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POP, GIRLS, ETC… To be or not to bi(sexuel)

Lorsque les baby-boomers ont du se construire en opposition à leurs parents, ils ne se sont pas seulement laissé pousser les cheveux : le LSD aidant, ils ont (...) suite

Lorsque les baby-boomers ont du se construire en opposition à leurs parents, ils ne se sont pas seulement laissé pousser les cheveux : le LSD aidant, ils ont affiché leur sexualité, parlé de leur sexualité, revendiqué leur sexualité, libéré leur sexualité jusqu’à ce que David Bowie finisse par poser travesti en femme en 1971 sur la pochette de son album The man who sold the world.

Si le monde ne fut pas unanimement inspiré par ce courant paillettes et maquillage LIDL, certains producteurs eurent la présence d’esprit de mémoriser l’équation suivante : bisexualité = choquant = polémique = publicité = ventes² x10. CQFD.

Puis arriva celle qui inspirera moult jeunes filles adeptes de la décoloration à 1$ et du vernis écaillé, et qui reste la plus citée en tant que référence musicale dans les interviews des chanteuses de teen-pop nées avant la guerre du Golfe. Madonna. A l’époque Wham ! n’avait pas encore l’étiquette de la sexualité ambiguë malgré l’épilation du mono sourcil plus qu’évidente de George Michael, tandis que Cindy Lauper fit la bêtise de ne pas peloter ses copines dans le clip Girls just wanna have fun. Le créneau du «je ne m’arrête pas à un genre en particulier, merci» restait libre, et Madonna s’empressa de le combler avec son album Erotica, la projection au festival de Cannes du documentaire In Bed with Madonna, et en se baladant sous le nez des paparazzi main dans la main avec des filles.

La bisexualité fut ouvertement considérée comme un élément cool de la pop-culture, les années 90 devant se préparer au nouveau millénaire : Etre bisexuel, c’est convivial, être bi, c’est trendy.

Mais depuis que Placebo a illustré la bande originale des teen movies, la popularité des bisexuels a largement progressé et s’est mutée en une revendication. Exhiber sa préférence sexuelle serait-il l’appel à l’aide de la génération gavée de téléréalité ? Vous en connaissez au moins un. En réalité, il faudrait dire plutôt « une », cette mode affectant avant tout les filles, et ce pour une raison très simple : les garçons, bien que contaminés par la métrosexualité depuis que Steevy est rentré dans le loft, ne se sentent pas dans l’obligation de prétendre quelque chose qui les feraient passer pour des gays refoulés. L’annonce de sa pseudo-bisexualité se répand alors sur myspace à la vitesse des clips de Justin Timberlake sur MTV. Est-ce qu’on peut s’autoproclamer bi alors que ce qu’on a fait de plus sexuellement déviant est de rouler une pelle à sa meilleure pote un soir où on avait 2.5 grs d’alcool dans le sang ? Assurément oui, mais dans ce cas je pense avoir été bi en moyenne 3 fois par semaine pendant mon année Erasmus, et à ce rythme-là on ne peut que me décerner le titre de «fille super cool» après Drew Barrymore.

Et partout sur les blogs, vous lisez ces filles qui simulent leur attirance pour d’autres filles, et vous savez que c’est une sexualité feinte parce que c’est écrit dans un style proche de celui de Marc Lévy, qui ne concerne que des actrices bankables (Scarlett Johansson, Kirsten Dunst), et ces filles énoncent tous les symptômes de leur crise d’adolescence en espérant qu’on s’intéressera à elles parce qu’elles disent fantasmer sur les filles.

Elles ont raison : être bisexuelle, cela sous-entend beaucoup de choses pas catholiques, et les détails croustillants qui y sont affiliés pullulent autant dans un cerveau masculin que les barrettes de shit place Clichy en 1999.

Modélisation*:

Voici pourquoi, en s’autoproclamant bisexuelle, la fille mal dans sa peau et ayant besoin d’être rassurée quant à sa capacité à plaire a deux fois plus de chance de retenir l’attention d’un cerveau masculin lambda.

Une bisexuelle intéressante est une bisexuelle élégante, bouche glossée et mini-jupe American Apparel, qui se fait prendre en photos en train d’embrasser une autre bisexuelle sexy dans une boite lounge tendance canapés roses et house music pour finir en tête d’un post qui parlera d’alcool et d’anxiolytiques, de samedi soirs mieux que les vôtres et d’hypothétiques partouzes.

