POP, GIRLS, ETC «Avez-vous remarqué comme on est bête, quand on est beaucoup ?» - George Sand
Autant vous prévenir de suite, cette citation n’a rien à voir avec ce qui va suivre, je trouvais juste que c’était une chouette entrée en matière. J’ai longtemps hésité pour le sujet de cette semaine : peut-on parler de musique électro sans avoir l’air élitiste ? (non) doit-on avoir un avis sur tout ? (je ne sais pas) Jack Black n’est-il capable que d’endosser le rôle du musicos à l’humour aussi lourd que lui ? (tout comme Morgan Freeman celui du bon flic noir)
Et puis finalement l’alcool aidant ce soir, vous raconter pourquoi je suis une fille old-fashioned me semble être une meilleure idée.
L’autre jour je réfléchissais (pour info on réfléchit beaucoup quand on a le pied cassé, ça évite de pleurer le matin dans son bol de Special K’ par exemple, les activités étant inéluctablement plus limitées) à ce que je voulais faire de ma vie, à comment je voyais mon existence, et au fait que se faire branler par des groupies de 14 ans dans le camion de tournée rendrait probablement les Naast sexuellement pervers d’ici quelques années.
Je veux dire, sérieusement : comment on peut avoir envie de tripoter la bite d’un chanteur au regard bovin et aux paroles aussi dépeuplées qu’une œuvre de Yoko Ono ? C’est pas parce qu’on a 14 ans qu’on est obligé d’être conne non plus.
Bref.
Donc je réfléchissais à mon idéal de vie, et ça donnait à peu près ceci :
Je suis dans une maison pleine de bois, du parquet jusque dans la cheminée, assise à mon bureau en pin sur lequel on peut encore voir les traces de cire qui a débordé de la bougie, et je peux voir les feuilles tomber des arbres par ma fenêtre, et entendre le chat ronronner sur mes genoux, et j’écris un article sur la condition féminine du XXIème siècle en buvant une tasse de thé russe tandis que mon amoureux me raconte une anecdote de son enfance un peu édulcorée et touchante. Et j’ai des rides d’expression que je déteste mais qui me vont pas si mal, et l’amoureux a des cheveux blancs et un pantalon un peu usé. On écoute de la vieille musique qu’on a pas connu et sur notre lit il y a une grosse couette et des coussins fleuris qui donnent envie d’aller se coucher.
Voilà la métaphysique de mon existence. Je suppose que c’est ce qui arrive quand on lit trop de Dorothy Parker, qu’on écoute Strauss et qu’on a des robes à fleurs dans sa penderie.
Bien sur il faudrait que je sois sure que les hommes que je fréquente épousent cette idée, mais c’est difficile d’exiger un tel critère et en même temps vouloir plaire à quiconque ayant joué à la game boy avant 1990.
Il y a des gens qui veulent tout. Ils veulent que leurs relations amoureuses soient comme un 1er baiser qui s’étire. Avoir des papillons dans le ventre en permanence, et le coeur un peu fêlé, pour être sûr de se sentir vivant, pour que quelqu’un puisse s’engouffrer dans la brèche et la réparer.
Ce n’est pas de la naïveté c’est de l’arrogance que de vouloir vivre en boucle ce qui ne se vit qu’une fois, et je ne dis pas ça pour faire chier, je le pense vraiment. Disons que je le pense vraiment si la personne a plus de 25 ans. Il y a d’autres choses biens avec le temps : la complicité, les petites attentions, les moments à bricoler chacun de son côté dans la même pièce sans se parler. Pas forcément plus de sobriété ou de modération, c’est juste que c’est différent.
Généralement on veut plaire à un maximum d’humains du sexe opposé, pour vérifier notre importance auprès de l’autre et s’assurer que nos hormones font bien passer le message (= je suis fertile, aime moi), c’est le jeu des relations sociales.
Je veux partager un tas de trucs avec un tas de gens : des idées, des sensations, des joies des peines des verres de vin des opinions et pensées politiques culturelles sociales, du non-sens et de l’absurdité. Mais finalement, je ne veux partager mon être mon corps et ma vie qu’avec une personne, voir ce que ça fait de grandir vieillir à deux, je veux avoir une belle histoire splendide et intense et entière, et être la fille que d’un seul.




ETRE DIEU
“Il y a des gens qui veulent tout. Ils veulent que leurs relations amoureuses soient comme un 1er baiser qui s’étire. Avoir des papillons dans le ventre en permanence, et le coeur un peu fêlé, pour être sûr de se sentir vivant, pour que quelqu’un puisse s’engouffrer dans la brèche et la réparer.
Ce n’est pas de la naïveté c’est de l’arrogance que de vouloir vivre en boucle ce qui ne se vit qu’une fois”
Excellent. N’y voyez là aucun machisme, mais j’ai pour vague impression que votre gent est extrêmement douée pour chercher, ET trouver les raisons du manque d’avancement des relations (sol/sol, sol/air, air/sol, etc. on s’est compris.), et c’est superbe, car ce n’est vraiment pas tâche aisée, mais vous vous arrêtez là, comme si le fait d’avoir trouver le problème avait résolu la situation.
P.S.: Je ne mets pas toutes les femmes, ni tous les hommes (que je méprise plus encore), là-dedans.
P.S.S.: Peut-être que ma remarque est stimulée par un vécu particulièrement douloureux, et donc subjective, mais je crois tout de même avoir fait preuve de subjectivité objective,.
gonzo forever.