Le contexte : L’avenir de la musique. Les tabloïds vous en parlent tous les jours. Vous en mangez à toutes les sauces du futur, de l’évolutionnisme et du déclin industriel. Pour parer aux grands changements, de grands bureaux s’ouvrent désormais dans les petits immeubles en verre. Des gens, aux lunettes mi-cerclées mi-fumées, créent silencieusement des sonneries 8-bis pour les téléphonies portables. En général ces bureaux sont le service le plus rentable des petits immeubles en verre. Avril 2008, Prototypes sort son deuxième album.
L’histoire: A force de compresser le son pour le faire rentrer dans le tympan minimal des auditeurs, les bureaux ont fini par accoucher d’une créature mutante. La pop sous étau, dans laquelle la mélodie agonise sous les coups de boutoir. Oh bien sûr elle crie, elle rechigne, elle fait des siennes. Elle ne veut pas. Pas rentrer dans un carcan trop serré, pas revenir aux synth lead et autres claviers maitres avec synth bass comme la modernité semble l’avoir imposé. Mais c’est un peu trop tard pour revendiquer un scandale. Fallait pas venir, chère Melody.
Prototypes est un bel exemple d’objet devant lequel l’Homme restera perplexe. Nous avons trop défendu le concept de jeune homme moderne pour revenir en arrière et critiquer tel projet. Prototypes, dont c’est ici le deuxième album, trouvera parfaitement sa place dans votre garde-robe, entre la jupe plissée style Elli Medeiros (fin 70′) et celle fluotée de Yelle. Parée ainsi vous resplendirez de mille feux, mi-pute mi pédophile. Ce qui, l’air de rien, est un sacré luxe. Synthétique, nom de code de ces jupes de soirées, est un projet truffé de perles éphémères que tous les branchés siffleront pendant tout l’été, avant de ranger l’album à coté de l’amour de vacances qu’on ne veut plus rappeler. Il est maintenant 22 heures, samedi soir sur la terre. C’est le monde des discothèques, de la sueur, et du collectivisme. Vous êtes un homme de votre temps. Synthétique. A thief in the night, prêt à voler la langue de vos semblables. Voire plus si affinités.
Le dénouement: Et pendant chaque silence/ pendant chaque silence/Un coup de langue/A la Catherine Deneuve. Ces paroles résonnent dans mon Iphone, annonciatrices d’une musique nouvelle, électronique, synthétique, robotique, destructrice des temps anciens. La beauté de l’éphémère, le chipset comme dieu suprême et la folle envie d’en découdre avec les concepts. Accessoirement l’album de Prototypes (deux exs de Bosco dans le groupe) s’écoutera au volant d’une 205 tuning, fenêtre ouverte, un bras dehors et les yeux fermés. Le poteau, même rose, n’est jamais très loin. Même pour les “proto” types.
Prototypes // Synthétique // Boxson




ETRE DIEU
C’est moi le 5/5, clap, clap.