A contrario, postuler au rang de bi quand on ne fait pas parti d’un groupe emo allemand, c’est un risque pour le garçon, et pour cause :

Si la sodomie est la nouvelle pratique à la mode applaudie dans tous les magazines féminins comme étant un acte sensuel et plein d’amour, elle reste cependant une position conspuée par ceux qui aimeraient l’exécuter de manière active. La bisexualité se retrouve alors beaucoup plus chez les femmes que chez les hommes, puisque pour une majorité d’entre eux, il n’existe pas les concernant de multiples orientations sexuelles : vous êtes soit hétéro, soit gay, soit zoophile, mais pas tout en même temps. Il faut choisir. Par exemple :

Avoir eu 57 partenaires filles mais n’écouter que du Mylène Farmer = gay.
Regarder tous les matchs de rugby mais mettre une crème de jour = gay.
Télécharger des pornos mais ne pas aimer les strings = gay.
Ecouter du death metal mais se raser sous les bras = gay.

L’artiste mâle a le droit d’être bisexuel, on lui pardonne plus facilement puisqu’il est artiste et que par définition il n’est pas comme les autres. Brian Molko peut bien intenter un procès à Voici pour « atteinte à son atteinte de marginal » depuis que le magazine trash a publié une photo de lui avec sa femme et son marmot, révélant aux adolescentes goth que leur mentor n’était pas si subversif qu’il le prétendait.

Mon conseil est le suivant : si vous souhaitez attiser la curiosité des autres, avec une probabilité élevée qu’on se tripote en pensant à vous, n’hésitez plus. Criez sur les toits que vous aimez les deux sexes, révélez-le à vos amis sur vos réseaux sociaux numériques, proclamez-vous bi autant que possible. Je vous mépriserai toujours, mais sachez bien ceci : dans 5 ans, la mode sera passée, et peut-être alors qu’il sera de bon goût d’afficher sa virginité.

* je me dois d’être honnête avec vous : je ne gagne pas plus en disant des mots compliqués comme modélisation, mais ça fait toujours mieux que «petit dessin»

14 commentaires

Ne pas oublier la false lesbian dance avec le regard appuyé vers le bogoss du coin du bar

Commentaire par Trem_r, le Lundi 1 octobre 2007 à 11:15

Merde, je suis gay.
(Excellent article, d’ailleurs !)

Commentaire par Jüül, le Lundi 1 octobre 2007 à 17:06

T’écoutes du Mylène Farmer, c’est ça ? OOoOOoOh.

Commentaire par Elixie, le Lundi 1 octobre 2007 à 17:25

Ha, ha-
La fausse indéférentition sexuelle est fashion tu as bien mis le doigt dessus chère Elixie (si j’ose dire). Influence de la mode et de l’hyperfestivisme (dixit Philippe Murray). Pendant que la liberté se réduit de jours en jours et que libéralisme à l’anglo-saxonne prend de l’ampleur certaines croient (enfin plutôt à cause de ça) que jouer à touche pipi en public provoque qui que ce soit. C’est aussi rebelle que de fumer un joint en écoutant Jimi Hendrix. Bi attitude, porno chic, on connaît la musique. Tout cela n’est que fausse transgression tout juste bonne pour des pauvres victimes des magazines féminins.
:-)
In fine être transgressif en 2007 ce serait à mon avis déjà de lire des bouquins et de penser.
Mais, bon…
J’en dit pas plus je voudrai pas me prendre une fatwa des putafranges…

Commentaire par Jean-Emmanuel Deluxe, le Lundi 1 octobre 2007 à 19:40

Ca sent l’adoubement de la miss tout ca…

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 1 octobre 2007 à 23:38

Ça sent surtout la contrepétrie salace mais j’arrive pas à mettre la main dessus.

PS : Non non, plutôt UnholyKuntSlaughter666 en ce mom…
Et merde.

Commentaire par Jüül, le Lundi 1 octobre 2007 à 19:29

Il n’y a absolument plus rien à transgresser, il n’y a qu’à fuir ou à brouiller les pistes (d’où peut-être ces tentatives de brouillage d’identité sexuel, pour jeunes gens uniquement). En parlant de ça, une observation : dans mon quartier (principauté de la Place de Clichy, mon “rocher”), les jeunes b-boys maghrebins circulent de plus en plus fréquemment en couple avec des Transexuels sud-américains. Main dans la main. Evidemment, ce sont des “caricatures” de féminité (seins énormes, cul démonstratifs, bouches explosées…) avec des caricatures de virilité (démarche macho, regards durs…). Ils marchent main dans la main avec d’anciens hommes (et encore, à voir selon le degré d’avancement des opérations chirurgicales) et ne pourraient tolérer qu’on prononce le mot “homo” devant eux. La grande schizophrénie sexuelle, le dynamitage des frontières, dans le plus grand flou… perplexe.

