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PRISON SONGS The Alan Lomax collection

Résumons. Il y aurait ainsi les jeunes gens revivalistes, marchant à rebours et en boots vintage vers l’âge d’or rock, guidés par des maîtres en lunettes noires. Bien. (...) suite

PRISON SONGS Résumons. Il y aurait ainsi les jeunes gens revivalistes, marchant à rebours et en boots vintage vers l’âge d’or rock, guidés par des maîtres en lunettes noires. Bien. Disons que je m’en ripoline le rondin. Rien à foutre. Ce sont des enfants sages.
Dans la tranchée d’en face, on trouverait les modernes, le chargeur plein de théories cyber-évolutives. hurlant que le futur doit s’inventer, loin des 60’s, via une énième fusion techno-humaine.

Well, comment dire… je m’en sertis l’anneau. Ce sont des enfants turbulents. Ou l’inverse, d’ailleurs. Pas d’importance car, en vérité, tous (et vous, et moi) sont des enfants tristes. Pas d’affolement, le mode d’emploi a été fourni par Roger Nimier dans un roman bancal et percutant, aux éditions Gallimard (en vente libre mais cela suppose de s’envoyer autre chose que les écrivains-rock-revenus-de-la-dope-et-qui-écrivent-dans-un-style-sans-fiorture ; cela suppose aussi de lâcher la grappe puante de Bukowski.)

Parce que, l’avant ou l’arrière-garde, pfff…, pour faire court, je m’en récure le conduit. Depuis 15 jours, Prison songs  tourne dans ma carrée. Des chansons de pénitenciers, « interprétées » par les prisonniers lors des travaux forcés et enregistrées « on the field », en 1947 et 48, par Alan Lomax. C’est une découverte hallucinante. Mélange de  blues rural et de gospel, portée par le simple rythme des pioches qui heurtent la pierre, la « prison song » est un genre à part entière : lent, hypnotique, répétitif et vaguement vaudou, poignant. Et la formule évolue : les voix s’entremêlent (que dire du mystère impénétrable des harmonies de The murderer’s home par Jimpson with five others ?), les pioches ricochent à contretemps, le yodell country s’immisce. Il fait lourd, soudain.

La claque vient aussi des interprétations, de ces voix épuisées, rageuses, ironiques, nostalgiques. A chaque fois, le « work song leader » chope le blanc-bec par le col et ne le lâche pas avant d’avoir fini son histoire. (Le livret est phénoménal, avec l’intégralité des paroles, entre Faulkner, Jim Thompson et Harry Crews.)

- Qu’est ce qui fait un bon « work song leader », une bonne voix, une voix forte ? demande Alan Lomax au prisonnier Bama, dans une interview figurant sur l’album.
- Nawsuh, sa voix ne fait pas de différence. Il doit avoir de l’expérience, quelque chose à dire. Il peut avoir la meilleure des voix mais s’il ne sait pas de quoi parler, ça ne marchera jamais.
- Oui mais, dans une perspective où les baby-rockers reviendraient vers un Kraut rock entièrement revu 80’s, froid et techno néo-Kraftwerk ?

Shut up l’enfant triste !!! L’année 2008 ne comptera que dans l’almanach Vermot du rock. Temps de parloir écoulé.

Prison songs // Historical Recordings from Parchman Farm, Volume one // Murderous home.

2 commentaires

Ahh, nous y revoilà! L’employé de bureau en manque d’authentique se tourne une fois de plus vers le mauvais garçon. Le vécu, gamin, y’a rien de tel! Maxime Gorki donne le même conseil au jeune Isaac Babel : engage-toi dans les troupes de cosaques, ça te donnera de la matière pour tes bouquins, et ça pimentera ton style qui est, pour l’instant, bien creux. Il reviendra 10 ans plus tard, avec des cauchemards de viols et de tueries à faire frémir Alex et ses droogs.
Moi, j’aime mieux quand les petits blancs se frottent à la dope. D’ailleurs, je me demande même si elle a pas été inventée pour fournir du contenu aux song writers en panne de réel. C’est à notre niveau, un passe-temps de classe (sociale, pas de jugement de valeur ici). Syd, je vous soupçonne d’avoir revu, mise en ligne sur ces pages récemment, l’interview de Céline “oui, une prison, c’est un endroit ou on souffre, il y a de la dignité”.

Syd, je vous en prie, ne commettez pas l’irréparable simplement pour pouvoir dire de votre prochaine chronique qu’elle a été écrite de derrière les barreaux!

Commentaire par requis, le Lundi 19 mai 2008 à 19:10

Evidemment, c’est tout le problème de ce disque… De quel droit ? ET comment écouter ça peinard, bien au chaud chez soi ? Effectivement…

Commentaire par Syd Charlus, le Lundi 19 mai 2008 à 10:04

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