Les lecteurs assidus de Gonzaï (mais putain, vous avez franchement rien d’autre à foutre ?) le savent bien, c’est bien ici que vous pouvez lire toutes les semaines le meilleur du destin brisé, la crème des perdants magnifiques pas foutus d’écrire plus de deux albums cultes, passés à la postérité pour, en vrac, un livre culte (Rose poussière de Jean-Jacques Schuhl), un album introuvable (Obsolète de Melmoth) ou simplement des écrits dictés par un monomaniaque solitaire qui meurt à 33 ans dans un appartement vidé de tout ses disques par les cops (Lester Bangs).
Quelques fois, l’actualité rattrape la nécrophagie.
Levi DRQuelques fois, j’ai aussi envie de croire que l’année 2008 est moderne, que tout ne s’est pas arrêté lorsqu’Yves Adrien a déclaré sa propre mort, et que Tellier s’est auto-proclamé pape du sexuel à une heure de grande écoute. Parfois, il m’arrive aussi d’écouter les envois promos des maisons de disques qui coulent, et fait rare, certains albums (souvent français) m’extirpent une émotion. C’est pas Berlin tous les jours, mais occasionnellement on frémit comme si le mur tombait à nouveau.
Never Never love de Pop Levi possède en apparence toutes les vertus d’un album archi-produit, manigancé pour le succès, sur lequel Guy-Man des Daft aurait sûrement volontiers laissé traîner ses pattes de producteur moderniste même pas capable de reconnaître un arpège lorsqu’il passe sous ses yeux. Never Never Love, de fait, ressemble à un croisement hybride entre Sexuality et les Daft Punk, un brouillon vaguement corporatiste de ce qu’aurait pu être le monde si Garageband s’était imposé dans toutes les écoles mondiales.
Le problème dans le cas présent, c’est que Pop Levi brouille les cartes, les mélange, ne laissant plus aux adorateurs du premier album que des bribes et un peu de poussière. Quelques titres très T-Rex (Wanamama, Oh god) qui sont un liant parfait pour la nouvelle ère. “Plus jamais jamais d’amour” crie Pop Levi, et c’est tout le contraire qui se produit sur ces treize chansons soul. “I wanna be black” pourrait-il encore hurler, si le moteur (des beatbox, le blip blip du G4 qui tourne à fond) ne couvrait pas par moments la voix féline du chat effilé.
Never never lovePop Levi reste un guépard ayant parfaitement downloadé la culture des soixante dernières années. De Howlin’ Wolf à Burt Bacharach en passant par Beck, Woody Guthrie, Dylan, les Daft et les Beastie boys. Le résultat? ? Plus jamais jamais d’amour, et la meilleure dédicace au règne du Mickael Jackson grande époque, en mode “United colors of Benetton”. De l’amour, du handshake, du sentiment et de la soul comme s’il en pleuvait, cachée à chaque coin de rue.
Les rockeurs détesteront, et pour cette raison, je ne peux m’empêcher d’aimer Pop Levi.
Les Anglais cracheront dessus, lorsque la Californie (son “pays” d’adoption) secouera son collagène sur Dita Dimoné, You dont’ gonna run ou Love you straight.
LOVE YOU STRAIGHT. Un hymne d’amour pour le temps présent. Sans artifice. OH GOD, chanson de l’été. Enfin… chanson de l’été à Bester, seul comme un con dans ses jeans troués sur les bords de plage à reluquer les mineurs avec un casque hurlant la voix minaudante de Pop Levi….
Never Never love. Un album que Beck, Air et Jackson, même en baisant très fort à plusieurs, seraient aujourd’hui incapables de sortir de leurs tréfonds trépanés.
Pop Levi // Never never love // Ninja Tune
http://www.poplevi.com/
4 commentaires
BSTR IS BACK
Si ce sont les love songs blackisantes qui vous mettent dans cet état là messieurs, je vous prierais de ne pas vous agglutiner la gouape devant tout le monde.
En coulisse je vous prie, en coulisse.




ETRE DIEU
Bester, J’AVOUE : ça faisait longtemps qu’un article de toi ne m’avais pas plu comme ça.