Commentaire par Syd Charlus, le Lundi 1 octobre 2007 à 11:59

bien écrit mais plein de conneries…
heu, au fait, quand on a effectivement eu des relations, plus ou moins longues, avec amour et sans amour, sexuelles ou platoniques, non seulement avec le sexe opposé mais aussi avec les autres (heu jamais des actrices bankables sorry juste des meufs lambda), qu’on porte pas de gloss ni de sapes american apparel mais qu’on se considère qd même comme élégante, qu’on embrasse des gens en soirée sur des canapés mais certainement pas en écoutant de la house music, qu’on embrasse aussi des gens dans des endroits où personne n’est là pour immortaliser l’instant par une alléchante photo, qu’on en a jamais eu rien à foutre de Brian Molko,
là,
on a le droit de se définir comme BISEXUELLE?
ou alors vraiment non non NON, c’est JUSTE une putain de mode ridicule?
faut peut-être trouver un autre mot pour se définir, pour éviter d’être associé à des clichés aberrants?…

Commentaire par sheena, le Lundi 1 octobre 2007 à 13:30

Surement pas si bien écrit que ça puisque tu as pris personnellement quelque chose qui n’avait pas lieu d’être. Je ne parle pas de la bisexualité en général, mais d’un courant des années 2000 qui tend à revendiquer être bisexuel(le) sans l’être véritablement, et à véhiculer une certaine image de cette bisexualité. Est-ce que si je critiquais la musique de Benjamin Biolay tu en déduirais que je déteste toute la chanson française ? Donc évitons les amalgammes. Etre bisexuelle n’a jamais été une mode en soit, c’est se prétendre bisexuelle alors qu’on ne l’est pas qui l’est.

Commentaire par Elixie, le Lundi 1 octobre 2007 à 14:42

Chère Sheena,
“Une putain de mode ridicule”, je n’en sais rien.
Non,franchement,j’y aurais même pas pensé si je t’avais pas lu.
Par contre, est ce que dire “une putain de” avant un mot est négatif ou pas…? HAhaaaaaaaaaaa.
Genre : “j’ai une putain de crampe à la fesse” —> négatif, et y’a aucun doute, une crampe au cul fait mal.
Ou genre : “J’ai vu Les Simpson, c’est un putain de film” —-> ce qui dans ma bouche veut dire que j’ai adoré.
Et pour la mise en abîme, est ce que le mot “putain” serait une putain de la langue française, en acceptant d’être utilisé dans tous les sens? Hum Hum.
Alooooooooors, dis moi, dis moi, dis moiiiiiiiii.

Chère Elixie, ton texte est un putain de texte genre les Simpson, comme d’habitude, continue, c’est essentiel.
Et tu remarqueras mon intervention inespérée pour mettre un terme au débat douteux engagé plus haut en le remplaçant par un débat non moins captivant sur l’emploi du mot “putain” à tort et à travers.héhé. Futée.
^^
J’ai rien trouvé de mieux.

Commentaire par Maïlys, le Lundi 1 octobre 2007 à 21:07

Puis Bester aime bien les bi-sexuelles.
C’est comme les chewing-gum Bigout.

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 1 octobre 2007 à 21:11

On peut parfois aussi être simplement bisexuelle parce qu’on est sortie avec des filles, mais aussi avec des garçons. Et se moquer de ce que pensent les gens, et ne pas l’exhiber à la face du monde. Juste être honnête avec soi et accepter ses désirs, sans les refouler, ni en faire une revendication.

Commentaire par Tristana, le Lundi 1 octobre 2007 à 16:23

euhh kk tous j’ai besoin de savoir je fé partis de kel con en fete j’aime les mec mé j’ai kel ke atirance pr les girl alors chuis koi au just

Commentaire par 1e kié perdu, le Lundi 1 octobre 2007 à 17:34

Je crois savoir qui a écrit ce billet! Putain t’es un génie girl!

Commentaire par Matt Oï, le Lundi 1 octobre 2007 à 22:45

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