Coup de canif dans le moog, cicatrice sur le Korg Ms20, sorte de vieux film d’Einsentein avec Boards of Canada en BO rivée sur la tête de lecture ; Principles of Geometry taille son électro cinématique dans le vif, faisant macérer ses plaies panoramiques dans le bouillon de l’électro coagulente. C’est ici, quelque part, un instant, l’espace d’une seconde, pour parler de présent, passé et futur. Surtout du futur.
Principles of Geometry, ne vous en déplaise, s’aborde comme une musique futuriste, en lorgnant également vers le rétro 70′ (Dario Argento, Carpenter, Cluster). A votre avis, quelle serait l’année parfaite pour écouter Principles of Geometry? 1974? 2007? 2020?
L’unité de temps importe peu. L’unité de lieu, elle, prédomine étrangement. On pourrait dire 2007 hors de France et 2020 pour la France, peut être. Mais au delà de ça, et ta question apporte un fragment de réponse, c’est qu’elle n’a peut être pas de chronologie particulière. L’essentiel pour nous, était que nous ressentions une émotion à l’écoute, une sorte de décharge visuelle. Parce qu’en somme ce que nous faisons, nous le faisons avant tout pour nous. Nous composons la musique que nous souhaitons avant tout écouter. A savoir, si partant de là , si ça dévient légitime de la mettre sur un cd et de la vendre dans les nations libres, nous ne savons pas.
De la même facon que l’on se demande comment Boards of Canada (A qui vous êtes trop souvent comparé) a pu pondre The Campfire Headphase, on se demande de la même facon comment vous composez vous? Quel est le processus de création?
Ah. Ça généralement on nous le demande souvent… Même des musiciens confirmés avec un background super théorique nous posent la question, ce qui est parfois très marrant au niveau de l’oscillation de nos réponses. Et bien c’est très simple : nous ne travaillons jamais seuls, nous préférons travailler de nuit, et nous pouvons rester 48h sur un seul synthé pour trouver le son qu’on aime. De cette esthétique, on en tire une éthique, puis une morale. Plus simplement, c’est un travail gémellaire, au delà de toute explication logique.
Vous êtes, sauf erreur de ma part, un duo. Y en a-t-il un qui verse dans l’électro tek et l’autre plus vers la pop mélodique?
Etrangement, non. Nous versons tous deux dans l’électronique à forte dose, dans la musique minimale répétitive, la musique classique, les B.O ,les cordes de violoncelles outrageusement frottées, les bruits de pédales de piano et évidemment la synthèse analogique avant tout. La synthèse analogique c’est une passion, un hobby frisson-frisson.
Un nouvel album semble sur le feu, alors… Ou? Quand ? Comment?
C’est marrant c’est la première fois qu’on nous pose la question. Pour 2007, style septembre-octobre. On termine quelques trucs, ensuite on rentre dans la phase de mixage. L’album à venir n’est pas chose facile, c’est parfois difficile de faire des morceaux, des extensions de soi, et de se dire qu’elles vont finir par être sur un disque. On devrait prévoir de faire juste une dubplate et de passer chez les gens qui veulent écouter l’album, ce serait plus sain. Sinon, avec le recul de l’instant, cet album sera, au vu de ce que nous avons vécu, plus du ressort de la Vie. Avec des effets tendresses, d’autres moins, des sons simples et d’autres plus torturés, des structures différentes. Un ensemble d’images et surtout d’émotions. Une recherche d’unité dans ce qui peut paraître pas compatible. Quelque chose qui se structure comme la vie.
Sinon nous pensons réaliser des ventes à hauteur 59 millions d’albums. C’est un estimatif.
Un featuring avec Ponihoax est-il prévu sur le nouvel album?
Vincent “je te jouie” Taeger, le batteur de Ponihoax joue sur un de nos morceaux, ensuite cela reste à voir. Nous sommes trop dedans pour l’instant pour affirmer quoi que ce soit. Nous sommes en train de dealer d’autres featurings en même temps. Nous avons terminé il y a peu un feat avec Hangar 18 de Def Jux. Ça s’effectue.
En surfant sur le net, on vous trouve finalement assez discret, hormis quelques chroniques élogieuses sur l’album sorti en 2005. Cela fait-il parti d’une stratégie du “pas vu pas pris”? Seriez vous, comme Arpanet, partisan de la mise en avant de la musique, plus que de l’artiste?
Nous nous effaçons derrière notre musique. Nous donnons juste l’essentiel.
Nous n’avons ni l’envie, ni le besoin de monter nos barbes au tout Paris.
Nous préférons rester seuls dans notre studio à se projeter sur nos sons, et sur ceux que nous souhaitons produire.
En revanche, lorsque les 59 millions d’albums seront écoulés ont fera des shows à l’américaine, et peut être sans nous. Le vrai luxe. Juste avec nos doublures cascades qui jouent en playback. De toute façon, personne ne verra la différence.
Bon, votre nom est Principles of Geometry, quelques questions mathématiques s’imposent. Aimez vous être carrés dans votre travail? Laissez vous une part d’improvisation dans vos créations?
Notre travail consiste à une perpétuelle improvisation sous l’égide du grand megahertz.
Nous sommes les improvisateurs les plus carrés que le terre ait jamais porté.
Y-a-t-il des moment ou vous avez peur de tourner en rond?
Toujours. De toute façon quoi qu’on fasse, on finit toujours à revenir d’où on vient. C’est cyclique, c’est terrestre. C’est être en phase avec notre planète que de tourner.
Ne vous sentez vous pas encerclés avec toute cette scène électronique barrée (Zombie Zombie, Joakim, Fujiya & Miyagi, Kling Klang, Kieran Hebden) ?
Non, parce que nous sommes les PoG, et les PoG sont sauvages mais sympas et portent la barbe comme un deuxième sourire sur le visage. Tout ces jeunes sont très gentils, très polis, le grand est très sympa, généralement il nous fait des bisous dans le cou en nous racontant des contes avec des enfants morts.
Cette scène électronique barrée est indispensable, car elle est la musique classique d’aujourd’hui.
www.myspace.com/principlesofgeometry
Interview par Bester Langs
5 commentaires
Rien de plus simple. Pour cela, merci de nous envoyer un chèque de 59 millions de parallépipèdes à l’ordre de Gonzaï magazine.
Géométriquement votre,
Oui exact. Comme je l’ai dejà lu ailleurs, ils sont “frisson-frisson”.
j’envoie le chèque sous quinzaine.
longue vie aux pdgs du bonheur!




ETRE DIEU
J’aime ces gens. Il sont beaux.Ils sont bons. Quel don de soi. Il méritent leurs 59 millions d’albums.
Je veux un cahier central dans gonzai à leur effigie. VITE