeunes désargentés il est vrai certains festivals populaires et de qualité comme les Banlieues où le Jazz à la Villette.

Commentaire par serge sahadian, le Lundi 3 décembre 2007 à 23:14

archie shepp qui joue le crooner et lâche un couac entre deux blues prévisibles par des sidemen consciencieux d’être fades,ça ne m’excite pas une seconde.dis-moi quels sont les derniers concerts qui t’ont séduit…

Commentaire par uspudo sati, le Lundi 3 décembre 2007 à 17:31

Seb, c’est bien ! Mais Serge, c’est assurément mieux. J’aimerais beaucoup être ta Jeanne, tu sais…
Bien à toi
DouD

Commentaire par doud, le Lundi 3 décembre 2007 à 14:32

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